LES BEBES TOREROS DANS LA FOSSE AUX MEDIAS
Depuis
une semaine, c’est à une véritable surenchère médiatique
que l’on a pu assister concernant ce qu’il est convenu d’appeler
le « cas Michelito ». Un jeune apprenti torero franco-mexicain
âgé de 10 ans « jeté, selon diverses associations
anti taurines, en pâture aux toros ». Accusation grave matérialisée
dans toute une série de plaintes sur la base de deux motifs : infraction
à la législation du travail des mineurs et mise en danger de la
vie d’autrui. Infractions inexistantes selon les procureurs qui ont
été saisis, ce qui a conduit la préfecture des Landes à
autoriser la becerrada prévue mercredi à Hagetmau, laquelle s’est
déroulée devant un public très nombreux et en présence
d’une dizaine de télévisions, d’autant de radios, de
quotidiens et d’agences de presse. Comment
expliquer pareil affolement médiatique ? Par la manipulation des médias
à laquelle se sont livrées trois associations anti taurines en présentant
les faits de manière mensongère. Car la réalité est
plus simple : les apprentis toreros sont tous élèves d’écoles
taurines et leurs prestations se déroulent dans le cadre des activités
de celles-ci en l’absence de tout contrat de travail évidemment ;
les « toros » en question, pesant selon les plaignants « de
deux à trois cent kilos » sont en fait des veaux qui, selon
la préfecture des Landes qui est allé les évaluer pour savoir
s’il y avait lieu de considérer la plainte en « mise en
danger d’autrui », mesuraient « 70 centimètres
au garrot, pesaient environ 70 kilos et avaient des cornes de 5 centimètres ». Une
vérification que n’avait pas pris la peine d’effectuer la sous-préfecture
d’Arles, ce qui explique l’incroyable interdiction samedi d’une
becerrada prévue dans les arènes du Sonnailler où l’école
taurine d’Arles organise ses activités toute l’année.
Raison invoquée : bâtiment non conforme car absence d’éclairage
suffisant pour un spectacle de nuit… lequel était en fait prévu
à 18 heures. Le maire d’Arles
qui a annoncé son intention d’attaquer l’arrêté
préfectoral pour abus de pouvoir (une compagnie de gardes mobiles avait
été envoyée sur les lieux pour le faire respecter) a immédiatement
fait passer la commission de sécurité dans les arènes, laquelle
a validé sans problème l’installation. La becerrada interdite
a lieu aujourd’hui. On peut donc se demander, si plutôt que
d’avoir été « jetés en pâture aux
toros » par le monde taurin, Michelito et ses camarades n’ont
pas plutôt été précipités dans la fosse aux
médias par des associations sans scrupule qui n’ont pas hésité,
sous couvert de sentiments vertueux, à les instrumentaliser pour servir
leur cause. C’est en tous cas la question
que la famille du jeune Michelito posera à la justice, plusieurs plaintes
devant être déposées prochainement contre les associations
qui ont, par leurs dénonciations calomnieuses, mis en danger leurs enfants
selon elle en provoquant une exposition médiatique disproportionnée.
Pour sa part, l’Observatoire National des Cultures Taurines
se portera partie civile dans chacune des actions intentées. André
Viard Président
de l’Observatoire National des Cultures
Taurines |