5 janvier 2013

Marc Roumengou que nous voyons, ci-contre, au temps où il conduisait le paseillo dans les glorieuses arènes du "Soleil d'or" à Toulouse, en compagnie du maestro Julio Aparicio, nous a très aimablement autorisés à reproduire son important article consacré au premier tiers de la corrida, publié le 1er janvier dans En Traje Velazqueño, le périodique édité par le "Forum Taurin Marc Roumengou".
Ainsi la réflexion sur ce premier tiers que nous avons proposée à nos visiteurs, voir ici, s'enrichit d'une pièce maîtresse. Marc Roumengou s'appuie sur les sources irréfutables que constituent les divers règlement taurins qui se sont succédés tant en Espagne qu'en France pour démystifier avec son habituelles rigueur certaines idées reçues et répétées que nous avons trop tendance à prendre pour argent comptant.

Son article comporte aussi, en annexe, des photos de piques dans les arènes de Céret. Ces photos sont enrichies de ses propres commentaires mais aussi de ceux du Dr Vétérinaire Yves Charpiat et de l'excellent cavalier Dominique Valmary. C'est à voir, à lire, à méditer !
Jean-Jacques Dhomps a choisi de présenter ces photos dans un article parallèle intitulé : "Apprendre à bien juger les Picadors"

 

Publié dans:
En Traje Velazqueño
n° 40 – janvier 2013

DES PIQUES, DES CHEVAUX,
DES PICADORS ET DES PUYAZOS

(Les notes de fin de page, numéros-liens en bleu, permettent des allers et retours immédiats.)

En ce qui concerne les piques, le nombre de chevaux disponibles, le nombre de picadors dans l’arène et celui des picadors de réserve, la région anatomique du taureau où l’on doit piquer, la façon orthodoxe de piquer, etc. on lit actuellement les choses les plus diverses dont une grande partie est inexacte, alors que tout cela est règlementé depuis bientôt un siècle sur l’ensemble de l’Espagne et depuis plus longtemps dans la plupart des villes ou provinces espagnoles. Il m’a donc paru opportun de faire une mise au point historico-technique.
Pour cela, je vais considérer les recommandations faites par des professionnels de la tauromachie et autre, et ensuite les règlements successifs.
Comme ce travail se composera de plusieurs chapitres, pour ne pas refaire chaque fois la descrip­tion de chacun de ces textes, je vais ajouter un premier chapitre où je les présenterai et ensuite, je ne ferai que citer le nom de l’auteur ou la date.
Dans toutes les citations de textes anciens où les mesures sont exprimées en unités de l’époque, je convertirai automatiquement en mesures du système métrique.

I - LES RECOMMANDATIONS
ET LES RÈGLES

Avant les règlements officiels, il y a eu les recommandations faites par trois professionnels de la tauromachie. Plus tard il y en aura une que fera un éminent aficionado, écrivain de surcroit.

  • En 1778, Josef Daza, célèbre varilarguero, né à Manzanilla (province de Huelva), écrit le premier texte où la question est traitée. Son titre est Preciosos manejos y progresos condonados en dos tomos des mas forzoso peculiar del arte de la agiculura que lo es el del toreo privativo de los españoles[1] mais son premier tome est une véritable tauromachie.
  • Huit ans plus tard, Josef Delgado alias Illo, matador, célèbre lui aussi, publie La Tauromaquia ó arte de torear, obra utilisima para los toreros de profesion, para los aficionados, y toda clase de sugetos que gustan de toros[2].
  • Francisco Montes alias Paquiro, non moins célèbre matador, publie à son tour une Tauromaquia completa o sea el arte de torear en plaza tanto a pie como a caballo.[3] Si pendant un certain temps, sa qualité d’auteur fut mise en doute, justice lui a été rendue.

Puis vinrent les règlements, provinciaux d’abord et nationaux ensuite. Ensuite et non enfin, car depuis juin 1992 et du fait de la division administrative de l’Espagne en Communautés autonomes, des règlements particuliers à plusieurs d’entre elles ont vu le jour ; nous ne les étudierons pas ici.
Voici des règlements provinciaux et tous les nationaux dans leur ordre chronologique.

  • Melchor Ordóñez, chef politique (équivalent de gouverneur civil) de la province de Cadix, signe le 2 juin 1848 le premier règlement espagnol des corridas ; il est intitulé Reglamento para las funciones de toros que se han de celebrar en esta ciudad. Composé de 26 articles répartis en 3 chapitres, il établit des sanctions très sévères pour les infractions aux règles édictées : fortes amendes ou même jours de prison ! Applicable à la seule ville de Cadix, ce règlement entre en application le 11 juin 1848, lors de la première corrida à venir dans les arènes de cette ville, et de nombreux gouverneurs de provinces s’en inspirent.

