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Des grues en Hiver

DES GRUES EN HIVER

 

 

Le soleil pointe par dessus le grand pin d’en face, le palmier s’étale aux derniers rayons de soleil, je suis dans mon bureau à regarder la buée qui vient opacifier ma fenêtre.

L’automne tourne à l’hiver et la température tombe.

Pour raison professionnelles, je ne pourrai me rendre à l’invitation de mon Ami Gaston Ramirez Cuevas comme prévu, à Mexico, voir “pépé Tommy“ comme il l’appelle avec tendresse, dans le chaudron de la monumental dans un mano à mano explosif avec Joselito Adame. J’aimerais tant être à la retraite et pouvoir bénéficier de ces moments là.

Mais je t’en fous, voilà que je me lance des défis, et de nouvelles aventures.

 

Je suis face à mon clavier où je n’en finis pas de finir d’écrire.

Effacer, ré écrire, ré effacer, ce bouquin n’en finira pas.

Moi qui écris de façon spontanée, dans l’instant (je n’aime pas me relire) je m’accroche à cet exercice difficile de l’écriture plus “travaillée“ mais je ne désespère pas.

 

J’écoute “grizzly bar“ en boucle et le dernier opus de Gilmour “and then…“ que l’on peut traduire par “et Alors“ ça en dit long sur mon état d’esprit.

Je me refais la saison dans la tête donc sans notes toujours, il se peut que j’ai des oublis, mais au moins ce que je cite m’a marqué, les autres endroits ou je suis allé ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables.

 

MADRID

Encerona de Fandiño : “corrida d’expectation etc etc.“

L’arène blindée jusqu’au toit.

L’incrédulité des organisateurs, alors on peut remplir avec ce genre de corrida ?

Six élevages différents d’encastes dits minoritaires.

La soupe à la grimace, a-t-il été mangé par l’événement ?

Les doutes, et les questionnements ?

Le geste était beau, mais c’est une soirée magnifique passée au bord du Guadalquivir sous les orangers, dans les senteurs printanières, avec une femme superbe qui finit par s’en aller au bras d’un autre.

Triste !

 

SAINT MARTIN DE CRAU

Partout ailleurs dans une grande arène, le “François André“, et le “gallon“ auraient été primés, et peut-être pour le dernier indulté…même si je n’aime pas ça, vas savoir ?

Une grande course, encore et toujours à St Martin, de toros Français, le plaisir de revoir Un Concha y Sierra, malheureusement mal lidié par l’ami Savalli, et un Cura de Valverde un peu en dedans (on a longtemps parlé du travail à faire) mais quel bonheur taurin…on y retournera cette année pour sur la UNICA le mérite amplement.

 

VIC FEZENSAC

J’ai suffisamment râlé contre l’échange inopportun de Carlos Vénégas au profit de Dufau, et même si ça déplait à mes amis de Vic je regrette vraiment ce qui s’est passé.

La course de CEBADA était plus que moyenne et les trophées octroyés, pour mémoire, une vuelta et une oreille me semblent abusif, surtout par les changements de présidence, curieux et spécialement ce jour là ?

Les Dolores ont déçus, même si le lot n’était pas si mal que ça.

Tout sourire en revanche pour la course de VALDELLAN et la sortie de CUBANO qui sécha César Valencia, allé au bout de ses forces, (et mangé tout cru)

Deux tercio de piques à retenir avec Gabin, et Ivan Garcia au sommet sur Cubano toro d’exception de Valdellan.

En revanche tristes Escolar Gil

 

CERET

Le désarroi de mes amis cérétans, faisait peine à voir. Que s’est-il passé pour que tous les lots soient aussi faiblards, alors que les châssis étaient magnifiques ?

Décevant, et des leçons à tirer.

La cavalerie de Séville a rendu une copie plus que propre.

Les matadors, peu engagés, (ça n’est rien de le dire) ne suffisent pas à expliquer le fiasco animal.

Le propre des gens sincères est de ne rien masquer, les amis cérétans ont fait face.

Peut-être l’occasion de repartir vers des terrains un peu plus inconnus ?

