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Carnet de voyage

Tolède l'étroitesse de ses rues, l'ambiance si particulière lorsque l'on sait s'y perdre, mes vacances commencent bien là. Le dépaysement est total, même si ça parle Français à chaque coin de rue, grands weekends de Mai obligent.

Nous descendons vers l'andalousie, je pense à mon grand-père, il me racontait l'acier de Tolède. Comment venues des temps lointains de l'armurerie historique les épées taurines étaient fabriquées ici...aujourd'hui, deux forgerons, qui fabriquente encore des armes, mais des épées pour Torero, plus une. C'est  Madrid qui a pris le pas, ici la Chine a posé sa griffe, les produits made in China sont partout et de plus, les boutiques elles même deviennent chinoises, des franchises entières...il faut profiter encore de quelques recoins locaux, vrais, car cette ville (Peut-être l'une des deux plus jolies D'Espagne) vaut le détour et une visite approfondie. Le temps s'enfuit, je repense aux épées de mon grand-père....

Arrêt trois jours deux nuits, chez El Anadio, voilà un magnifique cadeau à offrir à un aficionado. Le tourisme rural recèle des trésors, cette finca en est un.

Dormir au milieu des toros, partir en 4X4 marquer les veaux, leur poser les boucles aux oreilles...le Mayoral travaille à la seringue anesthésique et une sarbacane...Maria Jesus Gualda nous sourit, elle explique l'histoire des toros, comment les coquillas refusés à Madrid pour leur manque de tête ont ét mélangés au Buendia, elle explique sa conception de la tauromachie, son combat, elle garde une rame pure souche Coquilla. Nous parlons de tout mais surtout de toros, elle a créé ce bijou d'hôtel rural ou nous dormons dans les anciennes chambres des Mayorals avec vue sur les toros...un bonheur...info@elanadio.es

Vilches, on tourne, la Carolina, la route de lla vallée de la terreur elle aussi noyée dans le passé, quand les maletillas, toreros sans contrats, sans argent combattaient toros et vaches de 7 ans, combien ont laissé là une part de leur corps et se sont formés à la dure...on arrive à Ceniciento, la supposée capitale de cette vallée ou s'est inscrite l'histoire taurine, le village dort, un oeil sur les arènes, un oeil sur la tête de toro qui garde la petite fontaine, des cornes démesurées, astifinas, des dagues sur une tête bouclée, quand les toros avaient aussi des pattes et du cul et pas seulement des cornes (Madrid je te salue) on quitte la vallée du Tietar, Saltillo La Quinta, Escolar, les toros de pierre de Guisando, direction Cordoue et le concours mondial des patios Fleuris...

Petite astuce, on achète le billet du Tour de ville avec les bus rouge touristiques, ils tournent toute la journée, et vous arrêtent à différents points de la ville...signe des temps aucune mention du cimetière Nuestra Senora de la salud dans ce bus bondé de touristes, pourtant on passe devant, là ,reposent Manolete, Lagartijo, Guerrita, Et Machaquito...Les patios sont magnifiques, et pleins d'inspiration...le surlendemain, remontée et une nuit sur Séville, ma ville préférée au monde, les amis, Gaston, José,l'invitation dans deux casetas ou nous sommes reçus comme des rois, ici on parle toros, on rit on joue et on chante, la danse n'est pas pour touriste juste l'expression du bien être ensemble...Pablo Aguado devient roi de Séville, quatre oreilles, la porte des princes, on se pince on se congratule, on reparle de Curro, et de Morante, je suis aguadiste dit la pancarte, Pablo vient de signer un bail amphithéotique avec la Maestranza....la fete est plus belle dans Séville...José bataille en provocation avec nous, les gens ne veulent pas de drame, pas de sang, on se fout des piques, des toros du Tietar, on veut la demi véronique éternelle, lente comme l'éternité: josé Tomas, Un escroc. Cargar la suerte:un Mythe...l'indulto un must du modernisme taurin (on lui en veut mais nos arguments glissent comme la glace fond aux extrêmes glacées du globe...je lui raconte comment avoir vu Curro Romero ne jamais triompher....tu l'as vu faire le paseilllo et celà est suffisant....Séville et ses excès...Séville la merveilleuse...Séville la P...

Une nuit plus loin on repart fatigués, un peu tristes sur Cordoue...je regarde défiler les paysages jaunes, le ciel est bleu la température fraiche pour la saison...bientôt le retour...on évite Madrid encore, on passe au pieds de la vallée de los Caidos....encore l'histoire passée, ses remous...

Segovie, le Viaduc, une dernière nuit, un verre à la main en surplombant la ville. Nous voici dans les virages qui précèdent la frontière...l'un dans l'autre, ce voyage est un rappel des pans de murs qui s'effondrent....de l'histoire qui se fige, des époques qui gomment d'autres époques...la boite aux lettre...Vic, Ceret...des promesses de toros...et le sourire tendre de celle que j'aime qui efface un peu la nostalgie épaisse qui me ceint.

CHF