Parmi ces autres textes locaux ou régionaux, nous ne considèrerons que, et une fois seulement chacun :

  • celui de Pedro Colón y Ramirez de Baquedano, duc de Veragua alcalde de Madrid en 1845, parce qu’ il impose une pique dont le butoir fut l’objet d’une vive controverse ;
  • le Reglamento para las corridas de toros en Madrid, du 14 février 1880, signé par le gouverneur civil, comte de Heredia Spinola, en raison de la forme originale de la pique qu’il impose.
  • Real Orden[4] du 28 mai 1906, définissant la pique.
  • Antonio Fernández de Heredia Hache, éminent aficionado et écrivain, propose en 1908 un modèle de pique qu’il y aura lieu de décrire vu ses qualités exceptionnelles.
  • Real Orden du 28 février 1917. Reglamento de las corridas de toros, novillos et becerros. Premier règlement de portée semi-nationale, il est applicable :

- en totalité dans les arènes de Madrid, Barcelone, Bilbao, Saint-Sébastien, Séville, Valence et Saragosse,
- dans toutes les autres provinces en ce qui concerne les infirmeries et les piques, les gouverneurs civils ayant toute latitude pour l’appliquer ou non dans sa totalité.

  • Pour mémoire, Real Orden du 20 août 1923, règlement qui n’entrera jamais en application, car remplacé par le suivant.
  • Real Orden du 9 février 1924. Elle substitue un autre règlement dont le champ d’application est le même que celui de 1917, mais en fait tous les gouverneurs civils l’appliqueront intégralement dans toutes les arènes de leur juridiction.

C’est le dernier texte règlementaire dans lequel figure le mot alguacil. À partir du règlement national de 1930, il n’y aura que celui d’alguacilillo ce qui permet de situer dans le temps la disparition de la fonction d alguacil.

  • Reales Ordenes des 7 février 1928 (ordonne l’entrée des picadors dans l’arène après que le taureau ait été fixé - impose le peto protecteur des chevaux), 12 mars 1928 (donne les caractéristiques du peto), et 13 juin 1928 (rend l’emploi du peto obligatoire dans toutes les arènes espagnoles).
  • Real Orden du 12 juillet 1930. Promulgation du nouveau règlement applicable dans tout le pays à partir de janvier 1931, exception faite de quelques articles qui entrent en vigueur dès le 10 août 1930. Il durera jusqu’en 1962, subissant de nombreuses modifications au cours des ans (contenues dans 37 ordonnances et diverses circulaires d’applications).
  • Ordonnance du ministre de la Gobernación dat du 15 mars 1962. Validation du Nuevo regla­mento de espectáculos taurinos composé de 138 articles. Vu la réaction des chroniqueurs taurins lors de la promulgation de ce texte, on pourrait l’appeler "La grande illusion ".

Fait notable, ce règlement est le premier qui donne des normes quant à la construction des arènes tau­romachiques, leur emplacement, les dimensions des places, leurs annexes (l’existence de corrals est rendue obligatoire, aussi que celle de patios de chevaux et d’arrastre, en communication directe avec la rue), etc. De plus, il consacre aux infirmeries 5 articles très détaillés.

Décrets[5] des 28 février 1992 et 2 février 1996. Nouvelles versions du règlement des spectacles taurins ; ce sont des décrets d’application de la loi du 4 avril 1991 sur les pouvoirs administratifs en matière de spectacles taurins dite Loi Corcuera.

