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Nos commentaires sur le Règlement Taurin Municipal Français

et nos propositions pour l'améliorer

Le précieux ouvrage d'Emmanuel de Monredon, La corrida par le droit (UBTF 2001), a inspiré certains des commentaires qui suivent, notamment ceux portant sur les Titres I (articles 1 à 4) et II (articles 5 à 9) ainsi que celui de l'article 42.

Cliquer sur ce qui est en rouge, ci-dessous, pour consulter les articles correspondants du règlement. Ce qui fait l'objet de nos commentaires apparaîtra en caractères bleus.

Préambule - Le préambule ne manque pas d'indiquer que " ... Le présent règlement devra être obligatoirement observé dans toutes les villes membres de l'UNION DES VILLES TAURINES DE FRANCE. ..." Voir leur liste en cliquant ici.

Article 1 - Nous ne pouvons que souscrire à l'objectif fixé dans cet article 1 du : Règlement Taurin Municipal Français (RTMF) : "... garantir les droits et intérêts des spectateurs et personnes y prenant part".

Article 2 -

Le Règlement Taurin Municipal (RTM) reprend pour l'essentiel, les dispositions du Règlement National des Spectacles Taurins Espagnols. Ce texte réglementaire espagnol peut être consulté ici.

Notre article 2 affiche donc l'ambition de respecter "l'esprit des textes régissant en Espagne la Fiesta Brava". Ambition difficile puisqu'en Espagne la corrida est parfaitement définie dans la loi (loi 10/1991 du 4 avril). A partir de cette loi le législateur confie au pouvoir exécutif (en l'espèce Ministère de l'Intérieur) le soin d'élaborer le Règlement Taurin. Le Règlement Taurin National encore en vigueur en Espagne résulte du Real Decreto 145/1996 du 2 février. Il est aisé de comprendre que, dans un tel cadre législatif et réglementaire, il devrait être relativement facile de faire appliquer et respecter le règlement.
Il faut considérer, toutefois, qu'aujourd'hui un Règlement Taurin unique ne s'impose plus à "toutes les Espagnes". Depuis quelques années, en effet, diverses juntas ou provinces autonomes espagnoles, même si elles s'inspirent largement du Reglamanto Nacional, promulguent leurs propres règlements taurins. Pour ne rien dire des pays taurins d'Amérique Latine où règne la plus grande confusion en matière de réglementation taurine. A terme nous risquons de voir apparaître et se multiplier des sortes de tauromachies régionales. Il est à craindre qu'elles favorisent des dérives et édulcorations commerciales et médiatiques (Voir par exemple les divergences sur un nombre minimum de piques, sur l'adoption d'un nouveu modèle de pique, sur la manière de décompter les temps pour sonner les avis, sur l'amoindrissement de l'autorité des présidences techniques.) Alors, ce magnifique monument de "La Fiesta Nacional" que l'Espagne a longuement mûri, construit, puis révélé au monde il y a un peu plus de deux siècles, risque, sapé de l'intérieur, de se fissurer jusqu'à s'écrouler. Pour consulter ces multiples règlements, cliquer ici.

En France, les spectacles tauromachiques ne bénéficient d'aucune définition légale, ce que regrette notre Fédération qui milite avec d'autres entités taurines pour qu'un terme soit mis à cette carence. En attendant, le Règlement Taurin Municipal de l'U.V.T.F., calqué sur le Règlement National Espagnol, reste indispensable mais les moyens dont disposent les maires pour le faire respecter sont relativement modestes.

Article 3 - Il montre bien que le Règlement Taurin Municipal n'a pas de portée générale :
" Pour son application, le présent règlement devra faire obligatoirement l'objet d'un arrêté municipal... "
Ceci fixe d'emblée la limite des moyens permettant d'assurer le respect du règlement. Le non respect d'un arrêté municipal est passible d'une contravention de 1ère classe (art 610-5 du Code Pénal). En réalité cette sanction, pourtant fort modeste, n'a jamais été appliquée puisque personne n'a été cité à comparaître devant les tribunaux pour infraction à un arrête municipal en matière de règlement taurin.

Article 4 - II semble que cet article n'ait plus sa raison d'être puisque, depuis la loi du 18 mars 1999 modifiant l'ordonnance de 1945 relative aux spectacles, la corrida n'est plus soumise à une autorisation préalable du maire.
Par contre, le maire peut prendre un arrêté d'interdiction qu'il doit motiver. Cet arrêté est attaquable devant le tribunal administratif. Voir à titre d'illustration la relation d'une affaire intervenue à Rieumes en 2002. Elle a tourné à l'avantage du club taurin organisateur.

