AIRE sur l’ADOUR – Dimanche 16 juin 2019

Corrida de VALDEFRESNO pour Fernando ROBLEÑO (chocolat à parements blancs et or), Octavio CHACON (bleu ciel à parements noirs et or) et Daniel LUQUE (violine à parements blancs et or).

Lot de présentation et d’armures disparates, présentant deux points communs : faiblesse à des degrés divers et noblesse sans faille. Des 1er et 2ème tercios tronqués, ou symboliques, ou les deux. En bref, une après-midi sin toro, … Chaque matador est bien sûr reparti avec une (ou des) oreille(s).

1er(né en 2014 …) : negro entrepelado burraco meano d’armure tournée vers le haut, astifina mais courte, faiblard. La pique, en place, est poussée aux planches et continue en carioca ; la demande de changement, accordée bien sûr, déclenche de discrètes protestations. Trois paires (miracle !) de banderilles correctes, avec poursuites. Plus ou moins camouflée aux deux premiers tiers, la faiblesse devient patente au 3ème. Faisant avec les chutes du cornu, Robleño se croise à droite, moins à gauche puis raccourcit les distances. Entière basse d’effet immédiat, hurlements pour l’attribution d’un trophée et sage salut aux tiers.

2ème (né en 2014 …) : negro, armé large et en pointes et surtout … un trapio de novillo. Coureur, long à fixer et à vrai dire pas fixé à l’entrée du picador, l’animal fonce sur le cheval pour un refilon suivi d’un picotazo ; replacé à bonne distance, il revient au petit galop pour une piqûre symbolique. 2ème tiers long, arrêté à trois banderilles plantées en deux passages. Chacon revêt alors la tenue d’infirmier et débute sa faena à genoux ; son toreo distant et main haute pour ne pas obliger la bestiole n’arrive pas à empêcher les agenouillements. Séance dans le berceau et circulaires inversées déclenchent l’un des premiers délires de cette tarde ; il faut aussi reconnaître qu’il n’a pas souvent de pareils « adversaires » à se « mettre sous la dent ». Final par aidées, pinchazo sans s’engager et entière tombée au ralenti. Longue agonie, nouvelle demande symbolique d’appendice et vuelta.

3ème (5 ans 7 mois) : negro plus tout jeune et armé correctement sans plus, reçu par de belles véroniques en gagnant le centre. Deux piques en arrière, 1ère pompée, 2ème levée de suite (puisque le « boulot » est fait …). Deux paires de banderilles entrecoupées d’un passage en faux avec raccompagnement aux planches sans équivoque. La faena, posée, relâchée même, ménageant l’animal, déclenche rapidement la musique. Des temps de repos sont ménagés non entre les séries, mais entre chaque passe. Circulaires inversées, luquecinas, bernadinas, tout y passe. Entière portée sincèrement et résultant basse, agonie du cornu, gestes déplacés du matador envers le dit cornu, avis sonné à 12 minutes et deux oreilles de plage ; reconnaissons cependant que les deux mouchoirs ont été sortis simultanément.

4ème(5 ans 3 mois) : negro plutôt petit armé bizco, corne droite bizarre, coureur. Les véroniques genou ployé de Robleño n’arrivent pas à le fixer ; une pique pompée et carioquée règle la question et est complétée par un picotazo avec venue en trottinant. Le quadrupède a pris querencia au centre ; de nouveau quatre banderilles seulement. Grattant et lorgnant de tous côtés, le torito se laisse tout même embarquer dans la muleta, manifestant même quelque allant qu’on n’espérait pas. Long à cadrer car toujours gratteur, il meurt d’une entière en place. 10 minutes 45 sans avis et oreille(tte).

5ème (5 ans 1 mois) : negro burraco, de plus de trapio mais armé court, faiblot, reçu par véroniques et larga, protesté car le train arrière « bricole » quelque peu. Une pique symbolique en guise de 1er tiers et encore quatre palos, 1ère paire à cornes passées. A la muleta, il s’affale comme on pouvait s’y attendre et, cette fois, les temps de repos doivent être respectés au milieu de la passe. Noblesse débile, nouvelles circulaires inversées, pendule dans le berceau, tout cela est bien long, finit au pas et frise l’indécence. Pinchazo, entière d’effet rapide et oreille.

6ème(4 ans et demi) : negro meano veleto et astifino, d’un peu plus de trapio. Les véroniques vers le centre suivies de trois demies déclenchent un nouveau délire. Une pique courte avec petite poussée et un picotazo en arrière font bien sûr applaudir le picador, puisqu’il n’a quasiment pas piqué. « Compétition » aux quites, Robleño par véroniques, Luque par chicuelinas. 2ème tiers de médiocre à correct, avec poursuite à la 3ème paire. Même si cet exemplaire tient mieux debout et a plus de charge, mufle au sol, que ce que l’on pouvait prévoir, Luque se contente de le faire tourner autour de lui. Après avoir assuré un semblant de dominio, il fait arrêter la musique pour cette fois toréer le public : circulaires genou fléchi, passes de la main droite après avoir jeté l’épée, nouvelles luquecinas produisent l’extase attendu. L’animal gratte au cadrage et meurt après 4/5ème de lame bas. Deux autres oreilles et, pour parachever l’ouvrage, vuelta pour la dépouille … mais ça n’est pas fini, car il y aura, « groseille sur le (peu digeste) pudding », salut puis vuelta du mayoral.

Présidence peu regardante et méconnaissant le Règlement Taurin Municipal. De l’art de faire tourner en « triomphe » une course débutée en mode sinistre et qui s’y est maintenue.  N'y -a-t-il pas eu erreur de casting ? Un bon cartel mais qui n'est pas attendu devant un tel bétail.  Est-ce dû au changement d'organisateur ?

Et, comme l’an dernier, la ville a été fermée à la circulation des voitures par des blocs de béton.