II - DES PIQUES

Dans l’histoire de la tauromachie, il y a eu successivement la lance, le rejon, la vara larga de detener et la pique. Pour la troisième, il est préférable de conserver l’appellation espagnole plutôt que de traduire par perche pour arrêter, ce qui serait exact, mais pour le moins bizarre sinon ridicule. Les varas largas de detener, puis les piques à leur origine, ont conservé un fer très long sur lequel on enroulait sur une certaine hauteur, plusieurs épaisseurs de cordelette ou cordonnet de chanvre, ce qui constituait un butoir et ne laissait dépasser que la longueur de fer que l’on désirait.
Daza - Au chapitre XXII de son ouvrage (p, 171), il définit ainsi la pique qu’il préconise :
« Les piques doivent être à trois faces, aiguisées sur toute leur longueur, liées avec un cordonnet de chanvre peu serré, laissant la pointe découverte sur 58 mm, ou plus ou moins selon le jugement que l’on porte sur les taureaux du jour. Le butoir de cordonnet ne devra pas être trop gros, ni les tranchants de la portion [de métal] qui reste découverte trop effilés.»
Malheureusement il ne donne pas la dimension des bases de la pique, ni la grosseur maximum du butoir.
Pepe Illo - Il ne dit absolument rien sur la pique ; c’est en tout cas ce que je constate en lisant et relisant l’exemplaire que je possède et qui est une reproduction en fac-similé de l’édition originale : dans seulement 58 pages de format 128 x180 mm, il est difficile de laisser échapper quelque chose. Pourtant, dans Suerte de Varas[6]
, les auteurs écrivent (p. 71 & 72) que :
« La pique de Pepe Hillo fut décrite dans sa Tauromaquia de la façon suivante :
La pique ou tout le fer de la vara de detener, est de 24,5 cm, soit 10,5 cm d’acier trois faces jusqu’au butoir qui est un cordon du même fer (?), servant pour arrêter les étoupes afin qu’elles ne se déplacent pas jusqu’à la hampe et qu’elles ne découvrent pas plus de 1,75 à 3,5 cm de pique, soit d’acier affilé de trois côtés, lequel a 1,75 cm ou un peu moins d’épaisseur, et les 12,25 cm restants sont la dimension de la douille ou cylindre dans laquelle entre la hampe à coups de marteau ou en la vissant. »
Montes – S’il définit diverses façons de piquer, en fonction du comportement du taureau, il est muet sur la pique elle-même.
Melchor Ordóñez – « les piques réglées la dimension correspondant la période de l’année, avec une pointe aiguë et tranchant seulement sur un tiers, mais pas aiguisé, avec un butoir de papier d’emballage couvert de corde double ... »
Aucune dimension n’est indiquée, cependant nous connaissons celles des piques effectivement utilisées à Cadix dans ces années-là en période estivale, car Antonio Fernández de Heredia Hache en possédait un exemplaire : la pyramide mesurait 25 mm d’arêtes elliptiques, sur 15 mm de bases. Quant au butoir en bois entouré de cordonnet collé, il était légèrement conique (en forme de baril selon certains), mais avec une large surface circulaire à sa partie supérieure. C’est l’une des deux seules piques dont la pénétration réelle ne dépasse pas la pénétration théorique, c’est-à-dire la hauteur de la pyramide, tandis que toutes les piques adoptées à partir de 1906 auront une pénétration réelle infiniment supérieure à la pénétration théorique.
Duc de Veragua - Il impose pour Madrid une pique gros butoir quasi sphérique, en forme d’orange. Celui-ci tait la cause de balafres (esp. : refilones) sur le taureau ou bien de blessures de chevaux si, voulant éviter les balafres, on piquait presque à la verticale, taureau quasiment au contact du cheval.
Comte de Heredia Spinola - Également pour Madrid, il impose une pique originale, aiguisée à  la lime, et dont la section est en forme d’étoile à 3 branches et le butoir en forme de citron (esp. : de limoncillo).
Cette pique sera reprise dans plusieurs règlements provinciaux que nous avons pu consulter pour la période allant jusqu’à1917. Elle s’avèrera particulièrement efficace, mais ces règlements avaient omis de prévoir des contrôles. Alors, le butoir alla en s’amincissant jusqu’à se rapprocher de la forme d’un suppositoire plus que de celle d’un citron, la pique proprement dite fut modifiée de diverses et nombreuses façons et le fer fut remplacé par de l’acier.
R.O. du 28 mai 1906 - Devant les abus et fraudes précités, les leveurs entament une négociation avec les picadors et l’on aboutit une nouvelle pique dont l’emploi est rendu obligatoire dans toutes les arènes espagnoles. C’est la pique dite de Séville, parce qu’adoptée pour les arènes de cette ville par un accord du le 31 mai 1905. Elle est de forme pyramidale :

  • arêtes de 29 mm et bases de 20 mm d’avril à septembre,
  • arêtes de 26 mm et bases de 17 mm le reste du temps.

