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aficion France...Espagne...?

Arene ou plaza de toros…c’est comme on veut

Comme pour le pendule de Foucault, prouvant la rotation de la terre, on se rend compte très rapidement qu’effectivement la terre tourne bien, et les idées reçues aussi.

Ainsi en va-t-il de l’image donnée en Espagne par L’aficion Française qui serait, aux dires des Espagnols, bien plus sérieuse qu’en Espagne, ce dont je doute sincèrement.

Tout d’abord il faut noter que l’aficion Française se regroupe essentiellement dans le grand sud, je n’ai pas dit les aficionados…mais l’aficion. En effet les arènes Françaises se situent toutes au sud du Pays quand elles sont partout en Espagne…et quand comme moi on passe devant des arènes quasiment tous les jours, que les penas et clubs taurins vivent à l’annee, on est en manque si l’on ‘monte’ vers le nord.

Ensuite les jeux taurins globalement se situent au même endroit, qu’il s’agisse de corrida, d’écarteurs Landais ou bien camarguais, au Sud quand on trouve des corridas, des recortadors ou encore des encierros et autres Toros de rues sur tout le territoire Espagnol.

Enfin, la désacralisation de la corrida comme entité entière de la fête, en Espagne, qui ouvre toutes grandes, les portes des lieux taurins, quand en France il faut des passe-droits et beaucoup de gens qui se prennent très au sérieux pour les garder fermées, peuvent donner l’illusion d’une attention plus certaine.

Je me souviens d’une discussion avec un torero Sud-Américain qui me racontait qu’a sa première corrida en France il croyait le public fâché contre lui, le silence des arènes l’avait impressionné et il avait mis cela sur le compte d’une prestation ratée alors que ce silence est assez flagrant en France. Notamment à la mise à mort ou l’on entend systématiquement des : chut, et silence ….

Comme le disent les D’jeuns d’aujourd’hui : faut vous détendre les gens, la corrida n’est pas la messe. Et on peut parler pendant une course…en revanche le mouvement permanent du callejon, lui, peut perturber considérablement un toro, donc, avis aux amateurs.et autres invités (qui n’ont d’ailleurs la plupart du temps rien à y faire.) mais allez voir des corridas dans des villes moyennes en Espagne et le joyeux bordel qui y règne est a mille lieux des arènes françaises, ne serait-ce que par le casse-croute de l’après troisième toro

Au siècle dernier (sic) lorsque j’allais au campo et il y a encore peu de temps, l’accueil des Espagnols était surprenant de gentillesse, de simplicité et de richesse d’échanges. Depuis peu, la visite des fincas se monnaye et s’organise en visite touristique, là où elle était sincérité et véracité nous montrant l’activité globale de l’élevage, sans lieux spécifiquement dédiés à l’accueil du touriste. Visiter un élevage a l’impromptu est de plus en plus difficile a faire.

Enfin des places de corridas succombent a la présence étrangère de masse (je ne parlerai pas de Pampelune) mais par exemple Azpeitia, au nom si exotique, et qui est devenue la coqueluche des Français et l’endroit où il faut être vu…corollaire de ce succès, bizarrement le niveau taurin baisse (est ce l’influence de l’un ou bien la baisse généralisée des ganaderias de respect qui agit sur le sujet ?)

Pour finir, l’animalisme qui explose en Espagne ou sans doute, la guerre civile et la pauvreté ont pendant encore des lustres et jusqu’à nos jours maintenus une image de l’animal domestique comme un poids économique, se libère aujourd’hui et l’on n’a jamais vu autant de chiens dans les villes petites ou grandes d’Espagne) Du coup le militantisme souvent politisé et anti Espagnol, comme la Catalogne ou une partie du Pays basque cible la corrida, aujourd’hui….alors que les Végans, anti tout et autres donneurs de leçons nous  empapouetent la vie depuis bien longtemps ici, en France. Nous ayant obliges a nous structurer et nous organiser quand l’aficion est un acte totalement personnel et indépendant.

Le fait de ne pas, ou de mal parler Espagnol, est un handicap certain dans les échanges avec nos amis ibères, mais pour en croiser quelques-uns a l’annee et avoir des amis très taurins, finalement nos avis sont toujours assez proches…l’écart de l’aficion ne me parait pas réel. C’est juste la vision que nous pouvons en avoir, la gradation géographique et l’approche philosophique et culturelle qui donne un effet de prisme.

Jeune, je rêvais de l’Espagne taurine, comme d’une histoire fantastique, les voyages se préparaient, duraient plusieurs jours et les informations étaient au compte-gouttes, aujourd’hui tout va vite et la communication a pris le dessus sur la présentation, le buzz, le Teasing sont entres dans le langage taurin (preuve si besoin était que la chose n’est pas si archaïque…)

Mais ce qui est certain c’est que si la terre tourne bien, le pendule de Foucault entend toujours les mêmes belles choses et les mêmes âneries, provenant des mêmes gens, et ce, quels qu’ils soient et d’où qu’ils soient. Il suffit pour s’en convaincre de lire et d’écouter quelques médias taurins des deux côtes de nos montagnes…voire, a la sortie des arènes…ou Plaza de toros, c’est comme on veut. (Et je m’inclus la dedans)

CHF