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CANO

CANO

 

A l’heure qu’il est, si tant est que le voyage soit de cette rapidité, et qu’il atteigne le même lieu, Francisco Cano Lorenza doit être “aux anges.“

 

Il vient de rejoindre l’immense Hernest Hemingway, Orson Welles, Charlton Heston, Gina Lollobrigida, et la sublime ava Gardner.

 

Il doit aussi, si la fouille n’a pas été trop imposante, pouvoir montrer ses clichés célèbres, et en discuter encore devant Manolete et Dominguin réunis en conclave pour enfin savoir qui était le numéro uno. (Cano, a toujours dit que Manolete était le plus grand, ne serait-ce que par son honnêteté.

 

Canito, ou Cano vient de fermer ses yeux définitivement, ces yeux qui à travers son appareil photo ont vus mourir Manolete…et dont ces quelques clichés (repris, retravaillés depuis et même transformé en un très court métrage de cinéma) l’ont rendus définitivement célèbre, et “presque“ riche.

 

Si j’en crois le nombre de personnes que j’ai rencontrées dans ma vie, et qui auraient assisté à l’événement tragique, les arènes de Linares contiendraient quelques milliers de places de plus que ce qu’elles possèdent actuellement.

Il y a des menteurs dans l’affaire.

 

Mais lui, je le sais, y était.

Chaque fois que je l’ai vu (pas rencontré) je regardais ses yeux, surtout plus jeune, ils avaient vus mourir Manolete.

Le plus souvent souriant, sa casquette blanche sur la tête, tout le monde le connaissait, et lui, connaissait beaucoup de monde.

Mais ses yeux savaient beaucoup de la souffrance, des peurs et de la mort de toreros.

 

Aujourd’hui, c’est clair, il ne remerciera pas “le grand chef“ de lui avoir permis de saluer ce jour nouveau, comme il le faisait chaque matin.

 

Sa vie, il l’a traduite au travers de son objectif, de ces photos taurines, de ses engagements politiques, de son sourire.

 

Bon voyage vieil homme.

 

CHF