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2 ou 3 petits trucs

2 ou 3 p’tits trucs

Ma Saison France vient de se terminer en terre Dacquoise dans la déprime absolue.

Le public quitte les arènes comme ces types qui sortent d’un Sex shop et ne veulent pas qu’on les voit, tête basse presque honteux d’être venus là.

On le sait tous corrida d’expectation…Bla Bla Bla Bla Bla Bla.

Ils sont quelques-uns à applaudir tout de même, applaudir quoi ? Enrique Ponce qui a passé l’après-midi à hocher, dodeliner de la tête, insulter ses trois toros, qu’il a choisis lui-même ? ou le jeune Roca Rey qui a vite compris qu’aujourd’hui il était inutile de se la jouer sauf sur une épée…ils applaudissent n’importe quoi, de toute manière. Une montera tombée à l’endroit, une pique non donnée, puis deux puis trois puis six, une pique carioquee, pompée, dans le dos…puis deux puis trois…puis six, un cheval qui recule et donne l’illusion que le toro pousse…une épée posée en passant par Bayonne, une par Mont de Marsan, l’autre par Mugron, mais ohhhhhh combien efficaces.

« Quelques gestes » disent pudiquement les revisteros la tête déjà ailleurs…Bien sûr qu’il y a eu des gestes, quelques effluves parfumées, des senteurs enfermées dans le tissu qu’un poignet cristallin libère et qui s’envole aussitôt.

Et puis plus rien. Sinon, bien sûr, la fête, la douce, celle des nuits d’été aux soirées qui s’étirent comme le fait un chat.

Mais parler toros ? Ailleurs on dirait : « un fiasco » ici, on ne parle pas, juste une valeur sur l’échelle de la nullité, un zéro pointé et on passe à autre chose. Tout le monde peut dormir tranquille sans se remettre en question, même pas de bronca, le public est « gentil » voire « brave » aux portes grandes ouvertes de la naïveté serviable.

La faute « aux toros » comme ils disent. Mais, est-ce vraiment leur faute, eux qui ne réclament rien, ne demandent rien ? ou celle de ceux qui les choisissent, voire les imposent ?

Bien sûr il y a eu les Pedraza, la « caution toriste ». Et c’est vrai que comparé au reste, y compris les Adolfo Martin, y compris les Victorino Martin, les Pedraza sont sortis meilleurs, mais comparé aux deux autres saisons, rien à voir.

Et puis il y deux ou trois petits trucs à dire…Tiens, les Pedraza justement, ils servent de mieux en mieux, s’affadissent prennent le chemin des La Quinta, toros pour vedettes dans quelques temps ? Et puis pour les profanes savoir que ça n’est pas l’allégresse de la course vers le cheval qui fait la bravoure, mais son comportement sous le fer…au peto, colle, reins et coffre en avant poussant droit des deux cornes bref…comment juger de la caste quand le cheval « travaille » le toro, absorbant la charge en tournant sur lui-même, l’écrasant de son poids, ou reculant pour ne pas avoir à subir la poussée donnant l’illusion de la force a un toro faiblard…

Et puis la musique qui envahit le ruedo, qui joue avant même que le matador ait changé de main, qui joue encore même quand le torero a été désarmé, qui joue encore à l’arrastre masquant les quelques sifflets quand tout est décevant, les clarines qui sonnent intempestivement même durant la pique n’attendant pas que celle-ci soit terminée, et je ne parle pas des partitions données au chef d’orchestre qui devra jouer tel morceau au moment décidé…ni du chanteur paye pour donner l’aubade ni spontanée ni méritée souvent, reste alors une question lancinante, et le toro dans tout ça ?

Et les épées, données de travers mais efficaces donc applaudies, donc oreille, quand les véritables sincères, de face al recibir, al encuentro en volapié mais un peu basses, mais un peu tombées.

Que vaut-il mieux voir, une épée sincère mais mal placée ? ou une épée trichée mais efficace ? Quand tombent les oreilles ?

J’ai vu tout ça, encore, ici, mais ailleurs.

J’ai aussi vibré par la magie de quelques passes, quelques moments fugaces, ce que j’appelle le syndrome du Carmina Burana (tout le monde connait le premier mouvement, mais peu l’écoutent en entier.) on se contente de peu et compare au reste cela devient un « must »

Terminées les tertulias sincères avec des acteurs du milieu taurin, on ne les voit plus qu’à Céret, les autres sont entre eux, et bien vite oublient ce dont nous parlons des jours après, ne se confrontant aux aficionados que très rarement. Aficionados qui dès qu’ils l’ouvrent sont relégués au nom d’ayatollahs, de casses couilles et autres insultes.

La corrida ne devrait pas être un spectacle de domptage ou de cirque, les toros ne devraient pas être juste un faire-valoir. Un veedor devrait être jugé aux résultats. Et les élevages catastrophiques aussi, et punis ne devraient plus remettre les pattes dans une arène de première catégorie pour un temps. Ni d’ailleurs ceux qui les imposent…oui, mais alors l’économie locale ? vous voulez dire, notre porte feuilles, mais monsieur j’ai vu moitié moins de courses cette année et je m’en porte bien…alors ?

Enfin, la presse et les pseudos blogs qui encensent tout, et son contraire, de peur de ne plus être invités au bal….

Oui la saison Dacquoise ferme quasiment la saison française pour ce qui me concerne, et je précise que je conchie allègrement celles et ceux qui ne voient pas le désastre…ou ne veulent pas le voir, et m’insultent, voire me « censurent » dans mes écrits qui leur irritent la suffisance, sans avoir le courage de s’adresser directement à moi.

Heureusement il y aura eu Vic Fezensac, Orthez, et quelques autres places ou ça n’a pas marché mais qui demeurent sincères dans leur démarche…il faudrait être idiot pour imaginer qu’ils programment un échec, voire le renouvellent.

Alors on s’accroche au détail, au fameux geste, le sourire donné à la fenêtre et  que l’on ne reverra jamais dixit Brassens.

Et la photo d’Ivan Fandino, partout, qui tempère toujours tout cela, et nous font oublier ces 2 ou 3 petits trucs….parce qu'il ne viendra jamais plus nous faire ce clin d'oeil qui disait son courage.

CHF

Comment ne pas être d'accord

Comment ne pas être d'accord à 200% avec votre réflexion .J'étais au mano a mano Ponce/Castella à Nimes (mauvaise inspiration !).Catastrophe .Tout ce que vous détaillez, on pouvait le vivre .Lamentable .Un monde d'écart avec la course Miura/Baltasar Iban la semaine précédente à Arles. Heureusement qu'il y a encore Céret et Vic.Il reste encore Mont de Marsan le 30 .Si dios quieres ! 

manolo

 

Comment, effectivement, ne

Comment, effectivement, ne pas être d'accord, quand nous partageons les même envies, les mêmes passions, avec cette passion et cette envie de comprendre ce que l'on voit. Les dérives de comportements et d'apreciations venant des gradins doivent beaucoup au formatage du spectateur dont les critères de choix et de jugement sont déterminés par le nombre d'étoiles qui scintillent sur l'affiche du cartel, même lorque l'élevage n'est pas connu par avance... Les organisateurs, les médias, ont leur part de responsabilité, guidés qu'ils sont par des motifs mercantiles, ou simplement par les figuras. Comme vous l'évoquez, l'ouverture à la connaissance passe par les tertulias dont la tradition faiblit, mais aussi par le travail à accomplir par les clubs taurins.