Le Titre II (article 5 à 9) est consacré à la Commission Taurine Extra Municipale (CTEM). Il s'agit d'un organisme spécifique au Règlement Taurin Français et qui n'a pas d'équivalent dans le Règlement Taurin Espagnol.
Cette Commission Taurine Extra Municipale est, de toute manière, obligatoire dans les communes de plus de 3500 habitants qu'elles adhèrent ou non à l'UVTF. Cette obligation découle de l'article L2143-4 du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) : " - Il est créé une commission consultative compétente pour un ou plusieurs services publics locaux exploités en régie ou dans le cadre d'une convention de gestion déléguée. Elle doit comprendre parmi ses membres des représentants d'associations d'usagers du ou des services concernés. Elle est présidée par le maire. Cette obligation ne s'applique qu'aux services des communes de plus de 3 500 habitants. "
Bien entendu les maires ont la faculté de créer, s'ils le désirent, ce type de commission dans des communes de moins de 3500 habitants et les communes adhérant à l'UVTF s'en font une obligation (article 5). Les articles 8 et 9 permettent d'apprécier les importantes missions de conseil et de contrôle qui sont dévolues à la CTEM. Elle jouit, même, d'une sorte de pouvoir exécutif indirect.

Article 8 – C'est à l'instigation de notre Fédération que le deuxième paragraphe de l'article 8 a été introduit dans le règlement : " Le Maire ou son délégué devra tenir compte des décisions de la C.T.E.M en les rendant exécutoires conformément au présent règlement. "

Article 9 - Paragraphe c - Ces dispositions complémentaires (présence de délégués de la C.T.E.M. au débarquement et si possible à l'abattoir) ont été adoptée en 1998 sur la recommandation de notre Fédération.

Article 10 - Dans des règlements antérieurs, l'article 10 indiquait que les arènes françaises de 1ère et 2ème catégorie correspondaient respectivement aux arènes espagnoles de 2ème et 3ème catégorie. Cette règle d'assimilation relativement humiliante pour les arènes françaises a été supprimée à compter du règlement de 2004. Il est à remarquer d'ailleurs que le poids minimum des taureaux exigés dans les arènes françaises de 1ère et 2ème catégorie (voir article 43) est le même que celui exigé dans les arènes espagnoles de 1ère et 2ème catégorie.

Articles 11 à 18 - Les articles 11 à 18 déterminent de façon détaillée les dispositions et exigences des infirmeries. Au fil des diverses assemblées générales de l'UVTF ces dispositions ont été étendues et améliorées. L'assemblée générale du 6 février 2005 à Saint-Gilles a encore modifié le premier alinéa de l'article 17 en lui ajoutant le complément suivant : "Il vérifiera également (le maire), un mois à l'avance, que l'équipe médicale est couverte par une assurance de Responsabilité Civile, faute de quoi le spectacle ne pourra se tenir."
C'est la seule modification apportée au règlement en 2005.

Article 19 - Le rôle de l'algualcilillo nous paraît primordial en France où nous n'avons pas d'équivalent au "Delegado gubernativo" capable de constater des fautes et de les faire sanctionner.
De toute manière, mieux vaut prévenir que sanctionner et, à plus forte raison, quand les moyens de sanctionner sont pratiquement inexistants. Une bonne, et surtout rapide, liaison entre le président et l'algualcilillo, à qui un minimum d'initiative devrait être laissé, permettrait d'éviter certaines infractions au règlement ou manquements à la dignité du spectacle comme (la liste n'en est pas exhaustive) :
- Mauvaise tenue des gens du callejón qui au lieu de s'appuyer et même de se vautrer sur la barrière doivent rester reculés, dos au mur intérieur, silencieux et immobiles autant que possible..
- Péons qui s'ingénient à faire taper le taureau dans les planches (article 72-3)
- Présence de toreros ou de monosabios à la droite du picador (articles 73-2) (74-1)
- Pique présentée à l'envers, une arête de la pyramide vers le haut. Le président est, le plus souvent, trop éloigné pour le voir. (article 62-alinéa2)
- Pique mal exécutée, au-delà du morrillo, " pompée ", " carioquée ", etc. (article 73-4)
- Manque de réserve des cuadrillas ou représentants des toreros ou empresas au moment d'attribuer les trophées,
- Arrastre complaisamment retardé...
L'article 19 repris par l'article 40 indique que "l'aguazil doit connaître le règlement, la langue espagnole et transmettre les ordres de la présidence sans outrepasser ses fonctions" Fonctions qui ne sont pas clairement définies par ailleurs.
Nous souhaiterions que cet article soit refait et qu'y soient précisés les cas, qui correspondent à peu près aux exemples que nous venons de citer, où l'algualcilillo peut intervenir spontanément, avec l'accord tacite du président (ils doivent se concerter avant la course et le règlement devrait l'imposer) :
- Veiller à une bonne tenue dans le callejón,
- réprimander ostensiblement le péon qui fait taper le taureau dans les planches,
- rappeler à l'ordre ceux qui se tiennent à droite du cheval du picador,
- réprimander ostensiblement le picador qui ferme, avec son cheval, la sortie vers le centre au toro (carioca),
- faire démarrer le train d'arraste rapidement, etc.
Enfin nous demandons que la liaison président-alguacilillo soit effective. Elle n'est pas possible vu l'éloignement du palco par rapport à la piste. Il convient, donc, d'équiper président et algualcilillo de discrets micros et oreillettes comme en ont aujourd'hui les arbitres dans les stades. Le couple président-algualcilillo pourra ainsi communiquer et réagir en temps réel.