Elle n’est plus en fer, mais en acier, elle est aiguisée à la pierre à eau au lieu d’être simplement dressée à la lime. Elle est munie d’un heurtoir section semi triangulaire[7], recouvert de cordelette encollée. Il doit en être présenté 3 par taureau annoncé et elles ne serviront que pour cette seule corrida.
Inutile de dire que le soi-disant butoir n’arrêtait rien et que cette arme pénétrait profondément dans le corps des taureaux et l’on se retrouvait dans la même situation qu’avec la pique précédente, une fois falsifiée.
Hache - Comme il a été vu plus haut Antonio Fernández de Heredia Hache propose en 1908 une nouvelle pique. Elle est compos e successivement d’une pyramide d’acier, d’une barrette d’arrêt giratoire, butoir effectif, placé où il doit logiquement être, et enfin une partie conique recouverte de cordonnet encollé. Avec la pique de Melchor Ordóñez, ce sont les deux seules dont la pénétration effective ne dépasse pas la hauteur de la pyramide, la hauteur de la pique proprement dite.
Règlement du 28 février 1917 C’est une pique de même qui est reprise, avec l’adjonction d’une rondelle de fer de 6 cm de diamètre et 3 mm d’épaisseur, mais placée après le butoir en bois, couvert de corde encollée, dont la hauteur est fixée 6 cm. Il est indiqué qu’elle sera coupante et piquante, aiguisée à la pierre eau, cependant il n’est pas précisé en quelle matière (fer ou acier) elle doit être, ni combien il devra en être présenté. Ce n’est plus une pique mais un épieu, et cette arme restera cela jusqu’à aujourd’hui, avec même une aggravation.
À l’instant où le président ordonnera le commencement de la corrida, le délégué de l’autorité contrôlera la conformité de chacune des piques.
À partir de l’entrée en vigueur de ce règlement et jusqu’à celui du 15 mars 1962 inclus :
- les piques seront préalablement contrôlées par des représentants des éleveurs et des picadors ;
- elles porteront sur le butoir une étiquette avec les sceaux de ces deux représentations ;
- elles seront conditionnées dans des boites scellées, entourées d’une bande de papier collé portant les mêmes sceaux ;
- le délégué de l’autorité gouvernementale et l’inspecteur de la garde municipale[8] seront chacun munis d’une jauge pour contrôler les dimensions des piques (pyramide et butoir) utilisées pendant la corrida ; - en prévision de toute réclamation, le délégué de l’autorité devra conserver pendant une heure et de­mie après la corrida, sous sa garde, toutes les piques qui auront été utilisées ; d’autre part, il saisira les piques qui lui paraitront non conformes ainsi que celles qui auront pénétré anormalement.
Pendant la corrida, les garrochas[9] doivent être placées la vue du public, dans le callejon, à 6 mètres au moins de la porte des chevaux, et placées sous la surveillance d’un agent de l’autorité.
Règlement du 9 février 1924 La pique (il y en aura 3 par taureau annoncé) est en acier, et elle a les mêmes caractéristiques que précédemment, sauf pour ce qui est du butoir dont la longueur passe 8 cm.
Règlement national du 12 juillet 1930 Même nombre de piques présenter qu’en 1924 ; c’est la pyramide du modèle antérieurement prévu pour les mois d’avril septembre (arêtes de 29 mm et bases de 20 mm) qui est retenue et ce, sans variation de dimensions en cours d’année. Par contre la longueur du butoir est dorénavant de 75 85 (?) mm.
« Les piques qui seront utilisées […] ; devant également présenter pour celles-ci, le même nombre de hampes en bois de hêtre, légèrement courbées Au montage des piques, on veillera ce que l’une des trois faces qui les forment se trouve vers le haut, c’est-à-dire coïncidant avec la partie convexe de la hampe, afin d’éviter que le cuir des taureaux ne se déchire. »
En vue d’éventuelles réclamations, le délai pendant lequel le délégué de l’autorité devra garder les piques sous sa surveillance après la fin de la corrida est ramené à une demi-heure.
Règlement national du 15 mars 1962 La pique (toujours 3 par taureau annoncé) est constituée par la même pyramide d’acier (arêtes de 29 mm et bases de 20 mm) ; elle est suivie d’un même butoir de même nature et de même section que précédemment, de 75 mm de hauteur, et terminé par un croisillon cylindrique fixe, en acier, chaque bras ayant 8 mm de diamètre et 52 mm de longueur. Cet arrêtoir, donné pour miraculeux bien que placé après le butoir initial, se comportera en moyen de compression des muscles que la pique lèsera, et sera donc la cause d’une augmentation de la profondeur des blessures.
Il n’est plus prévu que le délégué de l’autorité ait une jauge pour contrôler les dimensions des piques et de leur butoir, ni qu’il conserve les piques qui ont pénétré anormalement, ni qu’il les conserve toutes sous sa garde en vue d ’éventuelles réclamations.
Règlements nationaux des 28 février 1992 et 2 février 1996 La pique est “aggravée” puisqu’elle devient plus pointue : les bases de la pyramide sont réduites d’un mm (19 mm) tandis que les arêtes conservent la même longueur de 29 mm. Le pseudo butoir conserve à la partie supérieure sa section de triangle équilatéral à sommets arrondis, à la base il n’a plus que 30 mm de diamètre au lieu de 36, sa hauteur est réduite 60 mm, et il a une forme générale tronc-conique qui prolonge parfaitement la pique proprement dite, c’est-à-dire la pyramide d’acier. Enfin la longueur de chaque bras du croisillon est ramenée à 50 mm.
Aux règles de montage de la pique sur sa hampe s‘ajoute que le croisillon devra être horizontal.
Il n’est plus spécifié de nombre de piques à présenter, ni qu’elles ne serviront que pour une seule cor­rida. Leur contrôle préalable disparait et, par voie de conséquence, l’étiquetage sur le butoir et leur conditionnement dans des boîtes scellées par les contrôleurs. Et ici commencent les aberrations dont ces deux règlements sont la cause :
- le ou des fabricants de piques les rénovent et les aiguisent en creusant leurs faces de sorte que l’ensemble n’est plus une pyramide.
« Une pyramide est formée d’ARÊTES DROITES, d’une base polygonale fermée dont les côtés sont eux-mêmes des arêtes du solide, et d’autant de TRIANGLES (faces) PLANS que le polygone a de côtés, ayant tous un point commun : le sommet. Il est clair que l’on ne peut pas, par extension, nommer pyramide une figure qui aurait des faces non planes et des arêtes autrement que droites. »
Voilà qui suffit : la définition donnée par l’actuel règlement des spectacles taurins est suffisant, même la précision d’arêtes droites est superflue : constituée d’une pyramide, la pique comporte obligatoirement des faces planes et des arêtes droites.
- qui plus est, ils collent sur les butoirs des étiquettes de fantaisie, mais qui évoquent les anciens sceaux officiels,
- et ils les conditionnent dans des caissettes cerclées (scellées) elles aussi par une bande portant les mêmes pseudo-sceaux.
Quoi qu’il en soit, depuis plus d’un siècle, dans leurs définitions successives de la pique, les rédacteurs des divers règlements espagnols des spectacles taurins font preuve d’une grande hypocrisie. Alors qu’un butoir (esp. : tope) est un dispositif rigoureusement infranchissable et dont le franchissement entraîne toujours une catastrophe[10], appeler ainsi quelque chose dont on sait pertinemment qu’elle est une partie active de la pique est bien une hypocrisie.

