Féria de l'Atlantique 2017, de grandes fêtes taurines !

De bonnes raisons poussaient à se rendre à Bayonne pour la féria de l'Atlantique en particulier la présentation en France des toros de l'élevage propriété d'El Juli et le très bon niveau des toreros annoncés.

Au final, les produits d'El Freixo ont surpris favorablement les aficionados même s'ils restent perfectibles, laissant un total de 5 pavillons. Leur comportement a laissé apparaître une mansedumbre et des défenses de la tête qui ont contraint les toreros à s'employer pour les dominer quand ils ont pu le faire; tous ont eu tendance à se décomposer sur la fin. 13 piques données où ils ont chargé mais sans trop pousser dans le cheval, en donnant de la tête et en se collant au caparaçon. L'impression est donc globalement bonne et il sera intéressant de juger de l 'évolution dans le temps, le genio apprécié par les aficionados les rendant malheureusement impropres à un usage par les figuras actuelles...

 

Le samedi 2 septembre, des taureaux ,donc, et des hommes

Ils ont participé à l'émotion qui a régné dans les arènes silencieuses de Bayonne en mettant les toreros devant leurs responsabilités avec dans l'ordre croissant des prestations un Andrès Roca Rey assumant les risques pris mais qui manque encore de poder sur ses adversaires, Juan Bautista qui s'emploie à la perfection avec maîtrise et grande lucidité, faena conclue par un recibir d'anthologie, un de plus, je ne vous dis pas l'effet sur le public ! (2 oreilles) et un Paco Ureña très présent, faisant le quite aux 2 taureaux de JB et surtout s'employant au delà du raisonnable à son second dans un combat âpre (héroïque ont dit certains) où rien ne pouvait l'arrêter, et ceci après une voltereta douloureuse à son premier (3 oreilles).

 

Le lendemain dimanche 3 septembre, place aux hommes :

La finale des novilladas sans picador souffrira de la faiblesse des Camino de Santiago, très bien présentés cependant, qui ne permettront pas d'établir une juste hiérarchie entre le salamanquais Manuel Dios Leguarde qui bénéficiera du meilleur lot lui permettant de vaincre et le mexicain Arturo Gilio qui faute d'adversité ne pourra confirmer les qualités montrées le vendredi.

 

En soirée des hommes affrontant des taureaux que la comparaison avec le bétail de la veille rendait avec raison bien fades. Dans l'ordre croissant des prestations Antonio Ferrera a déçu, à la peine à son premier et donnant l'impression de ne pas s'engager à son second ce qui provoquera l'ire du public et... la mauvaise humeur du diestro vu pourtant à son avantage dans d'autres arènes, José Garrido qui s'est bien battu mais n'a pas totalement maîtrisé ses sujets et un Sébastien Castella qui nous a régalés et qui, d'évidence, a pris grand plaisir à combattre les Bañuelos qui lui laisseront 4 oreilles qui n'en valaient que 3. Les taureaux n'ont pas brillé à la pique (12 piques règlementaires) sauf le 6 à la première où il poussera fort et sur la distance. Le changement du 3° pour boîterie n'était pas évident mais faisons confiance aux vétérinaires présents dans le callejon et la vuelta du 5° demandée par le maestro et le public était exagérée, les deux belles piques, seule la première ayant été poussée, ont donné l'illusion d'une réelle bravoure.

 

Pour résumer, le public enthousiaste a assisté à deux grandes leçons de toreo avec dominio, lenteur et variété des gestes, conclues par de belles épées de la part de Juan Bautista et Sébastien Castella et à une leçon de sincérité et de courage de la part d'un Paco Ureña qui a fini décomposé par la pression et son engagement hors du commun.

 

Les Présidences ont été contestées par le public pour certaines de leurs décisions et critiquées par d'autres pour les avoirs prises. Bien sûr il est difficile de trancher quand une prestation vaut un peu plus d'une oreille et pas deux comme le veulent les spectateurs... Ouvrons les yeux : éduquer le public sera très compliqué, mais pourquoi ne pas essayer d'écrire les critères de base qui devraient fonder l'attribution des trophées, ce serait une première étape qui permettrait de communiquer. Angélisme ? Non ! Nécessité fait loi.