Articles 24 à 29 - Les dispositions énoncées dans le chapitre I du titre IV (article 24 à 29) s'inspirent très directement de celles de la réglementation espagnole.

Article 25 - Nous relèverons toutefois dans l'article 25 deux différences qui portent sur le nombre minimum de contrats remplis par un professionnel pour pouvoir accéder à la catégorie supérieure. Il est indiqué ici qu'un novillero ne pourra prétendre à l'alternative s'il n'a participé au préalable à un minimum de 20 novilladas alors que le règlement espagnol fixe ce chiffre à 25. A l'inverse, un novillero ne pourra passer, en France, en novillada piquée s'il n'a participé, au préalable, à 15 non piquées alors que le règlement espagnol ne lui en impose que 10.
Nous pensons que ces chiffres devraient être harmonisés. Que se passe-t-il, en effet, quand un matador qui vient de passer l'alternative au terme de 20 novilladas en France veut aller immédiatement après toréer en Espagne ou, réciproquement quand un jeune novillero, venant d'accéder à la novillada piquée après 10 non piquées en Espagne, vient immédiatement après toréer en France ?"

Article 25 - alinéa 7 - D'autre part, la formulation de l'alinéa 7 de l'article 25 est incorrecte. Dans son sens littéral elle signifie que les animaux combattus dans des spectacles comiques le seront le jour de leur deuxième anniversaire. Dans l'article 43 du même règlement il est précisé que, dans ce type de spectacle, l'animal aura de un à deux ans. Deux ans semblent donc constituer un âge limite supérieur.
A cet égard, il est permis de s'interroger. Même s'il s'agit de spectacles "comiques", est-il digne d'y tuer des becerros de moins de deuix ans ? Ne conviendrait-il pas de stipuler que les toros combattus dans ces spectacles devront être âgés d'au moins 3 ans ?

Article 27 - " Sur l'affiche on indiquera... " alinéa 6 : " Le spectacle se donnera en conformité au Règlement Taurin de l'U.V.T.F. ". Il conviendrait d'ajouter quelque chose du genre : " A cet égard, l'éleveur (et l'organisateur ?) (Pourquoi,ne pas conférer, d'une manière générale, d'avantage de responsabilités à l'organisateur ? Les éleveurs n'en seraient pas mécontents.) certifie (nt) que le bétail présenté (est limpio) " ou, moins exotique mais plus précis, (n'a subi aucune manipulation frauduleuse) ".
Il nous sera objecté que cela va sans dire mais cela va encore mieux en le disant.

Article 29 - Il prévoit que l'organisateur devra fournir au moins un animal de réserve quelle que soit la catégorie de la plaza. En fait, dans les arènes françaises de 1ère, et même de 2ème catégorie, les organisateurs fournissent généralement deux taureaux de réserve. Pourquoi, alors, ne pas écrire ici que l'organisateur fournira un minimum de deux animaux de réserve dans les arènes de 1ère catégorie, comme l'indique le Règlement Espagnol dans son article 55 ?

