15 août 2005 - Corrida de Palha à Béziers 18 août - A propos d'une interview de Mr João Folque de Mendoça

16 août 2005 ........Voici de courts extraits de chroniques, émanant de deux quotidiens régionaux et de deux sites taurins, consacrées à la corrida de Palha du 15 août à Béziers. Nous nous sommes permis de colorer, en vert ou en rouge, les passages qui ont inspiré le commentaire qui leur fait suite :

"... La corrida de Palha très attendue en raison d'un contexte polémique (une affaire, encore pendante, de cornes de toros de cet élevage sur lesquelles pèse un soupçon de manipulation frauduleuse) s'est avérée aussi âpre que superbement présentée, les six exemplaires à la bravoure très variable s'avérant le plus souvent être de très retors opposants faisant souffler la tempête en piste. ..." Vincent COSTE in Le Midil Libre du 16-08-2005

"... Avec un lot de Palha, irréprochable de présentation, extériorisant de la bravoure mais montrant par la suite danger, charges réservées ou tempéraments très compliqués, les maestros ont passé hier globalement un très inconfortable après-midi. ..." Roland M. in Sud-Ouest du 16-08-2005

"… Six toros donc, en ce jour dont Stéphane se souviendra, de Palha. Tous magnifiquement présentés, armés façon porte manteaux hormis le troisième hors du type qui se révèlera le meilleur ou du moins le moins mauvais collaborateur. Tous sont allés volontiers secouer les uhlans avec une teinte de bravoure et beaucoup de puissance mais tous ont été difficiles à souhait hormis le troisième déjà cité...." Pierre Charrain in Terres Taurines du 16 08 2005

"... Con un minuto de silencio en recuerdo de Manolo Vázquez, tristemente desaparecido ayer domingo, se ha iniciado el último festejo de la Feria de Béziers 2005, en el que se ha lidiado un encierro de Palha. Si esta ganadería ha estado rodeada de la polémica en Francia por una presunta manipulación fraudulenta de pitones, yo puedo asegurar, y pondría la mano sobre el fuego, como creo que lo haría hoy todo el público, que la corrida de esta tarde no ofrecía ni de lejos la más mínima sospecha. Todo al contrario, la corrida ha lucido toda ella unas muy astifinas defensas...." Germán Jiménez Andréu in Burladerodos. Lunes, Agosto 15, 2005 22:00:00 Hora GMT

.......Remarquer que les appréciations portées par la gent médiatique sur les Palha d'Alès et d'Aire-sur-Adour avaient été beaucoup plus nuancées. .......Remarquer aussi l'excessive prudence de Vincent Coste dans Le Midi Libre et de Germán Jiménez Andréu sur Burladerodos, "un soupçon de manipulation frauduleuse" pour le premier, "una presunta manipulación fraudulenta de pitones" pour le second. Non, Messieurs ! Depuis que les résultats de la contre-expertise ont été rendus publics, validant ceux de l'expertise initiale, il ne s'agit plus de "soupçon", ni de "présomption", mais de certitude. Il convient d'appeler un chat, un chat : Les cornes analysées avaient été frauduleusement amoindries, "afeitées" pour dire encore mieux et sans équivoque. .......Il est consternant de constater que des chroniqueurs taurins s'extasient maintenant sur la qualité des cornes des Palha biterrois, le meilleur dans ce registre étant Germán Jiménez Andréu qui est tout prêt à en mettre sa main au feu et invite le public à en faire autant ! Il était quand même impensable que Mr Joao Folque de Mendoça ne fasse sortir dans la ville du Président de l'U.V.T.F. un lot irréprochable (nous croyons savoir qu'aucune corne n'a éclaté en cours de lidia) fournissant du même coup un élément de comparaison avec les précédents lots qu'il a fait courir en France et administrant la preuve que, n'étant, ni un imbécile, ni un irresponsable, il est capable d'"afeiter" ou de ne pas "afeiter". .......Les taureaux de Béziers étaient, donc, limpios. Et alors ? La présence de toros aux cornes intactes dans une arène serait-elle à considérer, désormais, comme un évènement extraordinaire ? .......Et, bien entendu, ceci n'absout en rien cet éleveur des manipulations frauduleuses dont il s'est rendu coupable en 2004. ...... Nous attendons que la sanction qu'il a mérité et qui a été lamentablement différée, mise à l'index pendant un an, soit rendue effective en 2006 par l'unanimité des villes de l'U.V.T.F.. .......Si tel n'était pas le cas, la Fédération des Sociétés Taurines de France laisserait éclater son indignation et engagerait tous les aficionados dans un large mouvement de protestation. 18 août 2005 - A propos d'une interview de Mr João Folque de Mendoça, ganadero de Palha

.......Voici quelques passages de l'interview donnée par João Folque de Mendoça dans le Midi Libre, ce même lundi 15 août avant la corrida (l'intégralité de cette interview ainsi que la réponse que lui apporte le Présicent de l'UVTF est disponible sur ce site à la rubrique " Informations/Evènements, réactions et commentaires" sous le titre : João Folque de Mendoça envenime ses relations avec l'UVTF !) :

"(...) Mon élevage est irréprochable. (...) (...) Je pense qu'il y a des intérêts cachés et des jalousies. On a cherché avec cette affaire [afeitado à Nimes en 2004] à me décrédibiliser, me bouter du marché du toro de combat et des arènes. Cela me fait penser à l'affaire Dreyfus (...) (...) C'est un combat inégal. Le mien n'est pas d'arranger les cornes des toros pour Stéphane Meca ou Jesus Millan, le leur est de me mettre hors jeu au prix d'alliances contre nature, de tactiques pitoyables. (...)"

