14 août 2005 - Novillada à Roquefort

.......Les arènes de Roquefort ont, depuis la reprise, immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, une vocation torista grâce à Léon CAZOT qui procurait le bétail, comme il le faisait pour la plupart des petites arènes du S.-O. (pourtant, aucune n'a pensé à se baptiser de son nom).

.......Ce 14 août, il y avait une novillada de Yonnet : de Hubert (1er, 2 ème et 5ème) et de Françoise (3ème, 4ème et 6ème), tous bien présentés, mobiles et "encastés" (13 piques), tous applaudis à la sortie et à l'arrastre. .......Les lidias furent sabotées, la plupart par manque de compétences ou de confiance des cuadrillas, à l'exception de celle du 6ème, qui montra sa caste et sa classe, mais ce fut le seul réellement lidié comme il le méritait (pour les uns mais pas pour les autres, nous y reviendrons !). .......Raul Cuadrado, chef de lidia inexistant, confirma ce que l'on attendait de lui, c'est-à-dire rien : manque de sitio, bajonazo en mete y saca au 1er ; fuera de cacho au 4ème novillo de trapío et astfino qu'il tua d'une lame trasera après un avis. Au crédit le la Présidence, le refus du changement de tercio, après la première pique, ce qui montrait encore le décalage du novillero… .......David Mora était attendu après ses prestations face aux Yonnet, et à Vic devant les Justo Nieto. Il déçut énormément, à part en une série de véroniques au 2ème et des derechazos bien liés ; après il toréa de profil, se fit accrocher en trébuchant, tua de deux estocades atravesadas et de deux descabellos. .......Au 5ème, la lidia fut piteuse ; Mora ne s'engagea jamais, sans sitio, par le pico, occit le novillo d'une entière tendida et d'un descabello. .......A noter, pour ce 5ème novillo, le tercio de piques lamentable à l'initiative exclusive d'un picador français au crâne rasé, qui fut aussi mauvais qu'assassin. L'afición française qui passe aux taquillas, ne supporte plus les massacres de ce triste sire qui a sévi, dans les novilladas du Sud Ouest, à Bayonne, à Hagetmau, à Vic, à Roquefort. Trop c'est trop ! .......Alberto Aguilar, le plus jeune du cartel, confirma ses qualités bien connues de lidiador madrilène : devant le 3ème au port de tête très haut, il se battit, donna des derechazos estimables a ce novillo qui humiliait et l'estoqua difficilement en deux demi-lames dont un bajonazo. .......Le 6ème, de nom "Cassaire" (chasseur ), s'avéra être un grand novillo. Il prit quatre piques, toutes bien placées à la base du morrillo par le très professionnel picador d'Alberto Aguilar (nous indique l'un de nos correspondants qui mérite toute notre confiance), massacré, piqué 4 fois dans le haut de l'omoplate droite par l'épouvantable picador d'Alberto Aguilar (nous fait savoir un autre correspondant qui jouit, lui aussi, de notre confiance et de notre estime), en poussant fort, dans tous les cas, et sous les applaudissements nouris du public, mérités pour l'un, complètement hors de propos pour l'autre. Mais comment faire quand on souhaite en même temps applaudir le taureau et blâmer l'action du picador ? Considération plus sérieuse, cette divergence d'opinion prouve que les évènements qui se déroulent dans l'arène sont bien plus difficles à analyser et/ou à interpréter que nous croyons et qu'il faut toujours se garder de porter des jugements trop péremptoires. Les aficionados sérieux doivent savoir douter et pratiquer une raisonnable tolérance. .......Quoiqu'il en soit, bien ou mal piqué (nous ne disposons pas du recours à la video, vidéo qui, pour être interprétable, aurait dû enregistrer des images de l'action du picador sous des angles multiples), ce brave sortit bouche fermée du tercio de banderilles. Il fut en outre noble. Alberto Aguilar tira des derechazos en se croisant, mais tua mal en un bajonazo, un pinchazo et une estocade dans le rincón. .......A la demande très majoritaire du public, une vuelta posthume fut accordée à cet excellent novillo de Françoise Yonnet.

.......Le président était sans doute un amateur de musique car il la fit jouer à tous les coups et à tous propos, de façon si intempestive qu'à sa dernière faena de muleta, Aguilar la fit arrêter. .......Un président aussi mélomane, ne pouvant qu'aimer Séville, devait se recruter parmi les chauds partisans du prochain règlement Andalou. En effet, il s'y conforma progressivement au cours de la novillada faisant sonner, pour le 3ème novillo, le premier avis à 10 minutes 46 secondes, pour le 4ème à 11 minutes 45 secondes et ne faisant pas sonner d'avis pour le 5ème bien que 11 minutes 46 secondes se soient écoulées de la première passe de muleta à la mort du novillo.

.......Fait notable, le public, voulant montrer qu¹il ne voulait pas les associer à ce qui allait suivre, a attendu que les trois cuadrillas aient quitté la plaza pour laisser éclater une ovation qui s'adressait à Françoise Yonnet, présente dans les gradins. L'ovation s'est prolongée très longtemps, jusqu'à ce que Françoise descende et fasse une vuelta. Le tout a duré plus d¹un quart d'heure.

.......Il se passe toujours quelque chose de taurin à Roquefort, où il est très agréable de revenir au milieu d'un public garni, malgré la concurrence des grandes ferias, de fidèles aficionados a los toros. .......Merci aux organisateurs !