Mercredi 19 juillet 2006 - Corrida à Mont-de-Marsan

.......Ci-après deux premiers "regards", toujours dans l'ordre où ils nous sont parvenus. Le premier rapide, le deuxième plus détaillés, mais tous deux convergents et témoignant d'une vision aficionada de grande qualité. Le troisième "trublion" est, cette fois-ci, pour la course de ce jour, bien d'accord avec les deux premiers. Comme il est arrivé le dernier, il ne pouvait qu'obtenir le mot de la fin sur cette "Madeleine 2006".

I

.......Trois toros de Hermanos García Jiménez (2ème, 3ème et 4ème), deux de Peña de Francia (1er et 5ème) et un de José Ignacio Charro Sánchez-Tabernero (remplaçant un García Jiménez)

.......Toros discrets de présentation et d'armures, faibles à divers degrés, monopiqués, maniables et nobles en général, exception pour le sobrero bien présenté et armé, compliqué :

.......Pas grand chose à dire sur une course ternie par la présentation des toros,

.......Morante donne les meilleurs gestes de la tarde à la cape face au 4ème mais écoute deux broncas.

.......El Juli coupe la seule oreille méritée du jour face à un torito et dû jouer à l'infirmier face au 5ème qui fit la faena avec une banderille dans l'oreille...

.......Eduardo Gallo se montra pueblerino face au 3ème et coupa une oreille, il ne se risqua pas face au 6ème...

.......Temps estival, no hay billetes. .......Eduardo Gallo se présentait à Mont-de-Marsan.

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II

.......Corrida de Hnos GARCIA JIMENEZ (encaste Juan Pedro Domecq) pour José Antonio MORANTE CAMACHO "MORANTE de la PUEBLA" (tabac et or), Julian LOPEZ "EL JULI" (violet et or), et Eduardo GALLO (vert empire à parements blancs et or)

.......Lot de présentation plus que médiocre, sans trapío et d'armures oscillant entre le bizarre et le suspect.

.......1er : sort avec une devise vert et blanc, au lieu de rose et bleu (peut-être une hallucination due à la chaleur ?). Il s'endort sous la mono-pique et ne suit pas aux banderilles, se réservant sans doute lui aussi pour le 3ème tiers … Toujours est-il qu'il a l'outrecuidance de donner un coup de tête au capote, puis un sur un doblón, et aggrave son cas en désarmant Morante au 1er derechazo. Le verdict est rapide et sans appel : demi-lame chanceuse sous les huées et descabello. Silence bien élevé.

.......2ème : fin de ligne et court de cornes, un trapío de novillo. Il pousse un peu sous une pique levée rapidement. Quite fleuri d'"El Juli" et 2ème tiers limité à 4 banderilles. L'animal s'agenouille à la 2ème série de derechazos, qui pourtant l'obligent peu. Pour cet ersatz de toro, imbécile au vrai sens du terme, même la musique joue en sourdine pour éviter de le gêner. Manifestement, cette attention ne suffit pas, puisque la bédigue se couche tout simplement au milieu du ruedo en fin de faena. Quelques passes en rond déclenchent le délire du public ; belle entière en place. Oreille, avec pétition de la 2ème, le palco tenant bon, avec un geste de dénégation sans équivoque.

.......3ème :distrait et pas fixé à la cape ; un péon le laisse filer au cheval pour une pique, ou du moins ce qui tente d'en tenir lieu. Encore 4 banderilles, dont 2 à cornes passées. "El Gallo" débute sa faena à genoux au centre du ruedo, et le toro l'imite ; suit une faenita marginale par nécessité, en "partenariat" avec un collaborateur soso. Final dans le berceau, puis par statuaires, pinchazo suffisant et oreille.

.......4ème : encore un exemplaire de trapío limite, qui sort abanto, perd les mains à chaque capotazo et prend une pique au milieu du dos, "carioquée", sans mise en suerte. 5 banderilles seront posées au petit bonheur. Morante paraît cette fois plus décidé et sert deux séries volontaires à droite. Ca se passe moins bien à gauche, avec la muleta accrochée et un toro faible et compliqué qui l'emmène aux planches, puis le promène carrément, bouche fermée. Un pinchazo, puis deux autres par le large (résultat d'une vexation causée par l'avis sonné ?) et descabello. Sifflets bien tempérés.

