Après la pluie de 2018 vient le beau temps. Deux jours de toros pour qui aime les taureaux, un brin de nostalgie avec le retour des Concha y Sierra et les marquis d'Albaserrada, un brin interrogatif avec la programmation des Couto de Fornilhos et de l'attention pour le comportement des becerros français qui ont mis en difficulté leurs jeunes adversaires. Au final un bétail de très belle présentation, certains conformes au format madrilène, au comportement inégal qui a marqué les esprits par de belles poussées à la pique comme on n'en voit plus beaucoup ; à ce titre Alès s'est octroyé quelques « charges » d'avance en ce début de saison.

Deux jours de toros placés aussi sous le patronage de Manolo Vanegas que nous avions découvert ici en non piquée dès son arrivée en Europe, on se souvient de la dernière participation en novillada quelques jours avant son alternative vicoise ; nous lui souhaitons la meilleure récupération possible après son dramatique accident. Quelle planta torera ! Suerte torero !

Temps estival, pas de vent, cavalerie Heyral et une belle affluence.

 

Samedi 01 juin 2019 desafio encaste minoritaire avec 3 Concha y Sierra versus 3 Marquis d'Albaserrada.

Á noter un palco à la tendance très Nouvelle Aquitaine : Orthez, St Perdon et Alès. Un regret personnel que les taureaux soient sortis par encaste et non alternativement ? sorteo oblige, j'imagine.

 

Concha y Sierra. Bien présentés le 1 et le 3, moins de tête le 2, ils ont été applaudis à leur entrée.

Le premier, un gratteur né bien armé a poussé le cheval à la première pique sur 10 à 15 mètres, tardo aux banderilles il se défend sur place et restera inédit Marc Serrano ayant rapidement renoncé à contourner et à rectifier son comportement. Mort difficile après 2 avis.

Le deuxième, sans trop de tête, pousse au premier assaut d'une seule corne, subissant la deuxième rencontre sans broncher, il sera sans classe aux banderilles. Francisco José Palazon fait avec la charge molle du taureau qui s'éteindra rapidement, Il se fera toutefois désarmer par 3 fois (dont 1 à la cape) avant de conclure d'une belle épée précédée d'un pinchazo.

Le troisième s'emploie peu à la première pique et ne donne rien à la deuxième. La faena, longue à démarrer ne vaudra que par la pression imposée par Alberto Lamelas qui tuera d'un bajonazo.

Marquis d'Albaserrada. La présentation est exceptionnelle en trapio (520 à 580 kgs) et pour les armures ce qui provoque les applaudissements à chaque entrée en piste, ils ont plus de 5 ans.

Golfo, le premier Albaserrada renverse Gabin et son cheval. Photo : Michel Lezer

Le premier bien dans la cape renverse l'équipage de Gabin Rehabi qui reste coincé sous son cheval sans mal apparent. Le cheval étant blessé c'est le réserve qui sert la troisième pique. Tout a été vu puisque le taureau restera inédit Marc Serrano renonçant à le lidier ce qui provoque les sifflets et les applaudissements à l'arrastre.


Spectaculaire "batacazo" provoqué par le taureau Jerezano du Marques de Albaserrada contre le picador de Palazón

Photo : Michel Lezer

Le deuxième renverse lui aussi la cavalerie en poussant fort aux 2 premiers assauts et viendra du centre à la troisième pique. Salut du picador qui se verra offrir le taureau par son maestro FJ Palazon. Mou aux banderilles il ne permettra qu'une faena droitière sans charge qui sera mal conclue à l'épée.

Le troisième acceptera 2 piques sans relief. La faena vaudra par l'engagement et l'émotion voulus par Alberto Lamelas qui déclenche la musique, obtient une pétition majoritaire et l'oreille qui va avec malgré une épée bien trop basse.

Si les Concha y Sierra ont déçu, les Albaserrada se sont distingués au premier tiers. Côté piétons, il faut retenir la bonne prestation de Palazon qui a du sitio et ne manque pas d'élégance, il mérite d'être revu.

 

Dimanche 02 juin 2019.

En matinée le premier trophée du Tempéras « Souvenir Philippe Cuillé » a été attribué à Solalito qui a peiné devant les becerros de Barcelo et Durand. Nino Julian a lui aussi rencontré des difficultés devant du bétail bien présenté qui ne manquait ni de force ni de moral.

Corrida 6 Couto de Fornilhos 6 pour Javier Castaño, Javier Cortès et Gomez del Pilar.

Les taureaux sont lourds (de 530 à 578 kgs) et sont très armés ; dans le lot quatre d'entre eux ont 5 ans et plus. Ils ont tous montré un fonds de mansedumbre et un manque de moteur. Ils ont poussé au cheval mais sans violence avant de ne pas s'employer à la muleta.

Après un accueil sans saveur à la cape, 3 piques poussées et salut de aux banderilles, la faena de Javier Castaño se fera sur la corne droite par mini séries de 2 passes. La seule tentative à gauche sera par naturelles aidées. Il conclut en effaçant la généreuse corne droite et réussit une entière en place. Salut au tiers.

Á son second travail de cape sans saveur tout comme les piques sans style par manque de conviction du taureau. Salut du banderillero. Javier Castaño perd vite la main à droite et rencontrera des difficultés à gauche toréant de fuera sur la défensive. Un pinchazo précède une épée en place. Silence.

Javier Cortès double bien son premier avant une pique poussée. La pose des banderilles est rendue difficile par un taureau qui coupe les terrains. L'entame de faena méritoire précède 3 séries dominatrices à droite suivie d'une série à gauche par naturelles aidées. Bel engagement à l'épée qui est vraiment tombée. Pétition minoritaire et vuelta.

Son second se fixe au centre et refuse de tourner à droite. Manso, il est difficile à mettre en suerte et poussera aux piques 1 et 3. Le torero alternera sur les 2 cornes sans rien apporter de notable le taureau n'ayant pas de charge. Entière en place et salut au tiers.

Le premier taureau de Gomez del Pilar est du genre distrait. Il erre dans l 'arène et ira au cheval 3 fois ne s'employant qu'au premier assaut. Son manque de fixité pose problème aux banderilleros avant qu'il n'investisse le callejon. Le taureau sans charge et peu lisible dans ses intentions se défend sur place plus qu'il ne combat. Il est difficile à cadrer pour en finir d'une épée très basse après un avis.

Son second accueilli à genoux est lourd (582 kgs) et âgé (5 ans et 4 mois). Il va 3 fois au cheval dont une a sa propre initiative. Son manque de force mène à une faena non liée, soporifique et longue à l'infini mais l’opiniâtreté paye puisque l'épée en place déclenche une pétition majoritaire et l'attribution d'une oreille.

En conclusion, une belle présentation mais seuls 2 taureaux à distinguer le 2 et le 6.