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Cheval de trois...

Vic Fezensac, Bilan plus que satisfaisant. Et notamment avec les piques et la bravoure des toros...

On a vu du toro, ça tout le monde est bien d'accord...les tercios de piques ont été comme d'habitude, soit...soit....c'est à dire, ou bien placées et avec les canons...ou salopées, et pompées, carioquées etc etc.

Les quelques gamins qui viennent discuter avec moi après les courses, pour échanger, me poser des questions et qielques fois pointer un "fait de jeu" sont tout étonnés du nombre de chutes et de la puissance retrouvées des toros...cette année.

Alors certes, les lots étaient sans doute bien meilleurs, quelques toros tirant le tout vers le haut, La Quinta, les Trois Dolores, les Pedrazas consensuels en diable entre les toreristes et les toristes, et quelques actuacion importantes de types qui se sont croisés, ont franchi la ligne et ont permis aux toros de faire le point d'interrogation.

Quand à moi, je me pose des questions, Jean Jacques m'ayant dit qu'il trouvait le peto bien bas et du coup entravant les jambes des chevaux compromettant leur équilibre, je repensais à Miura le père, qui avait dit un jour que si tu remontais le peto de 20 cm alors tu comprendrais la véritable force du toro...

je peste, à tort ou à raison contre les chevaux de Bonijol, certains y voient un spectacle fantastique car les chevaux "torèent" (sic) ils absorbent les chocs, en se penchant, et en tournant sur eux même avant de se coucher sur la tête du toro...et parfois sortir en marche arrière du ruedo...c'est beau disent les voisines...

Il me semble que ce que j'appelle la double carioca, ne favorise en aucun cas un toro très brave. Sauf si comme souvent, en tournant il se retrouve sous la tête des chevaux de face et en poussant fait tomber l'édifice entier. Discutant avec un ancien picador celui-ci me confirmait plusieurs choses dont notamment l'importance de juger de la fixité d'un toro...mais comment fixer celui-ci si le cheval tourne, et absorbe la poussée? Comment juger de sa bravoure si il ne peut mettre les reins? Comment juger de sa force si on l'épuise en mettant tout le poids du cheval sur sa tête?

Voyons, dans la plupart des piques celles-ci sont données en mettant le cheval de travers (et non trois quart face comme demandé dans les canons de la pique) le toro tape alors dans un véritable mur (il suffit de regarder les impacts sur le peto, souvent placés à l'arrière des étriers..ce qui provoque souvent d'ailleurs le déséquilibre du cavalier. Pour le toro c'est une épreuve, le choc doit être progressif, il faut laisser la sortie au toro, voir si il poursuit son effort ou profite de l'ouverture pour sortir seul...mais si le cheval tourne alors???

Si le cheval ne tourne pas, alors le toro peut mettre les reins, pousser sur les deux cornes, et l'on peut assister à ce que l'on a vu à Vic. Tout le monde peut juger de la fixité, de la puissance et de la valeur du toro, sa bravoure dans la poussée sous la morsure du fer, n'étant plus une "punition" mais un véritable combat...

N'étant pas cavalier, je ne sais pas le degré de difficulté du picador à ménager monture et vara en même temps, mais ce dont je suis sur, c'est que les chevaux légers qui ne tournent pas, se font soulever, et jeter à terre....je suis certain que les bonhommes dessus n'aiment pas, mais pas du tout. Alors, mais à condition j'imagine d'être un bon cavalier un cheval léger qui absorbe le choc permet de bloquer le toro et de lui ôter quelques velleités, sinon plus...

Ma théorie de la double carioca, s'est plutôt révélée positive à la vue des différents tercios de varas Vicois cette année, puisque la cuadra de Bonijol, bloquée pour des raisons sanitaires , a été remplacée par celle de Madrid...avec selon mon opinion des tercios donnés comme je l'explique plus haut en donnant la possibilité au toro de pousser, et d'être mis en valeur...les éleveurs ont dû apprécier, d'autant que dans ce cas, le fait de placer le toro assez proche, et de l'éloigner ensuite pour les deux rencontres suivantes prend tout son sens, car les impacts sont régulés par la distance, la course et la bravoure du toro...celui-ci garde du jus, car il n'est pas épuisé, (par le poids du cheval) mais bien régulé, ce qui met en évidence le cavalier, sa monture, et le maestro...un cheval de trois...en quelque sorte....Non??

CHF