.......5ème : un bizco qui tient à peu près debout, bien reçu par des véroniques en parón ; il désarme un péon, effectue une demi-vuelta de campana, sort à genoux d'un simulacre de pique et se met à boiter. Les pitones, "ou ce qu'il en reste, forment de magnifiques pinceaux. Ce toro, qui n'est pas tombé à la cape, se rattrape en se vautrant allègrement à la 1ère passe de muleta (boulet démis ?). Une faena d'infirmier sous les quolibets (au Moun, le tendido 7 est en fait le 6) se conclut par une entière trasera et un geste de dépit du torero, jetant la muleta sur les planches (mais qui a choisi cet élevage et même ce toro ?). Salut aux tiers désolé.

.......6ème : après une belle réception l'amenant au centre, le toro se met à boîter sérieusement de l'antérieur droit, et est changé pour un José Ignacio CHARRO SANCHEZ TABERNERO (2ème fer de CHARRO de LLEN), petit mais bien fait, bien armé, astifino, lui (!), et légèrement boiteux lui aussi …Il pousse sous une pique trop longue, a droit à 3 paires de banderilles, et arrive avec du gaz, en pesant dans la muleta d'"El Gallo". Celui-ci-, averti, subit la charge comme il peut et abrège, ou du moins essaie, car ce toro jamais dominé est long à cadrer. Il tue avec chance d'un mete y saca placé au hasard et d'une entière du même style, mais d'effet immédiat. Silence compatissant. .......Il aura fallu attendre le 6ème, ou du moins son remplaçant, donc non prévu initialement pour sortir, afin de voir quelque chose qui ressemble plus ou moins à un toro de combat ; quel bel argumentaire avons-nous offert,une fois de plus dans ce spectacle pour et avec vedettes, aux anti-corridas!

.......Lors de la tertulia, deux choses m'ont particulièrement hérissé. .......D'abord, l'argument selon lequel ce serait la dureté de la piste à Mont-de-Marsan qui rendrait les toros faibles, ou du moins occasionnerait les chutes à répétition : cela fait dix ans que cela revient régulièrement. Soit c'est vrai, et cette arène dite de 1ère catégorie (française) prend les moyens de refaire sa piste (ou arrête de célébrer des corridas), soit c'est faux, et on arrête de prendre le "cochon de payant" pour un idiot. .......Ensuite l'encensement permanent autour de Julian Lopez. A entendre ses thuriféraires, on croirait que ce torero (qui a encore ce soir montré son professionnalisme, contrairement à d'autres, et avec tous les bémols que l'on peut mettre quant au choix de ses "adversaires") vient à Mont-de-Marsan pour les beaux yeux des Montois et Montoises ; peut-être vient-il réellement sans cachet, mais alors là, nous tenons ce que les Anglo-Saxons appellent un scoop ...

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III

.......Mercredi 19 juillet, toros de Hermanos GARCIA JIMENEZ et PEÑA DE FRANCIA. .......Toros anovillados pour certains, aux armures plus que commodes, ils furent des faire-valoir, et méritent donc peu d'intérêt même si des oreilles furent coupées. .......Conclusion générale : .......Le bilan est des plus triste, le public y fut en baisse, le plein n'étant assuré que le jour de la présence d'"EL JULI" Beaucoup de reproches à faire à l'état du sol du ruedo, trop dur à priori. Mais surtout, côté toros ce fut la disette, peut-être à cause de la langue bleue. .......Un seul ganadero échappe à cette critique c'est Robert MARGEÉ. Après le défilé de lots impotents à quelques toros près, ses pensionnaires furent les seuls qui en piste se comportèrent en toros de combat,. .......A une époque de corrida light où il est presque malsain de piquer un toro, à une époque ou celui-ci devient un faire valoir, et même si c'est à contre courant, y compris de certains médias, il est réconfortant de voir des toros qui permettent à l'aficionado de vivre une vrai tarde de toros, même si les toreros qui les affrontent n'arrivent pas à les dominer ! .......La corrida est ou devrait être cet affrontement où les qualités de lidiador de l'homme qui affronte ces bêtes sont mises en avant pour les dominer, au lieu d'être un ballet, certes parfois artistique, au cours duquel le toro n'est qu'un faire valoir.

.......A noter également que beaucoup d'armures parurent suspectes, et l'on souhaite que cette fois-ci que les cornes prélevées ne se perdent pas !

.......Note du Webmaster : Les anti nous bassinent en publiant sempiternellement des listes de "personnalités antitaurines". .......Par réciprocité, je suis heureux de produire ce petit extait de la reseña que Jean-Paul Campistron a donné de cette corrida dans "Terres Taurines" : ......."... Présence dans les tendidos, d’Elise Lucet, présentatrice du journal télévisé de France3 et de Pierre Bénichou, chroniqueur dans l’émission « On a tout essayé » de Laurent Ruquier sur France 2. .......Elise Lucet a gracieusement accepté que je mentionne son aficion à la tauromachie."

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