III- DES CHEVAUX ET DES PICADORS

Parmi les auteurs de recommandations, Daza, Illo, Montes et Hache ne s‘intéressent pas au nombre et aux caractéristiques des chevaux et des picadors
Melchor Ordóñez exige qu’il y ait au moins 30 chevaux disponibles dans l’écurie des arènes dont 6 seront dans le patio des chevaux, complètement sellés et bridés pendant toute la durée de la corrida afin que les picadors [démontés] n’aient aucune difficulté pour retourner dans l’arène.
Il ne fixe aucun nombre de picador en fonction du nombre de taureaux à combattre, mais ordonne qu’il y ait en permanence 3 picadors dans l’arène, plus 2 de réserve, montés l’un et l’autre, le premier derrière la porte donnant accès à l’arène, le second dans le patio des chevaux. Les picadors devront piquer par ordre d’ancienneté [dans la profession] et une seule fois à moins d’être rechargés par le taureau auquel cas ils pourront renouveler le coup de pique
Règlement de 1917 – L’organisateur devra présenter 6 chevaux par taureau annoncé. Pendant la corrida, il y aura en permanence dans le patio des chevaux, 12 chevaux sellés et bridés, prêts à être utilisés pour les mêmes motifs que précédemment.
Pas d’indication de nombre de picador par taureau à combattre. Avant que le taureau ne sorte du toril, deux picadors se placeront à la droite de la porte centrale (?), à cinq mètres de celle-ci, gardant un espace de sept mètres entre eux, le moins ancien étant le plus près du toril. Leurs emplacements [initiaux] seront signalés sur la barrière par un trait de peinture blanche. Ils piqueront « par ordre rigoureux » [d’ancienneté évidemment, bien que ce ne soit pas écrit].
Durant le premier tiers du combat, il y aura toujours 2 picadors de service (esp. : de tanda) dans l’arène et 1 picador derrière la porte des chevaux, lequel restera monté depuis l’entrée du taureau dans l’arène et jusqu’à la conclusion du tiers des piques, prêt à intervenir dans l’arène dès que cela sera nécessaire.
Règlement de 1924 - Toujours 6 chevaux par taureau annoncé. Les picadors appartenant aux cua­drillas seront au moins en nombre identique à celui des taureaux annoncés, et il y aura en plus 2 picadors de réserve, un engagé par l’organisateur et l’autre par le fournisseur de la cavalerie s’il en existe un ; pendant tout le premier tiers, ils se tiendront tous les deux derrière la porte donnant accès à l’arène.
Avant que le taureau ne sorte du toril, les 2 picadors de service se placeront par rapport au point de la barrière qui est face au toril : le plus ancien 5 mètres à gauche de ce point vu par quelqu’un placé devant ce toril, et l’autre à 10 m du premier et dans la même direction (chaque emplacement signalé  sur la barrière par un trait de peinture blanche).
Apparition d’une circonférence concentrique à la barrière, tracée sur l’arène, et que les picadors ne devront pas dépasser quand ils se préparent à piquer.
Règlement national de 1930 - Il devra être présent 4 chevaux par taureau annoncé (hauteur au garrot 147 cm contre 145 avant) ; comme précédemment, il devra y avoir 12 chevaux sellés et bridés dans le patio des chevaux. Au cours de la durée d’application de ce règlement, le nombre de chevaux à présenter se verra réduit à 2 par taureau annoncé. Pendant l’exécution de la suerte de piques, l’œil droit des chevaux doit être bandé.
Le nombre de picadors de service et de picadors de réserve est inchangé. Désormais les 2 picadors de service attendent derrière la porte des chevaux que le président ordonne leur entrée dans l’arène. Ils continuent à devoir ne pas dépasser la circonférence tracée sur l’arène et piquer une seule fois chacun, en alternance, à moins que le taureau ne charge à nouveau celui qui vient de piquer.