Article 30 - Il existe une différence importante entre cet article 30 et celui du Règlement Espagnol qui lui correspond. Dans son 8ème alinéa, l'article du Règlement Espagnol attribue un droit supplémentaire et fondamental aux spectateurs, qui sont, en fait, des consommateurs et qui, à ce titre, ont bien le droit de vérifier si le produit qui leur est proposé est bien conforme à ce que le vendeur a affiché.
Nous traduisons, ci-après, cet alinéa 8 de l'article 33 du Règement Espagnol : " Les spectateurs ont le droit d'assister aux opérations de reconocimiento (vérifications préalables) prévues à l'article 56 du présent règlement (il correspond à l'article 55 du RTM), par l'intermédiaire de représentants, au nombre maximum de deux, désignés par les associations d'aficionados reconnues, légalement constituées et les plus représentatives. A cet effet, elles devront solliciter l'autorité compétente suffisamment à l'avance. "
Nous souhaitons qu'un tel droit soit également attribué aux aficionados français.
Qu'il ne nous soit pas objecté que cette mesure ferait double emploi puisque en France des aficionados locaux sont déjà présents dans la C.T.E.M.. L'article 6 du présent règlement indique, d'une part, que les personnalités extra municipales désignées peuvent appartenir ou non à des sociétés taurines, d'autre part, que le maire désigne individuellement chacun des membre de la commission. Il en résulte que les aficionados en général, et non les seuls locaux éventuels, ne peuvent être représentés dans de parfaites conditions d'indépendance et d'impartialité, s'ils font partie de la C.T.E.M., étant donnée l'implication de la municipalité, pouvant aller jusqu'à la régie directe, dans l'organisation des spectacles taurins se déroulant dans sa ville.

Article 30 - paragrphe 3 - alinéa 3 - Quant au 3ème alinéa du paragraphe 3 de cet article 30, il précise, à l'inspiration de l'article 33 du Règlement Espagnol, les droits des spectateurs et, en particulier, les circonstances dans lesquelles ils peuvent obtenir le remboursement de leur billet. Il en est ainsi quand le cartel annoncé est modifié. Pour ce qui est du remplacement des taureaux, la condition est identique dans les deux règlements, le spectateur ne peut obtenir le remboursement de son billet que si les bêtes sont remplacées au moins pour moitié par celles d'un autre ou d'autres élevages. Par contre, dans le Règlement Espagnol il suffit qu'un matador soit remplacé, quelle que soit la catégorie de son remplaçant, pour que le spectateur puisse être remboursé. Le Règlement Français précise de manière beaucoup plus désinvolte que si le ou les matadors remplacés le sont par des matadors de même catégorie ou de catégorie immédiatement inférieure ( ! ), le spectateur ne pourra réclamer le remboursement de son billet ! Nous souhaitons que, sur ce point, le RTM se conforme au Règlement Espagnol.

Article 37 - Saluons au passage cet article qui institue un excellent moyen d'information du public. Il donne un texte qui reprend les points essentiels des articles 30 à 36 définissant les droits et obligations des spectateurs, tel qu'il devra obligatoirement figurer au dos des billets, et être apposé dans tous les lieux de vente. Ainsi le spectateur connaît parfaitement les termes du contrat passé entre l'organisateur et lui-même.

Article 38 - En Espagne, le Président est un fonctionnaire de police rétribué, l'un de ses des deux assesseurs est le doyen des vétérinaires ayant procédé aux opérations préalables (reconocimientos), l'autre est choisi, par le gouverneur civil ou le maire, parmi des professionnels retirés ou des aficionados.
En France le président et ses assesseurs sont choisis parmi des aficionados locaux par le maire et, en fait le plus souvent, d'une manière directe ou indirecte, par les organisateurs.

Nous avons suggéré lors de l'assemblée Générale de l'UBTF en 2008 de "créer un corps de Présidents expérimentés, avec un règlement spécifiant leurs droits et devoirs ainsi que les modalités d’accréditation".

Article 42
Il est étonnant que cet article 42 sur la possible délégation des pouvoirs de police, qui est de règle tout à fait générale, s'ajoute ici de manière bien superfétatoire, après les trois articles consacrés à la présidence technique et serve de prétexte à un titre ne pouvant qu'entretenir la confusion : "Présidence technique et pouvoirs de police". Comme ne manque pas de le faire remarquer Emmanuel de Monredon dans son remarquable ouvrage La corrida par le droit (UBTF 2001) : " ...les attributions en matière de police municipale et celles en matière de présidence technique sont de nature différente et ne peuvent être confondues. "