 

MONT DE MARSAN

 

Quel contraste avec la saison précédente, une féria plus que très moyenne, malgré les bravades des organisateurs, et la machine à gargariser de KIKA.

Deux épisodes pourtant à retenir (sur la féria c’est peu, et en même temps hein ?)

Les Cebada Gago avec le cirque habituel de Rafaellillo, et l’aguante de Perez Mota.

Une corrida de Cebada âpre, dure, et sans rémission.

Ce qui m’a rendu moins critique que d’habitude.

Dans un autre registre, le mano à mano Fandiño Ponce, d’accord, d’accord des toros commerciaux, mais avec du répondant même si “Jo la lime“ semble avoir sévi.

Le guerrier de retour, faénon du Tsar de retour aux affaires, dans le cercle central, sans concessions, seul, à genoux, et face à un adversaire au final coriace.

Un pur bonheur.

Ponce, et ses faenas, dont une “Chapelle Sixtine“ larmes aux yeux, vous savez quand on oublie tout :“les misères, la vraie vie, nos chagrins, nos déceptions, que l’instant tourne à l’éternité “ une gomme qui efface tout ce qui nous nuit, un pinceau, fragile, des traits de peinture, qui façonnent l’œuvre, des notes aériennes, des souffles de vent, l’incroyable. Un souvenir ineffaçable, et comme une signature, un dernier changement de main suspendu dans le temps.

J’ai titré : “l’aimer aura été mon châtiment“ moi qui ne voulais plus voir Ponce même en peinture.

Il ne faut jamais dire jamais.

 

ORTHEZ

 

On avait peur de l’indulto, on a eu droit à un fiasco total.

Des Valdellan de fond de tiroir, quel gouffre entre ceux de Vic et ceux d’Orthez, des toreros à la ramasse.

La présidence (la même qu’à Vic le jour des “Cebada“) qui fait jouer la musique à la première demi-série de Thomas Dufau, toute acquise à la cause, mais patatras, Thomas se prend les pieds dans le tapis.

Une catastrophe dans tous les sens du terme heureusement pour les présents, la “Victorinade“ du Moun, abandonnée par ceux présents à Orthez a été proche de la mascarade.

 

 

DAX

 

Comment ne pas citer la “Pedraza de Yeltes“, ce lot complet selon moi, avec curieusement un toro anovillado (le premier) je regrette deux choses, la première est la remise du trophée à Gabin dont les piques n’ont jamais été correctes et pire, je pense qu’il s’est mis en difficulté tout seul, mais passons.

Mon deuxième regret est le cirque fait autour de Bonijol.

Ce qui a occulté (même si la phase du cheval tombé (trop légers les Bonijol,  quand il y toro toro ??) et du picador coincé a énervé tout le monde par le laxisme et du chef de lidia (Castaño) et des toreros dont Robleño, et Juan Del Alamo qui, pourtant, méritait beaucoup, beaucoup, mieux que ce que lui a réservé l’aficion Dacquoise à sa sortie.

 

 

MES MATADORS DE L’ANNEE

 

DIEGO URDIALES : Un modèle de vérité et de sincérité, je suis heureux de son triomphe Bilbaïne avec “FAVORITO“

 

PACO URENA : LE COURAGE TOUT COMME SAUL JIMENEZ

 

JOSELITO ADAME : LA REGULARITE, LA SINCERITE ;

 

MORENITO DE ARANDA : MET LE TORO EN VALEUR SYSTEMATIQUEMENT, HYPER TECHNIQUE

 

SANCHEZ VARA : UNE ASSURANCE VIE EN CAS DE TREMBLEMENT DE TERRE, S’EST MALHEUREUSEMENT LOUPE A VIC MEME SI LE LOT D’YBARRA ETAIT EN DEDANS.

 

CARLOS VENEGAS : PEU DE CONTRATS ET FAIT POURTANT LEVER LE PUBLIC DE MADRID, SEPT COMPRIS,  SYSTEMATIQUEMENT ET PAS SEULEMENT… PREND TOUS LES TOROS, TRIOMPHE DEUX FOIS A MADRID AVEC DU TRES LOURD.