.......Ci-dessous, une partie du commentaire que cette interview inspire à André Viard (Terres Taurines du 18 août) :

" Plutôt que de faire profil bas dans l'attente de la décision de l'UVTF qui devrait logiquement lui interdire de lidier en France l'an prochain, le matin de sa corrida bitteroise, le ganadero de Palha déclarait à notre confrère Midi Libre : ............ (voir ci-dessus) ............ Il n'est bien sûr pas inutile de rappeler que personne n'a jamais prétendu que le sieur Folque avait "afeité" ses toros pour faire plaisir aux toreros qui les combattent, mais chacun sait, et cela a été démontré par les analyses, que les "pertes artificielles de substance" constatées au bout des cornes de certains des toros de Palha ont le même but que le bâton oint d'essence de térébenthine planté au fondement de leurs haridelles par les maquignons gitans pour les faire passer pour des pur-sang : vendre du second choix au prix du premier en refaisant des pointes abîmées pour leur donner un aspect plus crédible."

.......Notre propre commentaire sur l'ensemble de ce qui précède : .......Voilà que Mr Folque se prend maintenant pour le Capitaine Dreyfus ! Comme nous ne souhaitons pas la mort du pécheur, nous sommes rassurés, le ridicule ne tue pas ! Que vient faire son allusion à Stéphane Fernandez Meca et à Jesus Milian ? S'agit-il d'un demi-aveu du genre : "Entendez-moi bien, ce n'est pas pour un Stéphane Meca ou un Jesus Milian que j'arrangerais des cornes !" ? .......Partageant l'opinion d'André Viard, nous avons du mal à comprendre pourquoi ce Monsieur s'entête à jouer la victime éplorée alors qu'il aurait eu tout intérêt à faire le dos rond, à purger sa peine en silence et à attendre des jours meilleurs. Des éleveurs au moins aussi prestigieux que lui ont déjà été pris par l'UVTF la main dans le sac ou plutôt sur l'égoïne et se sont bien gardés de provoquer un tel tapage.

.......La suite du commentaire d'André Viard est très intéressante mais doit être corrigée parce qu'elle prête à confusion. .......Les analyses ont démontré que les pertes de substances constatées au bout des cornes n'étaient pas naturelles mais provoquées par la volonté et la main de l'homme, un point c'est tout ! Ces analyses ne permettent en aucun cas de préjuger des finalités de l'opération : "afeitado" pour satisfaire les toreros ou soins esthétiques ("arreglado") pour faire passer des vessies pour des lanternes ? .......André Viard incline pour la deuxième hypothèse et précise que "chacun (le) sait", ces "chacun" se recrutant, sans-doute, dans des milieux bien informés. .......Ce n'est pas invraisemblable mais n'atténue en rien la culpabilité de l'éleveur. La procédure de prélèvement des cornes, validée par l'U.V.T.F., lui laissait la possibilité de soustraire deux taureaux du tirage au sort au moment où les cornes étaient saisies pour analyse. Il lui suffisait d'indiquer que les cornes de ces deux taureaux avaient été "arréglées". Monsieur de Mendoça s'est bien gardé de le faire, il aurait dû reconnaître, en fait, que ses six taureaux étaient "arréglés". ........Pour le spectateur, qui ayant payé sa place, a obtenu le droit de voir, conformément à l'article 45 du R.T.M., des taureaux aux "cornes intactes", le préjudice est le même quel que soit le but de la fraude. Il a été trompé. Il attend que l'U.V.T.F. qui prétend garantir ses droits et protéger ses intérêts agisse en conséquence. .......Toutefois, s'il retient l'hypothèse d'André Viard, il n'est pas interdit à ce spectateur de se demander si Mr de Mendoça a "vendu le second choix au prix du premier" ou s'il a consenti un petit rabais ou plutôt une discrète ristourne à des organisateurs officiant, la plupart du temps en régie, dans des arènes dites de 1ère catégorie, Nîmoises par exemple, et appartenant évidemment aux milieux bien informés. .......Le seul qui, dans cette affaire que Mr de Mendoça s'ingénie, semble-t-il, à faire durer à plaisir (tant pis pour lui !), puisse se considérer comme la victime d'un "combat inégal", c'est le spectateur, cet éternel cocu ! .......Ah ! Ce mundillo !