Article 43
Âge - "L'âge de l'animal est déterminé par le certificat de naissance". Nous aurions préféré rester au texte antérieur, l'âge est défini par rapport au 1er juillet faisant suite à sa naissance. Il s'exprime ainsi en nombre "d'herbes" donc de printemps, moments où l'herbe est la plus riche en éléments favorables à la croissance de l'animal. C'est ainsi qu'aujourd'hui, on peut voir " lidier " des animaux qui ont tout juste l'âge (4 ans pour les corridas et 3 ans pour les novilladas piquées par exemple), sachant que les nouveaux modes d'élevage permettent d'obtenir des naissances pratiquement toute l'année.
Pour ce qui est du toreo comique, est-il digne d'y tuer des becerros de moins de deuix ans ? Ne conviendrait-il pas de stipuler que les toros combattus dans ces spectacles devront être âgés d'au moins 3 ans ?
Poids - Il est bien regrettable que cet article 43 p ne reprenne pas l'alinéa 4 de l'article 46 du règlement espagnol dont voici la traduction française : "Dans les arènes de première et deuxième catégorie le poids sera déterminé en vif et dans celles de troisième catégorie à l'arrastre avant de saigner ou en canal, selon le choix du ganadero, en y ajoutant cinq kilogrammes qui sont estimés avoir été perdus durant le combat." L'alinéa 4 de l'article 51 du même règlement espagnol précise que dans les arènes où les animaux doivent être pesés en vif, cette opération a lieu lors du débarquement. Cela suppose que les arènes de première et deuxième catégorie disposent de bascules. Ainsi les poids communiqués au public ne seraient plus, comme trop souvent, ridiculement fantaisistes.

Article 45 - Les Novilladas sans picadors (NSP) ne figurent pas dans la liste des spectacles dont on vérifie l'état des cornes. C'est la porte ouverte aux manipulations des cornes de ces toros. Est-ce rendre service aux apprentis toreros que de les habituer à toréer du bétail trafiqué ?

Article 47 - La modalité suivante qui figurait dans de précédents règlements "Durant le voyage, les animaux seront accompagnés par une personne désignée par le ganadero" a été supprimée et nous le regrettons beaucoup. La personne concernée est souvent le mayoral de l'élevage qui connaît très bien tous les toros. Ainsi, maintenant le mayoral peut ne pas venir dans la ville où va se dérouler le spectacle pendant le temps de séjour des toros aux corrales. L'économie pour l'organisateur sur les frais de séjour et d'hébergement (?), peut se traduire par un manque de soins apportés à des animaux qui pourraient les nécessiter, et par l'absence d'un humain connu et rassurant qui les aide à s'habituer au brusque changement de leurs conditions d'habitat. Economie de bout de chandelle, mais grands risques…

C'est à la demande de notre Fédération qu'il a été précissé, en 1998, que "les cages devront être scéllées" alors que la formulation précédente, complètement floue, était "les cage pourront être scéllées".

Article 49 b - Cette mesure fut proposée par des aficionados Français appartenant à notre Fédération, au cours du Congrès des Associations Taurines, tenu à Séville en 1966. Deux ans après, une ordonnance du gouvernement espagnol (4 avril 1968) devait instituer le registre de naissance des taureaux de combat et le marquage à feu sur l'épaule droite des veaux du dernier chiffre de leur année de naissance.
Cette disposition figure dans le règlement taurin espagnol et a été reprise, bien sûr, dans le R.T.M.
Les aficionados Français inspirateurs avaient pour souci de relativiser l'importance de la prise en compte du poids des taureaux. Cette seule considération du poids avait entraîné des abus dans les années 60, très fréquente utilisation en corrida de toros, et même dans des arènes de 1ère catégorie, de novillos surengraissés.

Article 49 e - Nous n'approuvons pas que cet alinéa de l'article 49 prenne une tournure conditionnelle en forme de lapalissade. Nous demandons une nouvelle rédaction de cet article du genre : La déclaration de l'éleveur certifiant le bétail "limpio"est obligatoire. Dans le cas où cette obligation ne serait pas remplie, le fait sera porté à la connaissance du public avant le début de la course, sans préjuger des sanctions qui seront prises à l'encontre de l'éleveur par le Maire de la commune et l'UVTF.

Aticle 55 - Une formulation précédente stipulait que, dans l'éventualité envisagée, le Président devait consulter, en outre, l'organisateur et les toreros. A la demande de notre Fédération, il a été admis, en 1998, que le Président n'avait à entendre que l'éleveur seul.

