Céret 14 et 15 juillet 2018 par André REGAGNON

Cette année, trois courses sont proposées : 2 corridas et une novillade, avec une innovation : la présentation pour la première fois de toros portugais les « Sao Torcato » (origine Pinto Barreiros Gamero Civico). La 2ème nouveauté était le dimanche 15 avec 3 novillos de Maria Cascon Martin et 3 Raso de Portillo. L’après-midi c’était le retour des Fraile (D. Juan Luis Martin) : origine Santa Coloma, Graciliano Perez Tabernero. Inutile de dire que les matadors ne se sont pas bousculés pour affronter ces élevages. Les courageux présents ont répondu à nos attentes. L’apogée cette feria fut le dimanche entre 19h et 20h30 précisément lorsque la France du football était championne du monde : la France entière exultait, les arènes de Céret jubilaient !

Que retenir de la première course ? Les toros étaient bien présentés mais leur comportement fut mitigé notamment au cheval. La cuadrilla de Robleño se distingua aux banderilles. Fernando se vit refuser une oreille au 1er et effectua néanmoins une vuelta.

Juan Léal n’était pas en harmonie avec ce type de toros et la révélation fut Javier Cortes. Son travail de cape et de muleta nous montrèrent tout son talent et sa façon de se croiser. Une oreille récompensa son travail au 1er et il n’eut pas la même réussite à son second mais fut largement plébiscité par le public.

Certains furent quelque peu déçus par le comportement des toros mais il faut louer le professionnalisme des acteurs. Le temps magnifique laissait prévoir un lendemain qui chante.

Le dimanche 15 au matin, le paseo fut précédé d’une annonce : il n’y avait plus 3 CASCON MARTIN mais 2, pour des raisons de certificat de naissance douteux. Saluons l’honnêteté et la probité de l’ADAC qui avoue n’avoir plus de sobrero. Heureusement tout se passa bien par la suite : l’honnêteté a été récompensée. Il restait donc 2 CASCON et 4 Raso de Portillo. La course mit en valeur le courage et « l’entrega » d’Aquilino Giron qui coupa une oreille à son premier et passa ensuite à l’infirmerie après un quite effectué au 3ème novillo. Il toréa ainsi en 6ème position son adversaire et salua après un travail correct et un avis. Les Raso de Portillo ont été supérieurs aux CASCON MARTIN. Ils reçurent d’ailleurs le prix du meilleur lot de novillos toréés dans le sud-est en 2017.

Le dimanche après-midi sentait la fête pour plusieurs raisons : les Fraile revenaient à Céret, le temps était splendide et la chaleur tempérée par une brise marine, enfin l’attente du résultat concernant la coupe du monde de football. Nous verrons que les planètes furent alignées et la joie le fil conducteur.

Le cartel solide, nécessaire pour affronter ce type d’animal : Octavio CHACON, José Miguel Pérez « Joselillo » et Gomez del Pilar.

Les deux premiers Fraile nous firent craindre une déception majuscule : ils avaient peine à aller au cheval et ne poussaient quasiment pas. CHACON salua au 1er après avis, et JOSELILLO eut toutes les peines du monde à se débarrasser de son opposant.

Puis apparaît Gomez del Pilar. Il s’agit d’un matador qui peut réveiller une foule préoccupée par des contingences extérieures (football). Après une « larga afarolada », le maestro montra ses qualités à la cape. Le toro prend 3 piques plus poussées que les précédents toros et après une faena très correcte et une fin plus longue, il salua.

Le meilleur est à venir. Le 4ème Fraile connaît peut-être le résultat du « mondial ». Il est plein d’énergie et part au cheval sans se faire prier. Mieux même après 4 rencontres enthousiasmantes on demanda un « regaton » ; parti du « diable vauvert » le toro s’élance vers le cheval pour une pique d’anthologie. Le public debout ovationne et l’animal et le « piquero ». Tout était dit. CHACON travailla bien de la droite mais ne pesa pas comme on pouvait l’espérer sur l’animal ; après un pinchazo et une entière, le palco accorde une oreille au maestro (contestée) et une vuelta au Fraile plus que méritée.

Le 5ème partit également de loin mais il fut en dessous du précédent.

Gomez del Pilar reçut le dernier à la sortie du toril avec beaucoup de courage. Il dédia son toro à CHACON après 3 piques poussées. Il fut pris sévèrement lors de la faena et termina en « jaquetilla ».

Le public était déjà parti fêter le titre de champion du monde. Certains oubliaient que 3 hommes jouaient leur peau pendant que d’autres chantaient.

Tout est question de mesure ! Mais comment en vouloir à un pays qui a souffert ces dernières années lors d’évènements dramatiques.

Enfin, des toros existent encore, nous en avons rencontré.