A l’occasion du centenaire de la disparition de José Gomez Joselito, le président de la prestigieuse peña madrilène "Los de José y Juan" était l'invité du CTP.

Par-delà l’évocation des principaux impacts de la courte et intense carrière de ce torero de dynastie qu’est Joselito sur l’histoire de la tauromachie (technique du toreo notamment en matière de liaison entre les passes, sélection des toros en vue d’une combativité plus épurée, création d’arènes monumentales permettant l’accueillir un plus large public, importance donnée aux moyens de communication comme la photo ou l’image animée…), ce grand connaisseur de l’afición madrilène, co-auteur de Adiós Madrid, paseos por el Madrid taurino (1998), s’est attaché à faire apparaitre combien les valeurs que révélait la trajectoire de Joselito et celles qui animent les passions du public de Madrid dans sa diversité se révèlent assez  proches : exigence d’authenticité, valorisation de l’engagement face au risque assumé, défense d’une plus large ouverture populaire du spectacle taurin ou encore fierté dans l’affirmation d’une légitime prééminence (plaza numero uno ou plaza cátedra). Mais tant l’approche du public madrilène et sa longue histoire que les leçons de l’âge d’or du toreo nous apprennent que la dynamique de la fiesta de los toros a besoin de la confrontation stimulante entre les aficionados qui privilégient la puissance du fauve et le courage des hommes capables de s’imposer à eux (aficionados integristas) et ceux qui accordent une importance majeure à l’élégance et à la perfection des formes (aficionados esteticistas) comme le classicisme du toreo moderne a eu besoin au début du siècle dernier aussi bien de la domination du toreo reunión de José que de la quiétude du sin enmendarse de Juan. Bref une commémoration partagée au service de l’actualité et du futur de la Fiesta.