Le premier soir, les esprits s'échauffaient après le « petardo » des Fraile puis, la nuit passée, le scénario reprenait le bon sens avec l'expérimention proposée en matinée, les nouveaux Monteviejo, et la confirmation du soir avec les Saltillo. De menos, la féria est allée a mas, le résultat final confirmant les attentes de l'ADAC qui fixait son cap : « seule la caste importe ». De la caste il y en a eu de la bonne et de la mauvaise, de quoi satisfaire les aficionados a los toros. Ce fut le scénario de la vallée du désespoir bien connu en management : Il faut toucher le fonds puis remonter par paliers. Toutefois la conclusion est claire : on a vu du toro !

 

Samedi 13 juillet 2019 Corrida – 6 Juan Luis Fraile y Martin 6 – pour Javier CASTAÑO – Ivan VICENTE – J.M Pérez « JOSELILLO » -

Le lot desigual et criticable à ce titre (se posent en ici les limites d'une camade trop courte) n'a pas été présent dans l'arène. Du côté des hommes, il faut reconnaître que Castaño n'a pas retrouvé son niveau d'avant et que Vicente et Joselillo n'ont pas voulu, pas pu ou pas su...

 

Javier CASTAÑO voit son premier taureau applaudi à son entrée mais il donne des signes de faiblesse dès la cape. Il va au cheval sans pousser et en accusant le coup, chutant en sortie comme aux banderilles. Il n'y aura pas de faena. Entière et silence. Sifflets à l'arrastre.

Il a fallu qu'il aille chercher son second à la cape, il l'a fait, avant que celui-ci ne se livre avec une belle charge. Après 3 piques dont la première dans l'épaule et des banderilles posées avec application, Javier Castaño n'a pas pesé sur son taureau se tenant trop loin de lui. Il le tue mal de 2 pinchazos et d'un tiers d'épée, prenant rapidement le descabello afin d'en finir sous les sifflets et un début de bronca.

 

Ivan VICENTE accueille son premier, un taureau à la tête moins belle qui présente une blessure au flanc droit. Les sifflets accompagneront le travail de cape jusqu'à son changement. Le sobrero est un Peñajara applaudi à son entrée qui se casse le bout de la corne droite dans les planches. Il entre bien dans la cape. Il vient de loin pour 3 piques, 2 depuis le centre mais mal posées et à la troisième avec une belle charge. Salut aux banderilles. Pour la faena il se montre menaçant sur la droite. Le torero recule puis abandonne le combat devant les hachazos. Entière tombée sous les sifflets et applaudissements à l'arrastre.

Son second est éteint et semble sans convictions, il va au cheval sans s'employer et chute en sortant du caparaçon après avoir fléchi deux fois à la cape. La faena rendue impossible par les marques de faiblesse s'éternise jusqu'à ce que soit posée une épée entière. Sifflets.

 

JOSELILLO, reçoit son premier qui est tardo mais ensuite s'engouffre dans la cape sous les olé. Tito Sandoval ne le pique pas au premier assaut car le taureau l'a chargé sans avoir été mis en suerte avant deux piques très applaudies. Il sort seul de la première, part tardivement du toril à la deuxième mais avec une très belle charge ; ovation au picador. Banderilles en 4 passages. Brindis au public. Le taureau cherche de la corne droite ne permettant pas de lier des séries. Il s'éteint vite et ne permettra rien à gauche. Pinchazo et entière légèrement tombée pour finir avec un relevé à la puntilla après un avis. Applaudissements à l'arrastre, salut au torero mais la vuelta lui est refusée par le public.

Son second est petit et ressemble à une vache. Sa mansedumbre pousse le public à demander son changement ce qui n'était pas justifié. Il accepte 2 piques sans mérite aucun. La faena sera gentillette, essentiellement droitière avec une simple ébauche à gauche. Cela ne mène pas à grand chose et la conclusion vient d'une entière donnée après un long cadrage. Silence et inquiétudes.

 

 

Dimanche matin 14 juillet 2019 Novillada – 6 Monteviejo 6 – pour Juan Carlos CARBALLO – Aquilino GIRON – Maxime SOLERA -

Le lot est très bien présenté dans le type mais donnera un jeu inégal. Seul Maxime Solera tirera les marrons du feu bénéficiant du sobrero d'encaste Urcola.