Règlement national de 1962 - L’organisateur doit présenter 8 chevaux de picadors. À la hauteur au garrot (147 cm), s’ajoute un poids minimum de 450 kg. Durant le 1er tiers, le nombre de chevaux en attente, sellés et bridés, est ramené à 4.
Les picadors appartenant aux cuadrillas devront être en même nombre que les taureaux annoncés. Il y aura en outre les picadors de réserve : leur nombre n’est pas défini mais le pluriel sous-entend un minimum de deux.
Pour la première fois, il est prévu que, dans les novilladas et si le matador est d’accord, l’un ou l’autre des picadors de réserve pourra donner le premier coup de pique. Jusque-là c’était formellement interdit, mais les picadors des cuadrillas s’étaient toujours employés à faire donner le premier coup de pique par un picador de réserve. Attaché à l’écurie “Chopera”, Rubio de Quismondo fit ainsi ses débuts. Lorsque les picadors de service sont dans l’arène, c’est leur matador qui indique quel est celui qui doit aller au taureau (!).
Faisant suite à une proposition de Domingo Ortega, ce sont désormais deux circonférences qui sont tracées sur l’arène : l’une à 7 mètres de la barrière et l’autre 10. L’intervalle est la distance qui doit séparer taureau et picador avant leur rencontre.
Règlements nationaux de 1992 et 1996 - Pour ce qui concerne les piques et le premier tiers de la corrida, le second reprend exactement les dispositions du premier : il est donc possible de les présenter et commenter ensemble.
Ils imposent 6 chevaux de picadors dans les arènes de première catégorie et 4 dans les autres ; leur poids minimum est élevé à 500 kg et il apparaît un poids maximum de 600 kg. Les chevaux de races de trait sont interdits ; s’il y en a eu dans le passé, ce ne furent jamais des Percherons, contrairement à ce qui a souvent été écrit, car le Percheron est un magnifique cheval, qui pèse facilement une tonne, chose jamais vue dans des arènes.
Il n’est plus prévu de chevaux sellés et bridés, en attente durant le premier tiers, pour permettre aux picadors qui auraient perdu leur monture d’en prendre une autre, sans perdre de temps.
Depuis 1992, les cercles concentriques tracés sur l’arène le sont à 7 et 10 mètres de la barrière ce qui porte à 3 m l’espace minimum entre picador et taureau avant leur rencontre.
Chaque matador devra avoir 2 picadors, et il n’est plus prévu de picador de réserve. Désormais, les 2 picadors de la cuadrilla piqueront alternativement ; un taureau chacun, néanmoins ils seront tous les deux présents dans l’arène pendant le premier tiers du combat des adversaires de leur matador.
Autres aberrations de ces règlements :
« Art. 72. 1. … Le picador qui doit intervenir se placera là où le détermine son
matador et, de préférence, dans la partie la plus éloignée possible du toril, et l’autre picador dans la partie de l’arène opposée au premier.
»
La partie la plus éloignée du toril est celle qui lui est diamétralement opposée ; la partie opposée à celle-là est le toril lui-même. Compte tenu de la tendance normale de tout taureau aller vers ce dernier, m me dans les arènes de grand diamètre, comme Madrid-Las Ventas, il est extrêmement fréquent que le taureau aille au picador inactif (esp. : no participante a la suerte) plutôt qu’au picador de service, raison pour laquelle on mobilise un banderillero qui reste près de lui pour détourner le taureau, si faire se peut.
Quoi qu’en disent beaucoup d’aficionados et qu’en écrive la majorité des critiques taurins français, ce second picador n’est en aucune façon un picador de réserve, puisque :
« (art. 74) SI SON COLLÉGUE EST MIS HORS DE COMBAT, C’EST LE PLUS JEUNE [ancienneté professionnelle] DES AUTRES CUADRILLAS QUI INTERVIENDRA. »

