Après un samedi décevant, le cru de Céret 2019 s’avéra bien meilleur le dimanche avec notamment la course de l’après-midi qui mit en valeur les toros de Saltillo.

Le matin, lors de la novillada des Monteviejo, le Français Maxime Solina nous gratifia de gestes remarquables et d’un entrain communicatif. Céret reste donc une plaza atypique qui sert toujours de référence dans le domaine du sérieux et de « l’anti-commercial ». D’aucuns diront que ce n’est plus ce que c’était, mais leurs arguments ne tiennent pas la route, notamment lorsqu’ils parlent de la présentation du bétail alors que les bêtes prévues au départ n’ont pu être présentées ! Pour terminer, signalons que le public a répondu présent lors des trois courses où le quasi « lleno » a été constaté !

Samedi 13 juillet Toros de FRAILE

Javier CASTAÑO - Ivan VICENTE - “JOSELILLO”

Que dire de cette course ? Qu'elle fut décevante, c’est une évidence. Mais les toros se sont battus dans les corales et la moitié d’entre eux n’a pas pu être présentée (une blessure ornait le flanc de l’un d’eux), il faut avouer que parfois le destin s’acharne contre ceux qui pourtant font les efforts nécessaires pour que tout se passe au mieux !

Javier CASTANO. Il n’eut pas beaucoup de chance avec ce toro de 490 kg. Il fut peu piqué, montra peu de bravoure et fut tué d’une entière.

Son 2ème avait beaucoup de gaz dès son entrée en piste. Il prit 3 piques mais sortit seul, excepté à la 3ème ! Sa faena des deux côtés ne permit pas de dominer l’animal, si ce n’est par instants sur la gauche. La mort fut laborieuse.

Ivan VICENTE. Le Fraile se rompit la corne et fut remplacé par un Sobrero de Peñajara. Le travail à la cape fut intéressant, ensuite le toro supporta 3 piques sans réelle bravoure. Notons une très belle 3ème paire de banderilles. Lors de la faena le toro s’arrête et meurt après 3/4 d’épée.

Son 2ème ne mérite pas de longs développements si ce n’est qu’une pique est restée plantée dans le dos du Fraile qui s’agenouilla ensuite !

JOSELILLO. Son travail à la cape fut intéressant. Hélas le toro sort seul à la 1ere pique mais la suite sera meilleure et le piquero recevra une ovation ! Après une faena correcte l’animal s’éteint et meurt d’un pinchazo et d’une entière. Applaudissements.

Le 6ème est contesté par son trapio laissant à désirer ! Pourtant ce Fraile s’avéra noble et intéressant par son comportement. Le matador réalisera une faena honnête des deux côtés et aura même su tirer davantage des qualités de son adversaire. Applaudissements.

Le public se retira déçu mais demain est un autre jour !

Dimanche 14 juillet – Novillade Monteviejo (Moreno de Silva)

Les 6 novillos sont magnifiques (« patas blancas ») ils appartiennent à Victorino Martin.

Juan Carlos CARBALLO - Aquilino GIRON - Maxime SOLERA

Après la déception de la veille, les aficionados se rendirent à l’arène pleins d’illusions !

Juan Carlos CARBALLO. Après un travail de mise en place à la cape, le toro prit 3 piques très correctes. Le novillo permit un travail intéressant de la gauche essentiellement. Hélas la mort fut laborieuse !

Le 4ème supporta 3 piques et s’avéra noble, il mourut en brave. Salut.

Aquilino GIRON. Le 5ème toro est très armé et après une cape difficile, il prit 3 piques. Lors de la faena il subit une « voltereta » et tua après 4 pinchazos. Signalons qu’à son premier novillo il salua au tiers.

Maxime SOLERA : « puerta gayola » à son premier qui lui passa sur le corps et se cassa ensuite une corne ! Le Monteviejo fut remplacé par un « URCOLA » (negro). Maxime effectua à nouveau une « puerta gayola », la cape sur le corps lui permit d’éviter l’animal! Ce dernier prit 3 piques, la dernière s’avéra efficace, de même que la 3ème paire de banderilles. Il initia la faena au centre à droite avec changement de main. Le novillo est noble, le novillero se croise à droite et tue de la main gauche sans la muleta ! Il effectue une cabriole sur le novillo et retombe sur ses jambes ! (on ne saura pas si c’est volontaire !). Après un pinchazo, l’épée est concluante et il coupe 2 oreilles, ce qui est rarissime à Céret. Le président ne doit pas regarder le public pour accorder la 2ème oreille… (il s’agit d’une décision qui revient au palco). Cela n’a pas grande importance mais il vaut mieux appliquer les règles sans démagogie.

Le 6ème : il hérite du Monteviejo prévu et réalise un travail classique du meilleur effet ! Le novillo avait pris 3 piques et Maxime travaille des deux côtés en se croisant. Il tue à recibir ce qui ajoute aux qualités de ce novillero que nous retrouverons dans de nombreux cartels. Son enthousiasme et sa technique donnent beaucoup de joie aux aficionados !

Dimanche 14 juillet 18h - SALTILLO

FERNANDO ROBLEÑO - JAVIER CORTES - GOMEZ del PILAR

Excellente présentation. Lot homogène bien dans le type. Corrida dure, digne de Céret.

Fernando ROBLEÑO, ne semble pas au mieux de sa forme. Il reçoit le 1er en gagnant du terrain vers le centre. Le toro reçoit 3 piques, il pousse surtout à la dernière. La faena débute par des redondos, on assiste à un vrai combat ! Après 1/3 d’épée et une entière, il salue au tiers.

A son 2ème qui prend 3 piques il semble montrer qu’il ne peut faire grand chose, à ce moment le public le prend « en grippe » ! Une 1/2 épée et bronca. Dommage pour ce matador qui a tant donné notamment à Céret !

Javier CORTES. Son toro de 540 kg a un beau trapio. Il va 3 fois au piquero puis sème la panique dans le ruedo ! Le combat se termine par 1/3 et 1/2 épée. Salut.

Au 5ème il est dépassé à la cape, le saltillo supporte 3 piques et ce fut la panique lors du tercio de banderilles ! La faena, courte, se termine par 2 pinchazos et une entière.

Gomez del PILAR. Ce fut le plus concerné de l’après midi : véritable chef de lidia ! Bonne cape à son 1er. Trois piques et bon tercio de banderilles. La faena fut un véritable combat. 1/3 d’épée. 3 pinchazos. Avis. Salut au tiers.

Au dernier il fut dépassé à la cape, panique aux banderilles ! La faena fut correcte et se termina par 2 pinchazos et une entière.

En résumé, bonne course attendue ici et mention aux banderilleros du 3ème et au professionnalisme de Gomez del Pilar.