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¡ Viva la madre que te pario !

Une contribution de Laurent Vaubourgeix :

« ¡ Viva la madre que te pario ! »

 

Vibrations à l’unisson dans les arènes de Malaga pour donner raison aux « morantistes » et autres aficionados séduits par cette tauromachie unique dont le maestro sévillan Morante de la Puebla a le don. Ce que Morante a transmis à son deuxième de Nunez del Cuvillo dans la douce chaleur de la Malagueta, « a la tarde » de ce 21 août, relève de cette éternelle recherche pour définir ce qu’il y a de plus pur dans la tradition tauromachique.

Quand l’inspiration comble l’art pour réaliser l’œuvre et donner une « qualification » au DUENDE, Morante incarne cette émotion universelle car il ne s’agit plus de comprendre, seulement, la technique mais de libérer sa sensibilité pour communier avec l’artiste et se fondre dans l’instant présent. Et c’est là que des tendidos jaillit d’une voix fusionnelle d’aficionado cette exclamation : « !Maestro », « !Viva la madre que te pario ! »

J’ai rencontré des « morantistes » heureux d’avoir vu exécuter par le diestro à peine une poignée de passes pour satisfaire leur goût inconditionnel pour leur idole. Que dire alors ? Les séries de véroniques et de chicuelinas superbes servies dans le ruedo de Malaga dans le premier tierco, puis la faena de muleta de rêve, partie des planches dans un ballet à vous soulever le cœur, les cœurs, et où se sont succédées derechazos, naturelles, molinetes … et pechos qui n’avaient de cesse que de servir l’anachronisme inspiré des passes pour élever l’authenticité de l’œuvre à son paroxysme !

Le fer franchement administré, mais de côté, au terme de la Lidia d’une esthétique rare libère alors un public qui exulte, et fait tomber l’oreille qu’il porte dans son cœur enthousiaste, avant que le Torero lui-même confesse depuis le ruedo par un geste d’autocensure à la présidence l’absence de mérite d’un deuxième trophée.

Grande noblesse, comme le brindis respectueux à la pena «Jimenez Fortes», absent du cartel pour cause de blessure, remarquablement remplacé par Salvador Vega (une oreille), et qui n’a pas manqué d’exécuter quelques superbes chicuelinas stéréophoniques à l’amorce du deuxième tierco de Morante.

Olé, Maestro ! Olé, Olé, Olé !

 

Malaga, le 22 août 2015

Laurent Vaubourgeix