NDLR: Il n'est pas habituel de publier  sur le site de la FSTF des compte-rendus de corridas organisées hors de France. Toutefois Azpeitia se déclarant arène toriste et revendiquant une participation significative de l'aficion française, il est apparu important de marquer l'édition 2019. Cette publication sera suivie d'une lettre aux organisateurs afin de leur communiquer dans un esprit constructif les observations formulées par nombre de spectateurs de ce côté-ci des montagnes.

Azpeitia mercredi 31 juillet 2019, première corrida, toros d'Ana Romero, au cartel Daniel Luque, David de Miranda, Adrien Salenc.

Les Ana Romero ont été décevants, peu armés, même pour des buendia, et surtout des cornes qui interrogent, beaucoup courtes ou inégales, épointées, fragiles....

 Aucun n'a pris deux piques. Le 5 s'est effondré sous la puya et a dû être changé. Pour une place réputée torista comme Azpeitia c'est pas normal. Et cela vous ne le trouverez pas dans la presse... Les trois premiers ennuyeux, faibles, sans chispa. Le 4 était le mieux. Le sobrero du 5 (Salvador Gavira, deuxième fer d'Ana Romero) , un negro, plus vif, a gardé la tête haute (une seule petite pique dont il est sorti immédiatement, en aurait mérité deux). Il ne m'a pas déplu, mais David de Miranda, pas à l'aise devant, n'en a rien fait.

Le 6 n'était pas mal non plus en comparaison des premiers.
Les toreros. Un seul à retenir Daniel Luque à son second (le 4). Difficile à droite, il l'a pris à gauche par des naturelles correctes. D'un geste de la main, il a fait taire la musique que venait de déclencher la présidence et a repris le toro à droite, qui, dominé, est passé. Visiblement il se régalait. Il jette l'épée et finit par quatre luquesinas avant de tuer d'une entière desprendida. Deux oreilles, une de trop pour moi.
A son premier, constamment sur le voyage, il a eu un rappel, je suis resté silencieux.

David de Miranda, en dépit d'un toreo de profil et lointain obtiendra un rappel au 2 et ne fera rien au 5.
Adrien Salenc qui toréait pour la deuxième fois après son alternative à Istres en juin a tenté de se croiser à son premier, un rappel, silencio pour moi. Au dernier toro de la tarde, il a usé du pico à droite, et s'en est mieux sorti à gauche. Après un rappel il a décidé de s'accorder une vuelta. A noter deux desplante, un devant chacun de ses toros, mal venus. Bon, il est jeune et reste sincère, à suivre.

 

Tout à l'heure, Pepe Moral que j'ai vu ce matin au Balneario de Cestona où je suis, de même Tomas Angulo que je ne connais pas, et sa cuadrilla, dont un banderillero avec qui nous avons pu échanger. Entre les deux, Juan Leal, remis de sa blessure de Madrid, et qui hier était à Azpeitia, dans la plaza.

Jeudi 1er Août 2019, deuxième corrida, toros de Murteira Grave, au cartel Pepe Moral, Juan Leal, Tomas Angulo.