Article 58 1 Corrida de Toros c) - Une formulation précédente introduisait, ci-après, une curieuse alternative : " ....ou la personne faisant office de vétérinaire." A la demande de notre Fédération ceci a été supprimé en 1998.

Article 58 1 C Les armures - Ce premier alinéa de l'article 58-1 Claisserait croire que les trois responsables désignés choisissent librement deux paires de cornes (2 taureaux) sur un lot de 6 taureaux. Et pourtant, ce n'est plus le cas :
"... La procédure de prélèvement a évolué au cours du temps, s'agissant depuis 2001 (à la demande de l'U.C.T.L.) d'un tirage au sort avant chaque corrida de deux taureaux sur un minimum de quatre, deux ayant pu être au préalable déclarés "arréglés" et exclus à ce titre du tirage au sort par le ganadero ou son représentant. Ces derniers sont depuis toujours informés avant la course et systématiquement invités à assister au prélèvement des cornes après l'arrastre..." (Extrait du Communiqué de l'Association Française des Vétérinaires Taurins (AFVT) du 8 mars 2005)

Nous mesurons ici à quel point l'UVTF, qui a accepté une procédure aussi contestable, est sensible aux pressions qu'exercent sur elle, avec l'appui plus ou moins affiché des représentants des toreros et des organisateurs, les éleveurs Espagnols appartenant à "la Unión de Criadores de Toros de Lidia" (UCTL).
Autant il est normal, en effet, que des contrôles de qualité soient pratiqués sur des échantillons tirés au hasard dans une production industrielle en série, par exemple, autant il serait nécessaire que, lors de contrôles visant à vérifier une absence de manipulation frauduleuse (voir article 45), les experts choisissent en toute liberté les échantillons qu'ils souhaitent examiner.
D'autre part, la possibilité laissée aux éleveurs d'exclure deux taureaux, déclarés "arréglés", du tirage au sort, leur offre une totale impunité dans le cas où ils auraient "réduit" sélectivement, dans un lot de six, une ou deux "fortes têtes".
Il serait souhaitable que, quand un éleveur a déclaré un ou deux taureaux "arréglés", le fait soit porté, en précisant le ou les numéros des animaux en question, à la connaissance du public par un avis, soit placardé à l'entrée de l'arène, soit diffusé par haut-parleur avant le début de la course.

Article 58 1 C Troisième alinéa - Les récents incidents, comme la perte des cornes dans une Arène de première catégorie, nous incitent à être extrêmement méfiants sur les conséquences de cette disposition. Il nous apparaît plus sûr que les cornes saisies soient expédiées immédiatement à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse, où les expertises sont effectuées.

Article 60-61 - Ces poids sont précisés depuis 1998 à la demande de notre Fédération.

Comment vérifier conformément aux articles 60 et 61 les poids des chevaux des picadors et celui des caparaçons (qui ne doivent pas excéder 30 kg selon le règlement espagnol) si les arènes ne disposent pas d'une balance ?

PuyaArticle 62 - Voici ce que prescrit l'article 64 du Règlement Espagnol :
"Las puyas tendrán la forma de pirámide triangular, con aristas o filos rectos, de acero cortante y punzante y sus dimensiones, apreciadas con el escantillón, serán: 29 milímetros de largo en cada arista por 19 de ancho en la base de cada cara o triángulo. Estarán provistas en su base de un tope de madera, cubierta de cuerda encolada de 3 milímetros de ancho en la parte correspondiente a cada arista, 5 a contar del centro de la base de cada triángulo, 30 de diámetro en su base inferior y 60 milímetros de largo, terminada en una cruceta fija de acero, de brazos en forma cilíndrica, de 50 milímetros desde sus extremos a la base del tope y un grosor de 8 milímetros.
.........
En las novilladas picadas se utilizarán puyas de las mismas características, pero se rebajará en tres milímetros de altura la pirámide."

Le règlement espagnol définit, donc, la forme de la pique comme celle d'"une pyramide triangulaire avec les arêtes droites". D'où la question posée par nombre d'aficionados qui ont récemment examiné des piques de près : "Une pyramide peut-elle avoir des faces concaves ? Le directeur de l'Institut de Recherches en Études Mathématiques, consulté par Marc Roumengou le 2 novembre 2005, fournit la réponse suivante : " Une pyramide est formée d'arêtes droites, d'une base polygonale fermée dont les côtés sont eux-mêmes des arêtes du solide, et d'autant de triangles PLANS que le polygone a de côtés, ayant tous un point commun : le sommet. Il est clair que l'on ne peut, par extension, nommer pyramide une figure qui aurait des faces non planes. " Voilà qui suffit : la définition donnée par le règlement taurin actuel est suffisante, même la précision d'arêtes droite est superflue. La pique, constituée d'une pyramide, comporte des faces planes par définition.