IV- DES COUPS DE PIQUE OU PUYAZOS

Illo – C’est au début de la seconde partie de l’ouvrage (pages 35 39) qu’il traite de la façon de piquer. Voici la traduction du paragraphe consacré à piquer de face :
« La suerte de piquer de face (esp. : de frente) à cheval s’exécute le picador se situant dans l’aligne­ment (esp. : en la rectitud) du terrain qu’occupe le taureau ; et dès que le taureau part et arrive à juridiccion, il lui met la garrocha dans le cerviguillo[11]
, et en même temps il ouvre le cheval vers la gauche et se laissant tomber sur (esp. : cargandose sobre) le taureau, il le rejette par la tête du dit cheval, ou en ligne parallèle avec lui. »
Pepe Illo donne ensuite des indications sur la position du picador dans l’arène et indique divers re­cours dans l’exécution de la suerte, selon l’état du taureau, mais jamais il ne revient sur l’emplacement du coup de pique : dans le cerviguillo. à noter qu’il traite aussi de : « Quand il est nécessaire que le picador aille dans le tiers central (esp. : en los medios) de l’arène, pour mettre les piques aux taureaux, de quoi faire hurler le public d’aujourd’hui.
Montes plus abondamment que Pepe Illo, consacre la seconde partie de son livre aux diverses façons de piquer. Pour définir la façon de piquer le taureau en su rectitud, il emploie à quelques mots près, la définition donnée par Pepe Illo, mais sans jamais indiquer la zone anatomique où piquer. Montes, lui aussi, envisage les cas où le picador doit aller provoquer le taureau dans la partie centrale de l’arène.
Melchor Ordóñez - Il est muet sur ce point.
Règlement du 28 f vrier 1917 -
« Les picadors doivent placer la pique en se mettant devant le taureau et dans toute sa rectitude, […] car c’est la façon conseillée par l’art selon la phrase de obligar al toro por derecho.
« Ces artistes à cheval piqueront […] l’emplacement que l’art exige, c’est-à-dire dans le morrillo ...
« De même sont-ils obligés d’avancer pour chercher le taureau jusqu’aux tercios de l’arène quand ses conditions l’exigent, ou selon l’avis du matador.
« Le picador qui […] ou fait quelque chose impropre de la part d’un bon combattant[12]
et contraire aux règles taurines, sera sanctionné par l’amende correspondante. »
Observation : c’est la dernière fois que l’emplacement du coup de pique figure dans un règlement espagnol des spectacles taurins.
Règlement du 12 juillet 1930
« Les picadors agiront en se plaçant face au taureau (esp. : por derecho)
« Le picador qui [...] déchire le cuir du taureau, le pique dans la tête (?), jette le chapeau […] ou fait autre tout chose impropre de la part d un bon combattant, sera sanctionné d’une amende. »
Observations :
- les règles relatives au montage des piques sont maintenues ;
- c’est la dernière fois que la liste des infractions n’est pas limitative, mais est complétée par la phrase « ou fait tout autre chose impropre de la part d’un bon combattant. »
Règlement du 15 mars 1962
Aux règles relatives au montage des piques sur leurs hampes s’ajoute et que le croisillon soit en position horizontale et parallèle à la base de la face indiquée. »
Il y a une liste des choses sanctionnées, donc interdites :
« Le picador qui pour réaliser son office dépasse la raie la plus proche de la barrière, cherche délibérément l’emplacement d’un autre coup de pique antérieur placé dans un paleron, de forme délibérée ferme la sortie de l’animal en tournant autour de lui, sera sanctionné»
Trois choses seulement sont interdites. Partant du principe que ce qui n’est pas interdit est permis, on peut désormais piquer n’importe où sauf dans la tête (qui a déjà vu cela ?), remettre la pique dans une blessure antérieure si ce n’est pas dans une épaule, vriller, imprimer à la garrocha un mouvement de marteau piqueur, etc. Lamentable !
Règlement des 28 février 1992 & 2 février 1996[13]
« Quand l’animal accourt au cheval, le picador effectuera la suerte face à face, étant interdit de vriller, de fermer la sortie de l’animal, de tourner autour de lui, d’insister ou maintenir le châtiment incorrectement appliqué. »
On a ajouté l’interdiction de vriller mais pas celle de faire le marteau piqueur. Et qu’est-ce qu’un châtiment incorrectement appliqué puisque le correctement appliqué n’est pas défini ?

