GARLIN – Dimanche 14 avril 2019

Novillada de PEDRAZA de YELTES pour Dorian CANTON (jade et or), Manuel DIOSLEGUARDE (bleu marine et or) et Alejandro MORA (bleu roi et or).

Des trapios « maison », quelques armures bizarres, peu de vraie bravoure, beaucoup de mobilité et de noblesse, plusieurs exemplaires distraits : le tout a généré une déception générale. Alors, pour cette 7ème venue de l’élevage à Garlin, accident de parcours ou éleveur qui « roule » trop sur sa (jeune) réputation ? Peut-être les courses suivantes le diront-elles …

1er (3 ans 5 mois) : castaño, ensellé, d’armure correcte, charge en écartant les antérieurs, bien reçu par véroniques, demie et revolera. Une pique basse en poussant puis une 2ème avec poussée brève après être venu du centre, mais lentement. La faiblesse latente se manifeste par une chute sur le quite de Diosleguarde en frente por detràs auquel Canton réplique par chicuelinas. Arrêt des banderilles à deux paires sur demande du novillero. Noble au point de « boire » la muleta, le novillo est doublé légèrement puis toréé à mi-hauteur en étant obligé avec ménagement. Final par manoletinas et conclusion avec mete y saca, entière basse en avant et descabello. Salut aux tiers prolongé en vuelta pour moi exagérée.

2ème (3 ans 2 mois) : un tostado, chorreado, liston qui veut sauter et, faute d’y arriver, s’abîme sérieusement le piton droit puis prend deux piques courtes en trois rencontres (une sans piquer), la 2ème en venant du point opposé au cheval. 2ème tiers rapide et correct avec des poursuites plutôt molles. La faena débute par statuaires puis reste marginale, au risque de se faire « manger », comme lors de la 3ème série à droite ; surnage une série de naturelles donnée en se croisant. Deux circulaires inversées pour faire bonne mesure, entière basse et plate, et oreille sur demande confidentielle.

3ème (3 ans 5 mois) : colorado plus léger, armé gacho et brochito. Il provoque la chute de l’ensemble équestre à la 1ère rencontre puis, comme ayant compris le « jeu », revient à deux reprises au grand galop pour sortir seul par l’avant du cheval. Poursuite aux banderilles, avec deux paires manquées. Au 3ème tiers, la charge est vive et la faena peut se résumer par deux mots : élégance et pico, lequel vaut un avertissement à droite. Le novillo finit par s’intéresser plus aux planches qu’au leurre. Aidées hautes, entière tombée et en avant, et oreille, de nouveau sur demande (très) minoritaire.

4ème (3 ans 5 mois) : castaño oscuro liston, lui aussi d’armure commode, mal piqué : 1ère en poussant, le picador donnant un mouvement de balancier à son instrument, 2ème en étant placé trop près, vrillée, de plus les deux avec carioca i Olé ! Le novillo, avec un galop chaloupé, paraît avoir un problème à l’antérieur droit. De nouveau seulement deux paires de palos, avec poursuites. Entre le galop parfois incertain de son opposant et ses coups de tête dans la muleta, Canton se fait promener puis désarmer. Final avec passes de la droite et de la gauche épée laissée au sol, et entière en place. Réclame d’oreille(s) plus bruyante que blanche, deux mouchoirs sortis à plus d’une minute d’intervalle et manifestation sans ambiguïté contre une 2ème oreille « de plage », lors de son octroi, lors du tour de piste du novillero, à la fin pour le palco et lors de sa sortie a hombros ; non mais … !

5ème (3 ans 5 mois) ; colorado vilainement armé : cornicorto, bizco, gacho et brocho.  Une pique en arrière levée de suite suivie de deux prises en venant de loin au galop mais sortant seul et de suite. Aux banderilles, le novillo fonce sur les peones, qui s’en sortent comme ils peuvent, l’exercice étant interrompu après seulement trois palos cloués. L’homme torée sur le voyage et l’animal, qui avait commencé par peser dans la muleta, se désintéresse du combat et va aux planches. Diosleguarde tente de le reprendre, se fait avertir clairement, et peine à cadrer son opposant, qui démarre au moindre geste. Pinchazo, quart de lame, entière tendue, avis et silence.

6ème (3 ans 4 mois) : armé correctement quoique bizco, il pousse d’abord sous une pique pompée en carioca  puis, mis en suerte trop près, en prend une 2ème courte. 2ème tiers correct et poursuites molles. A la muleta, le novillo sort distrait de la passe, chute à l’occasion, Mora tirant par nécessité des passes isolées. Au prix d’une prolongation peut-être exagérée de la faena, il arrive à lui tenir la tête dans le leurre et finit élégamment avec pechos et trincheras allurés. Demi-lame en avant, impossibilité de descabeller vu le port de tête, tentative sans suite de reprendre l’épée et enfin deux descabellos pas loin du 3ème avis. Deux avis donc et applaudissements de sympathie. 

Présidence de François Capdeville, trop aux ordres des hommes en piste et folklorique dans la distribution des trophées ; un point positif tout de même à relever : l’attente de la prise de la main gauche pour déclencher la musique.

Si les trois premiers picadors ont accompli leur office proprement, les trois suivants se sont bien rattrapés dans la médiocrité ; les passes données en se croisant peuvent se compter sur les doigts d’une seule main et enfin, aucune demande d’oreille(s) n’a été majoritaire, en nombre de mouchoirs s’entend.