 

JC CARBALLO accueille un premier exemplaire applaudi à son entrée qui s'emploie pour les deux premières piques, la troisième étant donnée du centre pour évaluer la charge. La première paire de banderilles est correcte contrairement à la deuxième, la troisième sera rendue difficile le novillo étant arrêté. La faena commence à main gauche où le novillo donne des signes de faiblesse puis à main droite où il ne concède rien, retour à gauche pour une prestation insuffisante conduite avec le pico sans engagement pour des naturelles toutes aidées, cela dans un petit périmètre imposé par le manque de forces du bétail. Deux pinchazos en suerte contraire et bajonazo contraire après avis. Difficultés à la puntilla. Applaudissements à l'arrastre.

Son second remate aux planches et montre des qualités de charge. Il est difficile à mettre en suerte pour deux piques posées dans l'épaule et une troisième en partant du centre de l'arène et en poussant mollement. Le tiers de banderilles sera désordonné. Brindis à Victorino Martin. Après des doblones de bonne facture, le novillero, peu croisé, débute à droite. Á gauche la charge est moindre, il reprend à droite. La faena est trop profilée et sans engagement. Le final sera plus classique et encimiste en l'absence d'adversité. Le novillo tombera en brave d'un pinchazo et d'une entière tombée après un avis. Salut au tiers.

 

Aquilino GIRON affronte un exemplaire plus léger et mobile qui prend le dessus à la cape. La première pique est repositionnée et pompée, la deuxième en venant du centre, de frente et bien posée, la troisième également du centre est posée trop en arrière. Il ne suit pas aux banderilles. Le novillero subit un puntazo dès la première passe de muleta, le novillo se retournant sur l'homme. Il se contente de gérer la charge jusqu'à la troisième série où il se fait à nouveau prendre. Ce sera pire à gauche rendant les tentatives inopérantes. Les choses ne s'améliorant pas, il écourte et tue en suerte naturelle d'une très belle épée. L'alguazil intervient sur la ronde des enterreurs. Salut au tiers.

Le second se présente tête haute et remate aux planches. Mal mis en suerte, Tito Sandoval pique en arrière et pompe. Le novillo reste collé dans le caparaçon pour la deuxième pique bien posée avant la troisième où il tarde à s'élancer, le palo étant levé rapidement. 4 passages pour les banderilles. La faena débute à gauche, la marche arrière enclenchée, pour des naturelles aidées. Le novillero se fait prendre à la première série à droite, le novillo mettant la tête en cherchant. Deux pinchazos en suerte naturelle précèdent une entière en suerte contraire avant la cata à la puntilla nécessitant 13 tentatives.

 

Maxime SOLERA se fait prendre de face à la porta gayola avant que le novillo ne se casse la corne dans le burladero. Changement avant le premier assaut au cheval où la corne serait tombée. Il accueille l'Urcola pour une deuxième porta gayola ! 3 piques dont il sort seul à la première, poussant peu à la deuxième donnée dans le dos et partant du centre au petit galop à la troisième en mettant la tête. Salut des banderilleros. Engagement de la faena au centre sur la corne droite en donnant de la distance. Á la quatrième série le novillo baisse de rythme mais déclenchement de la musique. Averti plusieurs fois à main gauche Maxime réduit la difficulté. Le novillo mourra bouche fermée d'une entière donnée sans muleta après avis et 2 descabellos. Applaudissements à l'arrastre et 2 Oreilles.

Fin de corpulence, son second remate violemment aux planches, il semble traîner les postérieurs. Il prend 2 piques posées trop en arrière, chute en sortie de la première trasera et semble peu intéressé au deuxième assaut en s'employant mollement. Salut des banderilleros et brindis au public. Le novillo, poussif, se couche en début de faena. Maxime s'emploie à l'exploiter au mieux par un travail intéressant fait de patience et de technique, il le tue a recibir avant 2 descabellos après avis.

Prestation très sérieuse de Maxime Solera agrémentée de gestes novérils compréhensibles de la part d'un novillero qui devait marquer les esprits après ses blessures de l'année dernière qui lui ont fait perdre des contrats.