V- LE CAS FRANÇAIS
RÈGLEMENT TAURIN MUNICIPAL

« Art. 62, 2 & 3 Les piques, leurs hampes, ainsi que la fa on de les monter devront correspondre, tant pour les corridas de toros que pour les novilladas avec picadors, aux normes et règles fixées par le Règlement des Spectacles Taurins Espagnol.
« Elles devront être montées la face plane vers le haut, sur une hampe convexe. »
Observations :
- Répété plusieurs fois dans le RTM, ce terme de Règlement des spectacles taurins espagnol prête à confusion : on pourrait croire a priori qu’il manque la marque du pluriel au mot : espagnol, qualifiant spectacles taurins qui le précède, alors que c’est vraisemblablement au mot règlement qu’il s’applique.
- mais surtout, pourquoi ce court 3e paragraphe qui ne sert qu’à jeter la confusion par rapport au règle­ment espagnol auquel se réfère le paragraphe précédent : quelle est ici la face plane alors que toutes les trois sont planes, et pourquoi ne parle-ton pas du croisillon ?
- des hampes légèrement courbées est une terminologie imprécise quant à l’importance de cette courbure et cette observation est valable pour tous les règlements qui viennent d’être cités. Il est de fait que la courbure des hampes des années 1950 était beaucoup plus accentuée que celle des hampes d’aujourd’hui ; pourtant les unes et les autres sont conformes aux règlements. Quant à convexe, une même ligne (la hampe est pratiquement une ligne) est convexe quand on la regarde d’un côté et concave quand on la regarde de l’autre.
« Art. 73, 2 - Lorsque le picador se prépare à piquer, il le fait en citant l'animal sur la droite sans dépasser le cercle ...
« 4 - Quand l'animal s'élance vers le cheval le picador effectuera la suerte par la droite, perpendicu­laire au cercle extérieur. Il est interdit de vriller, de fermer la sortie l'animal, de tourner autour de lui, d'insister ou de maintenir le châtiment s'il est mal donné. Le picador devra piquer dans le haut du morillo. »
Observations :
- sur la droite ou par la droite découle d’une faute de traduction de l’espagnol por derecho qui signifie en ligne droite, c’est dire de face ou face à face, expression confondue avec por la derecha qui veut dire par la droite. Cette faute est tardive et d’autant plus grave que dans les premières versions du RTM, au moins jusqu’en 1990, il est écrit : « Les picadors citeront le taureau de face. (RTM de 1990, art. 66).
- initialement, la zone anatomique ou piquer n’était pas précisée dans le RTM ; à ma connaissance, c’est depuis la version de 1992 qu’elle l’est (ma collection saute de 1990 1998 et je ne sais comment la compléter) ; il est écrit devront piquer dans le haut du morillo. Depuis l’origine de cette mention, les rédacteurs du RTM maintiennent le mot morillo (avec un seul r) et non de morrillo (avec 2 r) comme il se devrait. Or les 2 mots existent en espagnol : morrillo est la partie supérieure de l’encolure, et le morillo est un chenet (!) qui n’a que faire ici.
- on notera que le fait de donner à la garrocha un mouvement que j’appelle de marteau piqueur et que les Espagnols appellent de mete y saca, ne figure malheureusement pas parmi les interdictions dont la liste est limitative. Pourtant, lors de l’étude faite par les vétérinaires de l’UCTL en 1998, sur 90 taureaux et novillos, l’action de mete y saca a été observée dans 63 % des cas !
Pour mémoire car cela est un peu à côté du sujet, il faut remarquer que le RTM maintient (art. 62) l’existence de scellés sur la boîte contenant les piques et le contrôle de la présence sur le prétendu butoir des piques, du « sceau préalablement posé par les organisateurs [en réalité les organismes] compétents à savoir … »  . Or, depuis 1992, il n y a plus aucune vérification préalable des piques par qui que ce soit, et le scellé de la boîte ainsi que le sceau apposé sur le pseudo butoir ne sont que des faux, placés par le fabriquant de piques qui affute celles-ci après chaque utilisation et en creuse les faces en contravention formelle avec ce qui est prévu dans leur définition officielle.
Conclusion : En France, il est règlementairement obligatoire de piquer exclusivement dans le haut de la partie supérieure de l’encolure (esp. : morrillo) et cette partie-là est loin de la chute du morrillo, zone anatomique à la mode depuis quelques dizaines d’années. Par ailleurs, et puisque la traduction des mêmes termes est utilisée pour désigner les mêmes choses, l’hypocrisie des rédacteurs des versions successives du Règlement Taurin Municipal est identique celle des rédacteurs des versions successives du Règlement espagnol des Spectacles Taurins.

MARC ROUMENGOU

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1 Tomo I — Madrid, Unión de Bibliófilos Taurinos, 1959.

2 Cádiz, chez Manuel Ximenez Carreño, 1796.

3 Madrid, xxx, 1836.

4 On pourrait traduire par ordonnance royale.

5 En ce qui concerne les points qui seront examinés ici, les dispositions du Décret royal du 28 février 1992 étaient identiques.

6 Valencia, Diputación de Valencia, 1999.

7 En forme de triangle équilatéral dont les sommets sont arrondis.

8 Celui-ci disparaî t du  règlement de 1962.

9 Rappelons que la garrocha est la pique emmanchée.

10 Voir dans En Traje Velazqueño n° 23, octobre 2008, la photo d’une locomotive ayant franchi le butoir le 22 novembre 1895, la gare Montparnasse : un mort et six blessés graves, outre les dégâts matériels.
(NDLR : Ça a été aussi reproduit ici, voir : À propos de piques et de butoirs et la suite.)

11 Cerviguillo est synonyme de morrillo. Il s’agit du bord supérieur de l’encolure.

12 Le lecteur, imprégné de la castillanomanie qui afflige la plupart des Français qui écrivent de tauromachie, sera sans doute surpris du mot combattant. Pourtant ce n’est que la traduction de lidiador comme combat l’est de lidia.

13 En ce qui concerne les points examinés ici, les dispositions du Décret royal du 28 février 1992 étaient identiques.