28 août 2005 - Novillada à Carcassonne

Les novillos de Zaballos étaient au rendez-vous !

…….Beau temps, deux tiers d'arène.

…….Quels novillos ! ....... Miguel Zaballos a présenté à Carcassonne un lot remarquablement homogène. Les six novillos étaient grands costauds, noirs, bien armés, avec des cornes relevées à la mode Saltillo. Ils subirent au total douze rencontres avec la cavalerie mais prirent des piques avec plus de genio et de nerf que de véritable bravoure. Le 4ème et surtout le 6ème étaient des mansos "encastés". …….Ils possédaient tous un fond de noblesse qu'il fallait savoir exploiter au troisième tiers en ne leur permettant pas de perdre la muleta de vue. Ils apprenaient très vite s'ils n'étaient pas dominés. De grande race et solides, ils arrivèrent à la mort bouche fermée. Ils furent tous applaudis à leur entrée en piste et à l'arrastre.

…….En face, les novilleros parurent bien verts et bien tendres. …….Le premier novillo prend une première pique convenable puis une seconde plus brève dont il sort seul. Ismael Lopez ne parvient pas à faire baisser la tête et à allonger la charge au troisième tiers, se résout à faire un peu de chasse mouches devant les redoutables cornes, porte 7 pinchazos puis une vilaine estocade caida et atravesada.

…….Jimenez Caballero devait se faire encorner par le deuxième novillo après nous avoir montré les meilleurs gestes de l'après midi. Il l'avait accueilli par de bonnes véroniques avant une première pique prise en faisant tinter les étriers, dans un style de manso, puis une seconde en sortant seul. A la muleta bonnes séries, allongées et "templées", à droite et à gauche. Musique ! Mais l'animal avertit le novillero qui semble douter, se reprend, donne une belle naturelle, se relâche trop tôt et se fait attraper lors de la seconde. Cornada de 15 cm dans la cuisse ! Il est emporté à l'infirmerie puis transféré à l'hôpital de Carcassonne. Le chef de lidia, Ismael Lopez en termine rapidement par bajonazo. …….La cuadrilla de Jimenez Cabellero chaleureusement applaudie, fait la vuelta. …….Conformément au règlement, Joao Antonio Feirrera devra estoquer le deuxième novillo de Caballero en sus des deux siens. …….Désormais une ambiance de tension et de drame va peser sur le ruedo et sur les tendidos rendant les toreros plus circonspects et les spectateurs particulièrement attentifs.

…….Le troisième novillo crochète des deux côtés dans les capes. Il prend une pique superbe au cours de laquelle il pousse jusqu'à amener le groupe équestre, dont "Fritero", au centre de l'arène. "Fritero" maîtrise, "fluctuat nec megitur". Novillo difficile à banderiller et à "lidier", certainement le novillo le plus compliqué ! Joao Antonio Feirrera essaye de se battre avec courage mais est dépassé par les évènements. Pinchazos, estocade, descabello. Demande d'oreille bruyante, encore une nouvelle fois orchestrée par la cuadrilla, mais minoritaire. La Présidence ne cède pas et c'est tout à son honneur ! …….Ferreira fait la vuelta.

…….Le quatrième novillo saute au cou du cheval lors de la première pique, un peu comme le faisaient les Miuras d'antan. Il subit deux autres piques dans le même style. …….Ismael Lopez s'empêtre dans des essais de naturelles, le novillo ayant semblé plus abordable sur la corne gauche, puis baisse rapidement pavillon. Nouveau désastre à l'épée : 7 pinchazos, une affreuse estocade caida.

…….Le cinquième novillo est bien reçu dans la cape de Ferreira. Il prend une seule pique toujours à la manière peu franche de ses frères. Feirreira, on le comprend, ne plante pas les banderilles se réservant de le faire au dernier. Bonne faenita avec de jolis détails à gauche. Musique ! Trois quarts de lame, trois descabellos. …….Le dernier novillo, le plus grand des six, apparaît sous des applaudissements nourris. Il se voit imposer trois rencontres avec la cavalerie au cours desquelles, étant peut-être le plus manso, il ne s'emploie pas beaucoup. …….Ferreira sut faire front, planta les banderilles, se battit avec courage. …….Alors, malgré une estocade trop tendue qui fut très longue à faire effet, bien que la demande ne fut pas majoritaire, sans considérer la cuadrilla, encore une fois vulgairement quémandeusse et bruyante, le palco présidé par Guy Fesquet, doyen du Cercle Taurin Carcassonnais, tint à distinguer le jeune Ferreira pour l'ensemble de son courageux labeur et laissa tomber une oreille !

…….Ce fut un bel après midi intense. Il y eut de superbes novillos qui tinrent tout le monde en haleine, des tercios de pique dont le public comprit la necessité et qu'il ne siffla pas, des novilleros trop inexpérimentés mais courageux… …….Le public Carcassonnais qui est lui aussi, comme les novilleros, en apprentissage, découvrit avec admiration, après la relative déconvenue de la veille, ce que pouvait être un taureau de combat de 3 ans. Dommage qu'il ait ignoré qu'il pouvait inviter le ganadero à faire la vuelta. Mais ce sera pour une prochaine fois !

…….Bravo à l'organisateur, le Cercle Taurin Carcassonnais !