 

MIGUEL ANGEL DELGADO : POUR SA SINCERITE

 

IVAN FANDINO : SA CAPACITE A FAIRE FACE MALGRE LA CATASTROPHE DE MADRID

 

PEPE MORAL : A REUSSI A FAIRE DEGOUPILLER LE JULI, VA CHATOUILLER LES FIGURES.

 

 

LES GESTES

 

FANDINO MADRID UN CONTRE SIX

LE JULI PORTA GAYOLA  DANS LA BOUE POUR QUESTION DE PUNDONOR A DAX

MANZANARES LE RECIBIR DE SEPTEMBRE A DAX, LA FOUDRE AU BOUT DE L’EPEE

ENRIQUE PONCE AU MOUN VOIR VENISE ET MOURIR

CESAR VALENCIA ET ALBERTO LAMELAS : MORITURI TE SALUTAN

 

 

 

LES PLUS GRANDES DECEPTIONS

 

VICTORINO MARTIN

ESCOLAR GIL

CERET

SAVALLI, DUFAU, JUAN LEAL, HUSSON

LE MOUN

LA SEMAINE TORO TORO DE MADRID

 

 

NOVILLADA

La Baltasar Iban de Mugron, un exemple de sauvagerie totale, Un Husson qui s’arrime un novillo qui met au sol par trois fois sous le fer en poussant un picador, qui piquera à pieds de derrière le cheval, bref une tarde de toros qui valait bien quelques affiches connues de toros de Cinq ans.

 

NOVILLEROS

 

ROCA REY : Espérons qu’il ne se perde pas en route

 

JOAQUIN GALDOS : S’il y en a un à suivre c’est lui, il a tout (si les toros ne le mangent pas)

 

HUSSON : Triste

 

SALENC : clone du Juli à son âge, malin, sait drôlement bien toréer le public et la presse, possède une jambe droite montée sur marche arrière, et, une naturelle télescopique.

 

Mes indignations :

 

LE FIT

MORANTE ABSENT DANS LE SUD OUEST

JOSE TOMAS ABSENT DANS LE SUD OUEST

CARLOS VENEGAS ABSENT DANS LE SUD OUEST

L’ETERNEL CINEMA DES PEONS QUI HURLENT DES BIEEEENS POUR FAIRE MONTER LA SAUCE

LE CIRQUE DES CALLEJONS

LES INDULTOS

LA PERTE D’AFICIONADOS AU PROFIT D’UN PUBLIC “QUI N’AIME PAS LE SANG“

JULIPIE, TALAVANTEPIE, ET CONSORTS

LES LOTS TOUCHES A PEU PRES PARTOUT (QUI REFAIT LES CORNES ? CA SE VOIT )

LE PRIX DES PLACES

LE MENSONGE PERMANENT DES AFFICHES

LES LOTS CHANGES AU DERNIER MOMENT

LES PRESIDENCES COMPLICES

LES TRIOMPHES FACILES ET LOCAUX

LE MANQUE DE TOREROS FRANÇAIS AU PLUS HAUT NIVEAU (A PART SEBASTIEN QUI FAIT UNE DE SES MEILLEUR SAISON ET JUAN BAUTISTA QUI BAISSE DOUCEMENT)

L’ENTOURAGE DE JUAN LEAL QUI LE TUE PAR PITIE QU’ON LE SORTE DE SON ENFERMEMENT SUICIDAIRE ET QUE QUELQU’UN LUI PARLE VRAI.

LES MEMES TOROS POUR LES MEMES TOREROS

LES PIQUES APPLAUDIES QUAND ELLES SONT MAUVAISES

LES NON PIQUES APPLAUDIES QUAND ELLES SONT MAUVAISES

LES SILENCES COUPABLES FACE AUX TRAFICS DE CORNES : “CA SE VOIT“

 

Voilà, le temps de poser ces quelques lignes, les grues trompettent dans le ciel, je vais sortir de mon écriture.

Rentrer dans l’hiver.

J’aurais des nouvelles des Amériques.

Amitiés à tous ceux que je croiserai dans les deux mois à venir, dans les “placitas“ qui organisent encore quelques évènements puis à tous ceux que j’ai croisés.

 

Et comme dit l’autre, je peux me tromper…si c’est de bonne fois.

 

CHF