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CENTENAIRE

 

CENTENAIRE..... ????

 

Certes à son grand âge, mamie est “mâchée“, pas si sûr qu'elle ait encore la lumière à tous les étages...mais bon...on fait un effort : Mamie est très vieille !

Cent ans, tu te rends compte, l'arrivée du train, de la télévision, de la machine à laver, cent ans à regarder ce monde se déchirer, se réconcilier, puis se déchirer de nouveau...cent ça se fête, non... ?

Bien sur, il y a les fissures sur le long mur du fond, et puis ces satanés poteaux qui gênent un peu la vue..les passages entre les chiqueros et la piste sont usés, rayés, déplâtrés (si tant est que c'est du plâtre) le sable safran, semble faire glisser les animaux...quoi que ?

Alors on la fleurit mamie, on te lui crèe une fresque que personne ne verra parce qu'il y a les camions des bestiaux devant...on la fleurit, on la drape.

Dax cent ans, et le drapeau Espagnol, tant pis pour ceux qui ne seraient pas d'Ibérie, Mamie elle s'en fout...

On a commencé à lui souhaiter son anniversaire, entre soi, il y a déjà quelques temps, les milliers de types qui arrivent juste là, pour la féria, ne verront que des toros et des hommes...

Mamie ses cent ans elle s'en faisait une fête, mais voilà, quand au moment du gâteau, il n'y a plus de bougies, que le couteau à découper se casse, que les plombs sautent, et que le chocolat crâme...ça la fout mal..

Les cent ans de Mamie de Dax ne se sont pas passés comme il faut...la faute à qui ?

C'est mi-mi...mi les toros, mi les toreros..

Bon les premiers on les comprend ils sont comme ils sont, et surtout ils ne sont coupables de rien..

Ça fait cent ans que de ce couloir étroit et sombre sortent les mêmes toros, à peine cinq ans, toujours pareils, fiers et dressés au départ, seule leur taille diffère, et puis peu à peu, ils changent...certains en mieux, d'autres en moins...des toros quoi...

Mais les types, ils le savaient quand même que ça avait une saveur particulière cet anniversaire ?

C'est qu'ils y tenaient les gars de la commission taurine, mais aussi le grand public, après des mois de pluie intensive, d'hiver à n'en pas finir...alors ?

Alors une féria très moyenne, vraiment...un anniversaire au Champomi, et au petit beurre... pour un centenaire.

Pourtant l'apérétif avait été de classe ,novillos de parralejos, mansos mais durs au fers, avec plusieurs chutes des picadors décontenancés devant tant de fougue de la part de tels toritos.

Jandilla par Fuente Ymbro, ils ont donné du jeu et du fil à retordre...Clemente s'est arrimé, a été bien sur son premier, puis plus fébrile sur un second plus vicieux ses épées bien données auraient pu lui valoir plus de trophée..il en prend une méritée après avoir subi une voltereta et s'être arrimé..

Les deux autres compañeros seront loin derrière même si la faena du premier permit a Escudero de briller un peu...quand à Armilita de la dynastie du même nom, il déçut mon ami Gaston, mexicain de son état qui vibrait pour lui, en souvenir de sa famille...mais bref, après les petits fours du jour, repos puis place à deux entrées de choix...

Fuente Ymbro.....Fuente indulto......Fuente Fracasso....

Bon sang mais qu'à donc pu faire Mamie à Don Gallardo, recortador de Jamon 5 Jotas (distributeur exclusif Nicolas soleil Dax) ?

Le jambon était passé, du suif, du gras, du laid, du coulant....une horreur.

Pourtant un mano à mano attendu, Perrera vs Fandiño, le bellâtre et le bûcheron, tourne en rond, et vas tout droit....deux opposés, le matin, au petit déjeuner taurin on en parle on suppute les chances, moi je pense que si les toros sortent bien, Fandiño l'emporte, si ils sortent mal, Perrera qui sait faire tourner, lui, s'en sortira mieux...gagné...six fèves tristes comme un jour de mèdecin quand celui-ci t'annonce que, dans tes examens, seul ton nom est valable..un seul le cinquième un peu plus maniable, un peu plus debout, je ne sais pas exactement, mais un peu différent de l'indigne daube servie..une oreille à cause de l'ennui...Perrera s'en va, il n'a pas pris la pile, Fandiño, lui, se pose encore des tonnes de questions...

L'après midi, c'est les panzers, des Cuadris de 550 à 620 Kilos.....comme vus à Cérét, des Baudruches qui s'éteignent après le fer....mais quels tercios de piques deux au moins hors normes, dont un épique et qui restera dans les mémoires...

 

Tito Sandoval monte du Bonijol...le toro de 620 Kilos les regarde tranquille.

Tito cite, l'autre le toise: “fais pas le malin parce que si j'y viens tu es mal mon garçon...“

Tito cite encore et commence à déplacer son cheval..le toro s'élance, tito veut se replacer, le toro passe à l'avant, pique en arrière, Vidente se fâche soulève tout son monde, le cheval est cabré, descendez Simone...Tito sort en arrière, le cheval se renverse sur le dos, on frissonne, on revoit les images de Vic il y a quelques années...mais Tito est debout...on relève, on resselle, on ré harnache...Tito s'est vexé, il remonte...il avance il cite...Vidente à dix quinze mètres de là, se marre...il y en a franchement, ils aiment prendre la rouste...les chenilles se mettent en route, on ferme la soute supérieure, on tourne le canon et on frappe, le cheval tourne, se met sur le flanc, Tito pique n'importe comment...le toro repasse sous l'avant gauche et là...levée des corps, voulez vous dansez Maribelle ? Le toro renverse une seconde fois tout le monde...d'ou je suis on voit la jambière d'acier coincée sous le cheval, et au dessus le toro, 620 Kilos de toros, plus 500 de cheval harnaché ça fait bien sa tonne non ? On plaint Tito, on le voit déjà unijambiste...pire, Vidente qui l'avait averti, le cherche..il a escaladé le Bonijol et fouaille en fureur le sol...Tito voit la corne venir lui chatouiller le visage...c'est la terreur...

