FERIA DE BEZIERS 2017 CORRIDA DE VICTORINO MARTIN DU 14 AOUT POUR MANUEL ESCIBANO-- DAVID MORA-- ET MEDHI SAVALLI

Dans la pénombre des chiqueros, la tension est forte. Les Victorino absents de Béziers depuis fort longtemps, savent, on ne sait par quel mécanisme, que pèse sur eux une attente démesurée.

Dans la pénombre d'une chambre d’hôtel non loin des arènes, une toute aussi forte pression enveloppe ce torero qui, ayant retrouvé sa ligne, n'a plus à se demander si le beau costume qui lui allait si bien l'année dernière, était toujours à la bonne mesure. Non ! Il devait couper 3 oreilles à ses deux toros. Immense défi !!! Pourquoi ?

Dans la lumière de cet après midi du 14 août, la foule chante, la musique joue, et cette P …. de vie va se charger de mettre de l'ordre dans le scénario que l'on s’était évertué d’écrire sans elle . Les très beaux Victorino n'ont été que de très pales représentants de leurs ancêtres, ceux dont on parle encore dans les chaumières bien sûr. Incapables de tenir la distance d'une lidia complète, fades et sans défenses. Quand la force n'est pas là, le genio est forcément absent !

Comment, avec de pareils adversaires sans âmes, notre torero va- t- il pouvoir couper ces 3 oreilles tant attendues ! Son premier ne les lui a pas offertes, et couper 3 oreilles à son second devenait une gageure à moins d'ajouter la queue dans le panier ! Mais le naufrage a été total à son second, mettant tout ce petit monde devant une réalité accablante. Comprendre que Victorino Martin en bon commerçant qu'il est, se donne des priorités pour livrer ses bons toros, et Béziers n'était donc pas un client chéri. Puis, on comprend aussi que Medhi, tout agréable personnage qu'il est, n’était évidemment pas dimensionné pour couper 3 oreilles à deux toros.
Quelle histoire !!!
Sauf que cette histoire a été vendue avec toute la grâce voulue au public qui a généreusement répondu à cette proposition. Et cette mauvaise histoire a aussi été celle de ses compères de cartel, Manuel ESCRIBANO et David MORA, qui eux avaient la capacité de l’écrire autrement ! Mais ESCRIBANO s’est tenu à large distance de ses opposants et MORA a regardé passer son second, en oubliant même qu'il fallait aussi le tuer.

Triste après midi donc pour ce public qui a payé cher pour justifier par sa seule présence, que des corridas toristas -mais des vraies- ont leur place dans la Séville Française.

 

                                                               JEAN LOUIS COMTE