 

Dimanche après-midi 14 juillet 2019 Corrida – 6 Monteviejo 6 – pour Fernando ROBLEÑO – Javier CORTES – Gomez del PILAR -

Montée en gamme et montée en émotion, la vraie avec l'entrée en piste des Saltillo synonymes de caste, la bonne et la moins bonne. Parler de mansedumbre lorsqu'on évoque les Saltillo est un pléonasme... Le mot Saltillada vaut bien Mansada... Ce type de bétail exige beaucoup des professionnels qu'il faut saluer en particulier la cuadrilla de Gomez del Pilar qui a endossé de fait le rôle de chef de lidia et aussi les banderilleros qui ont eu le courage de faire le boulot dans les règles et les formes attendues.

 

Fernando ROBLEÑO hérite d'un premier exemplaire assez maniable, plutôt, le plus maniable du lot. Il pousse pour deux piques posées dans le dos et pompées. Les banderilles sont posées à la sauvette, le taureau cherchant de la tête comme ses frères et cousins. Brindis au public. La faena démarre bien avec une bonne charge. Il se révèle compliqué à gauche et désarme le torero qui l'avait contraint. Reprise à droite pour une série qui porte sur le public. Puis alternance sur les deux cornes devant un taureau qui réduit ses efforts. Deux pinchazos et une épée entière dans le corps il continue à charger. Il se relève à la puntilla, un avis est sonné. Applaudissements à l'arrastre, le torero interrompt son salut à cause de critiques déplacées venant du haut des gradins côté soleil.

Son second sort des chiqueros en trombe. Il va seul au cheval ignorant la mise en suerte pour trois piques posées dans le dos et pompées sous les sifflets du public. 4 passages pour 4 banderilles à poser. La faena est menée de loin et du pico. Le torero s'engage sur une série à gauche puis à droite en donnant de la voix, beaucoup trop. Le taureau peu influencé est la cible d'une demie épée, il sera relevé par le puntillero qui se fait huer pour avoir tenté le geste par derrière. Bronca critiquable de la part d'une part de public dont on ne peut admettre la violence des réactions.

 

Javier CORTES effectue une réception engagée devant un taureau dangereux. Il est assaisonné à la pique par le picador bien nommé Carioca sous les sifflets du public. La présidence demande une troisième pique. Le torero fait la démonstration de sa mansedumbre aux banderilles exigeant six passages pour 4 banderilles. Javier Cortès s'accroche pour toréer sur les deux rives et éviter les hachazos et derrotes du taureau qu'il tue d'un tiers d'épée en lâchant la muleta puis d'une entière concluante. Salut au tiers.

Son second qui est le moins lourd mais le plus beau sort en trombe sous les applaudissements. Il cherche des deux cornes et désarme le torero à la cape. Impossible à mettre en suerte il subit deux piques assaisonnées posées dans le dos sous les sifflets. Panique aux banderilles avec 4 passages. La faena est superficielle et sur le passage avec un mieux à main gauche. Le taureau, insuffisament toréé est difficile à cadrer et subira deux pinchazos et une entière tombée.

 

Gomez del PILAR sera le plus en vue, non qu'il ait eu le meilleur lot mais plutôt pour son insistance à faire le travail.

Son premier accepte trois piques, la première d'enfer, la deuxième en contournant et en soulevant le cheval. Il vient de loin et fait sonner les étriers dans le troisième assaut, le picador est généreusement applaudi. Salut des banderilleros pendant un tiers très risqué. Brindis au public. Le taureau s'arrête à mi-charge et cherche de la tête ne permettant que quelques séries courtes très exposées. 1/3 d'épée et une entière seront nécessaires pour en venir à bout après deux avis sonnés. Applaudissements à l'arrastre et salut au tiers.

Son second jette ses pattes en avant et porte haut les cornes. Il freine dans sa charge et fuit. C'est un manso complet qui ne passera jamais ni dans la muleta, ni dans la cape. Il charge le cheval par huit fois, le picador peinant à le rencontrer. Dommage que le deuxième picador n'ait pas pu entrer. La huitième pique est donnée après que les clarines aient sonné. Des capes jonchent le sol un peu partout. Les banderilleros, remarquables de constance, salueront logiquement et seront ovationnés. Impossible de construire la moindre faena, le torero abrège la rencontre d'une entière tombée. Sifflets à l'arrastre, salut au tiers pour le torero qui se voit refuser la vuelta par le public.