Relever tout le monde prend du temps..Tito, rouge, suant, sifflant, plein de bosses, déjà qui gonflent son visage (il ne piquera pas le lendemain) demande au patron, je peux ?

Castaño accepte, les gens sont debout, la musique joue, Vidente est calmé, pique encore en arrière mais là, franchement tout le monde s'en fiche, parce que on ne sait pas si Tito y voit grand-chose..

Fin du tercio...grand numéro des deux peons Adalid et Sanchez..puis plus grand chose...Castaño est sincère mais ses toros s'éteignent comme un amour d'été en hiver...Escribano, passées les banderilles, pas si belles d'ailleurs, sera moyen sur ses deux toros, quand à Bolivar, je me demande encore ce qu'il fiche là...

Escolar Gil n'a pas été une mauvaise course, mais loin de celles présentées l'an passé...seuls deux exemplaires ont été selon moi dans la caste, le reste sent un peu les fonds de tiroir...pourtant au burladero tout le monde est là...dans la famille Escolar, je prends, le père, la fille, l'autre fille, le petit fils, le gendre...ils sont venus, ils sont tous là...la duègne au jambes fragiles s'est réfugiée sur les sièges millimétrés, ou on s'asseoit avec peine...donc le second sort droit (le péon n'a pas le temps de lui couper la course) coup de frein ABS coups de tête, puis le sixième, vibrant..les autres sortent beaux, mais pas si bons que ça...en face Robleño fait du Robleño, applaudi, mais pas plus, Aguilar nous fait du Aguilar...mais pas plus...Morenito de Aranda nous fait du.....mais vous avez compris..

Aie, déjà le dessert, et pas de festin en vue, encore...

Mais voilà, Mamie, elle a prévu le coup..elle a commandé du nanan, la boutique la plus chère, le chef trois étoiles au Michelin...du Juli, du Manzanares, du Talavante, de quoi se lécher les babines...mais Mamie elle n'a pas le sens des valeurs, elle nous sert tout ça dans de la vaisselle en plastique...alors le Juli, veut prouver, veut montrer que ben oui, il est une star...alors il avance au paseo d'abord, trois bons mètres avant les cops...puis à son premier, il nous fait des statuaires, puis des droitières, puis...il se perd un peu sur un toro faiblard et triste comme un jour sans pain...

le voici qui pinche, et qui julipiéte entière en arrière et un peu sur le côté...mais bon c'est une étoile, alors on dit que c'est bon...d'ailleurs on l'a applaudit à sa sortie, bien lui dire comment on l'aime le Juli, à Dax...las, pétition non majoritaire en mouchoirs, mais hurlement quand le président du jury refuse l'oreille (donne-t-on une oreille, après un pinchazo, et sur un julipié mal placé?) ça jase à Dax.

Le Manzanares est beau, bien décoré, alléchant...mais voilà, le patissier s'est gouré dans les proportions, ou il a mal dormi, ou il s'ennuie, peu importe, c'est deux I deux S Incolore, Inodore et Sans Saveur...

Quand à Talavante, c'est le fantôme de l'opéra aussi transparent qu'une déclaration d'une miss France le jour de son élection...

Le Pilar, pourrait s'installer en Ardêche, il y a déjà des chêvres en quantité dans ce coin...celà ne déparerait pas...8 plats insipides en moins de deux heures (record à battre...)

Le dessert était prêt, 6 Valdefresno....Jean Baptiste Jalabert, David Mora, et Aguilar (2ème présentation)...

Les toros étaient armés, dessert un peu piquant, trois sur six meilleurs et le sixième un gâteau de concours...Jean Baptiste n'a pas été mauvais, mais n'a pas été bon, silence et silence...il commence bien ses deux faenas, mais lorsque le toro s'avise, il se perd un peu...les aciers sont hésitants...

Aguilar s'arrime, mais il me semble, qu'il trichotte un peu, il en fait beaucoup, s'agite, pinche allez on l'applaudit mais il est en dessous de ce qu'il nous a montré il y a encore quelques temps...

Mamie sent que cela lui échappe, elle a gardé le meilleur pour la fin (ou la faim..) le dessert est élégant, bien tourné, fin...mais voilà, ça n'est pas le feu d'artifice attendu, ça manque d'audace comme le dit le chef Piège. Alors c'est un peu stéréotypé, un peu loin, un peu..quoi...Pourtant je vous le dis, le sixième est un toro de triomphe...alors ?

Alors..rien, ou pas grand-chose..ça bluffe...ça veut nous faire croire que c'est du premier choix, ça n'en est pas...oreille à cacher dans le gilet, sifflets et applaudissements...Mora sans moral..

Voilà, l'orchestre joue pour Mamie, c'est pas le Titanic, mais c'est pas non plus, Austerlitz...

Agur Jaunak, Jaunak Agur.

Mamie a eu cent ans.....qui s'en souvient déjà ?

CHF