Puya vaciada

Les piques qui présentent des faces creusées, ce qui diminue l'angle des arêtes et les rend donc plus tranchantes sont falsifiées.
Elles ne sont pas réglementaires et leur utilisation est à interdire.

Seul l'usage d'un escantillón (gabarit) permettrait de contrôler les dimensions des piques et la planéité de leurs faces.

Ces croquis sont copiés du n°11 de "En Traje Velazsqueño", magazine du Forum Taurin de Marc Roumengou. A l'origine, ils proviennent du n°17 de la revue "Toro Bravo" éditée par l'UCTL.

Article 62 1er alinéa - Avec le règlement espagnol des spectacles taurins du 28 février 1992, la mention d'un contrôle préalable des piques par "La asociación de Matadores Espanoles de Toros y Novillos y de Rejoneadores", la "Union Nacional de Picadores y Banderilleros", y la "Union de Criadores de Toros de Lidia" a disparu. Les scellés sont donc maintenant apposés sur les piques ou la boite les contenant par le seul fabricant de ces piques. Ils ne subissent pas d'autres contrôles et seul le membre de la C.T.E.M. délégué aux piques a le devoir de les examiner avant la pique. C'est rarement fait sérieusement. Seul l'usage d'un escantillón (gabarit) permettrait de contrôler les dimensions des piques et la planéité de leurs faces.

Proposition de puya

Article 62 - 2ème alinéa - "Les piques devront être montées la face plane vers le haut, sur une hampe convexe".
Cette disposition, qui a été introduite dans le règlement à la demande de notre Fédération, n'est généralement pas appliquée, sauf dans quelques Villes où la C.T.E.M. fonctionne très bien et où les aficionados peuvent s'exprimer totalement. Même si une hampe peu convexe ou droite dans quelques cas, permet au picador de tourner sa pique dans le ruedo avant de piquer, attirer l'attention sur ce point du règlement entraîne souvent une exécution plus correcte du tercio, avec un impact de la pique délimité à la base du morrillo, et montre, en outre, aux picadors et au "mundillo" en général que la Ville est décidée à faire appliquer le Règlement Taurin.

Lors de la dernière Assemblée Générale de l'UVTF, les 13 et 14 décembre 2008, nous avons suggéré que le deuxième alinéa de l'article 62 soit complété comme suit :
"Pour faciliter le contrôle, en piste, du bon sens de la puya et le rendre visible au public, elle sera peinte, dès la fabrication, en blanc, côté face de la pyramide et en rouge, côté de l’arête "

Voir photo ci-contre.

Article 62 - 3 ème alinéa - Aucun contrôle des piques n'étant effectué a priori, la mission du délégué aux piques est devenue essentielle. Dans ces conditions, nous souhaitons que cet article 62 soit complété comme suit: "Il convient que chaque CTEM possède un "escantillón" (gabarit) que le délégué aux piques utilisera obligatoirement pour en vérifier les dimensions et les formes. Il refusera l'utilisation de piques qui ne respecteraient pas les critères définis par le règlement."

Article 63 - Voici comment le règlement espagnol définit les banderilles :
Artículo 63.
1. Las banderillas serán rectas y de material resistente, con empuñadura de madera de haya o fresno, con una longitud de palo no superior a 70 centímetros y de un grosor de 18 milímetros de diámetro. Introducido en un extremo estará el arpón, de acero cortante y punzante, que en su parte visible será de una longitud de 60 milímetros, de los que 40 milímetros serán destinados al arponcillo, que tendrá una anchura máxima de 16 milímetros.
2. En las banderillas negras o de castigo, el arpón, en su parte visible, tendrá una longitud de ocho centímetros y un ancho de seis milímetros. La parte del arpón de la que sale el arponcillo será de 61 milímetros, con un ancho de 20, y la separación entre el terminal del arponcillo y el cuerpo del arpón será de 12 milímetros. Las banderillas negras tendrán el palo con una funda de color negro con una franja en blanco de siete centímetros en su parte media.
3. Las banderillas utilizadas a caballo en el toreo de rejones tendrán las características señaladas en el apartado 1 de este artículo, pudiendo el palo tener una longitud máxima de 80 centímetros.