Un lot inégal de Murteira Grave dont se détachent le quatre, astifino, noble et présent tout au long de la faena, et le cinq. Encore un invalide en numéro un, un faible deux, un trois manso et décomposé, un six plus compliqué qui perdit vite sa charge.
Au total un lot meilleur que les décevants Ana Romero d'hier.
Pepe Moral ne put rien faire sur son premier, invalide ne tenant pas debout, qui tomba et retomba.  Passons. Il eut plus de chance à son second, le meilleur du lot, noble, armé, astifino, le seul à recevoir deux piques, au demeurant mal posées, le cheval perpendiculaire. Il enleva las zapatillas après une série de derechazos trop raides. A gauche se fut plus compliqué. Il toréa trop vite, sans temple, et aurait à mon avis pu tirer meilleur parti de son partenaire. Une épée efficace, mais tendida et pasada. Aplausos al toro. Petite pétition d'oreille. Pepe Moral s'accorde une vuelta.
Juan Leal hérita d'un faible second, qui après avoir mis le groupe équestre à terre (aplausos mérités au monosabio qui protégea le cheval) perdit sa charge trot tôt. Son frère Marco posa deux bonnes paires de banderilles avant de saluer. Juan Leal débute au centre en faisant passer le toro dans son dos. Suivent des droites avec du pico puis des gauches croisées et avec un bon poignet, pour finir devant le toro qui n'en peut plus par des passes en rond, des naturelles de la droite et un changement de main. Une entière engagée, non concluante et trois descabellos après un avis. Le rappel est mérité.
Son second, le cinquième de la corrida, ne poussa pas sur l'unique pique qu'il reçut, mais fut par la suite un bon toro, présent, chargeant tête basse. Juan Leal débute au centre par quatre droites de rodillas. La muleta est par la suite accrochée à droite, mais sincère comme il l'est toujours Juan Leal se croise des deux côtés. Comme à son premier il finit devant les cornes par des passes en rond et tue d'une épée engagée et efficace. Grosse pétition d'oreille accordée, la seconde, demandée par le public est justement refusée. Deux vueltas après aplausos al toro.
Tomas Angulo a pour lui son envie. Son premier se décomposa vite et donna de la tête. Tomas Angulo ne trouva pas le sitio. Le sixième de la tarde, sans caste aucune et saltarin, accrocha la muleta. Tomas Angulo ne put le maîtriser. Il me fit peur. Le public le gratifia d'un rappel, probablement pour son envie et son courage.

Vendredi 2 Août 2019, troisième corrida, toros de Salvador Gavira, au cartel Curro Diaz, Ginès Marin, Angel Tellez.

Bravo aux organisateurs pour faire découvrir des élevages peu connus, en l'occurrence Salvador Gavira García, mais déception, entre faiblesse et noblesse molle comme dirait Francis Wolf. Visiblement le Domecq a balayé ce qu'il restait de sang Marzal.
Curro Diaz a fait le job devant son premier, faible et poussif. En fin de faena il se fera attraper, heureusement sans grande conséquence. Un toro, même s'il a perdu sa charge, reste un toro.
Il aura une oreille à son second, encore un faible sans transmission. Noblesse molle qui sera applaudie à l'arrastre.
Gines Marin hérita d'un bonbon, un soso. Il s'est fait plaisir, citant de loin, passes en rond et bernardinas. Une épée entière et efficace après pinchazo et avis. Une oreille.
Son second, le cinquième de la tarde, n'avait aucun intérêt, noble oui mais mou, à genoux après la première droite. Gines Marin prolongea la faena, trop. Le toro n'en pouvait plus, mort de fatigue avant l'épée. Un desplante mal venu, six pinchazos et avis, descabello. Silencio.

Angel Tellez torée le troisième de l'après-midi. 500 kilos, look de novillo, à genoux dès le début de faena. Il se retourne à gauche. Tellez insiste et tente de se croiser. Il finit en manoletinas. Une entière en place après un metisaca. Quelques aplausos al toro et rappel du torero.

Son second, le dernier de la corrida, est le seul à avoir mis les cornes au cheval. Il fut moins captivé par la muleta que ses camarades, regardant à droite et à gauche. Tellez a tenté mais le toro s'est éteint, je me suis ennuyé. L'aviso a tardé. Un metisaca comme à son premier. Une entière delantera. Rappel.
Au total une corrida décevante, qui est allée à menos.

Le cru 2019 d'Azpeitia laisse un goût amer à l'aficion française torista. Sur 18 toros un seul a eu droit à deux piques. Elles furent par ailleurs souvent mal posées, et en dehors de la première course, toutes les piques sauf une étaient montées à l'envers.
Je ne retiendrai aucun toro et une seule faena, la seconde de Luque.

                             Carton jaune à Azpeitia.