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ADAC CERET

 ADAC CERET

 

Regarde, regarde la pierre, car la pierre est partout.

Sous l’arcade là bas, sur la place pavée.

Dans les murs du musée aux marbres travaillés

Aux remparts qui s’étendent au soleil de midi.

Jusqu’au vieux pont de pierre, ou roulent les rochers.

Dans le Tech qui se love, lascif, en contrebas,

Les ruelles pavées qui traversent Céret

Regarde, regarde la pierre, car la pierre est partout.

Et Céret qui s’appuie sur sur le roc de Fontfrède

La pierre est de mémoire,  la stèle est ciselée.

Là haut le pic de garces qui domine éthéré.

Regarde, regarde les murets, fabriqués de main d’homme

Regarde, les fruits rouge sang, tirés du cerisier.

Ici la Catalogne, la ville, la cité, ici : Céret.

 

Au delà des sommets, des brumes éparpillées,

Où l’aigle si léger jette un œil acéré,

Là ou la dure pierre, et la cobla résonne

Là, ou se ride l’eau, rivière, et Méditerranée,

Quelques hommes s’unissent depuis bientôt trente ans

Perpétuer leur rêve et puis le partager

L’ADAC comme un drapeau, un étendard levé

Celui du toro brave, celui du toro vrai.

Ici pas de semblant, aucune fausseté,

On ne fait pas de cirque, mais si l’on veut jongler

C’est avec le courage et la sincérité.

Que se nourrissent ceux qui en ont décidé

Ici est une véritable terre de fierté.

Qui porte en trente ans, de réelle amitié.

 

Dans le petit ruedo, connu du monde entier,

Les hommes écrivent aux hommes, des pages de courage.

Il faudrait s’approcher, tout près, plus près, encore,

Sentir l’odeur musquée, sentir le souffle rauque.

L’histoire du monde écrite dans le cœur d’un “toro“.

Approche, encore, plus près, si frêle frère humain,

Avance main tendue, vers l’énigme sacrée,

Dans son œil arrondi, un monde de secrets.

Tous, les hommes, les pierres, les oliviers,

Tends la main, frère humain, vers sa tête bouclée.

Dieu, qu’il est immense, ce monstre d’énergie,

Il traverse l’arène et depuis quelques trente ans,

Il donne sur nos peaux, ce frisson exaltant

Que la Sainte Espina souligne en vibrant.

 

S’approcher de la corne, et sa pointe acérée

Baiser fiévreusement la bouche de la mort,

Si elle sent la terreur, d’un coup sec elle tue.

Mais si nous l’embrassons, sans lui montrer nos peurs,

Elle prend notre main, nous mène au grand jardin,

Nous fait passer la grille, voir de l’autre côté,

Danser sur la margelle, jusqu’à la fin des temps.

La mort ou le triomphe, la laideur de la plaie,

La beauté de la vie, sans cesse renouvelée.

La grandeur de l’humain en sa simplicité.

Toute l’histoire des hommes confondue en l’instant

Ceux qui dans nos mémoires accompagnaient nos chants

Et riaient avec nous d’être encore vivants.

Depuis presque toujours, depuis presque trente ans.

 

CHF