Article 73 - 6 - "Les animaux recevront un châtiment approprié, pas inférieur à deux piques..."
Deux piques au minimum, c'est bien ce qu'impose ce début du paragraphe 6 de l'article 73. La pratique constatée dans nos arènes est pourtant toute autre, ce qui nous a conduit à poser, lors de l'Assemblée générale de l'UVTF, le 5 mars 2005 à Saint-Gilles, la question suivante :
"L’U.V.T.F. est-elle enfin prête à imposer partout le respect de son règlement, c’est à dire ne plus accepter la monopique assassine ou le simulacre avec de pauvres bovins invalides ? Pendant que d’autres (comme la F.S.T.F.) trouvent cela ignoble…"

Article 92 - Les sanctions potentielles aux toreros antérieurement prévue dans cet article 92 ont été supprimées. Comment peut-on prétendre faire appliquer un Règlement, s'il ne s'accompagne pas de sanctions tant aux ganaderos qu'aux toreros ? Et le comportement inacceptable de quelques-uns de ces derniers, encore récemment dans les arènes, nous conduit à demander avec force le retour des sanctions potentielles aux toreros.

Nous connaissons bien le caractère Municipal du Règlement Taurin Français, mais nous ne pouvons pas accepter qu'en cas de demande de sanction par le Maire, celle-ci ne soit pas obligatoirement transmise à l'U.V.T.F.. Le risque est de voir émerger des initiatives individuelles, conduisant à des sanctions prises isolément par une Ville. Ces sanctions n'étant pas étendues par l'U.V.T.F. à l'ensemble des Villes de l'Union perdraient, ainsi, toute efficacité réelle.

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Enfin nous rappelons ici les propositions que nous avons faites à l'UVTF lors de son Assemblée Générale des 13 et 14 décembre 2008 pour que le premier tiers retrouve son rôle et sa beauté :

- que l’UVTF demande à tous ses membres de faire respecter impérativement le règlement. Ceci, quelle que soit la catégorie de l’arène :

    • Deux piques minimum impératives. Une seule pique est une aberration, la réelle bravoure ne s’exprime qu’à partir de la deuxième rencontre (notons qu’un toro de lidia, digne de ce nom, doit supporter ces deux rencontres normalement données et que dans les arènes sérieuses, cela ne souffre d’aucune discussion),
    • Intervention effective d’un délégué aux piques, notamment pour le montage correct des puyas (en relevant les noms des picadors qui auraient modifié le montage après vérification),
    • Le picador doit se placer le plus loin possible de la porte du toril.    Suggestion : un trait perpendiculaire permettra au picador de situer son positionnement. (Sachant qu’un toro manso pourra justifier le déplacement du picador),
    • Cercles concentriques à 7 et 10 mètres de la barrièreSuggestion : Pour les petits ruedos (et pourquoi pas pour tous !), ne tracer que des arcs de cercle le plus loin possible de la porte du toril et ne faire entrer qu’un picador. Ce qui permettrait d’améliorer la lidia et donnerait aux professionnels une indication sur la volonté de soigner le premier tiers dans ces arènes,
    • Faire intervenir les alguacilillos lorsque nécessaire. Suggestion : Les munir d’une oreillette en liaison avec la présidence qui devra les faire intervenir suite à tout manquement au règlement,
    • Conforter la présidence dans son propre rôle et aller dans le sens d’une homogénéisation : éditer un texte rappelant les charges qui lui incombent et les critères de décision. Ce document, distribué à toutes les présidences, devra comporter une obligation de dialogue avec les maestros et les picadors. Ceci afin de les rassurer, de les informer de la volonté de soigner le premier tiers et
    • Valoriser le travail des picadors : annoncer par panneau particulier (ou avec les caractéristiques du Toro), le nom du picador qui va exécuter la suerte,
    • Intégrer la qualité de réalisation du premier tiers (mises en suerte, puyazos corrects) dans les critères d’octroi des trophées, notamment la deuxième oreille.

- Suggestions de modification du règlement :

    • Pour faciliter le contrôle, en piste, du bon sens de la puya : faire peindre celle-ci dès la fabrication, en blanc, côté face de la pyramide et en rouge, côté de l’arête (voir image supra, article 62) . Le public pourra donc également constater le sens de montage.
    • Président de la corrida, indépendant de la ville et de l’organisation, nommé par la CTEM. Celle-ci nomme également les assesseurs dont un vétérinaire de l’AFVT.