CORRIDA DE PÂQUES À AIGNAN

Dimanche 5 avril 2015 après-midi

Une fois n’est pas coutume, le temps était splendide, quoique frais à l’ombre. Les arènes quasi pleines, la piste belle ; toutefois le tracé concernant les piqueros semblait quelque peu atypique.

La présidence était assurée par Guy Tanguy entouré de ses assesseurs Josiane Capin et Marcel Garzelli.

Le lot de Concha y Sierra est d’encaste Vasquena, Nunez et Juan Pedro Domecq. Belle présentation notamment par la variété des robes : Sardo, Sardo Salpicado, cardeno et negro bragado. Les cornes astifinas et larges (3ème) ont été appréciées par le public qui applaudit à chaque entrée.

Les deux premiers ont été d’une faiblesse rédhibitoire ; heureusement la suite fut beaucoup plus intéressante. (Est-ce la diversité des origines qui explique ces contrastes ?)

Etaient-ils braves ? Nous avons noté 15 rencontres, certaines peu poussées mais grâce au 4ème nous eûmes droit à un tercio digne de ce nom (le cavalier fut renversé). La cuadrilla de Javier Castano fut remarquable  grâce  notamment à “Tito” Sandoval et Fernando Sanchez Martin.

Le bilan technique est simple : au 1er « Bordador » Castano salua au tiers après un travail sérieux devant un faible adversaire ; au 4ème il écouta quelques applaudissements après trois quart d’épée.

Manuel Jesus PEREZ MOTA ne fut pas favorisé par le sorteo. Son 1er « Pillado » très faible ne lui permit pas de mettre en valeur ses qualités entrevues l’année dernière (Vic). Avec le 5ème « Manico » il râta totalement l’estocade, mais il a dû toucher un organe essentiel car l’animal s’effondra instantanément.

Enfin, cerise sur le gâteau : Alberto Lamelas. Trois contacts en 2014 ! Une misère vu les qualités de ce maestro : il ne lâche rien, accomplit son métier avec une conscience professionnelle hors du commun. Il est une espèce d’étoile dans un ciel taurin qui en manque souvent.

Certes il eut des adversaires plus coopératifs notamment « Créativo » qui lui permit d’effectuer une faena complète, après avoir à la cape accompli trois magnifiques « largas afaroladas ». Une oreille fut accordée.

Le 6ème « Camarero » fut le plus retors, il poursuivait tout ce qui bougeait, coupa le terrain aux banderilleros (un cauchemar pour eux). Mais Alberto aime ce genre de fauves, il réussit à le canaliser grâce à des derechazos très bien liés et quelques  naturelles arrachées au péril de sa vie. L’estocade entière permit un 2ème trophée. Sortie en triomphe.

La course fut parfois atypique mais retenons la bouteille à moitié pleine et quelques gestes magnifiques.

Tous les toreros devraient s’inspirer de l’enthousiasme de Lamelas. « Et s’il n’en reste qu’un ce sera lui, il n’en finit pas de rallumer les étoiles !».

André Regagnon