Le Bolsin 2015 de La Muleta

 

Frédéric Lautier de la Ganaderia « les Heritiers de François André » recevait La Muleta dans le cadre de son XI°Bolsin. Son bétail d’origine Sanchez-Cobaleda valorisera la journée par une caste affirmée, chaque animal révélant des caractères variés allant du manso con casta à une noblesse jamais niaise.

Les vaches le matin dévoilèrent beaucoup de moteur, ce qui compliqua la tache de certains jeunes apprentis encore un peu vert face à une telle adversité (notamment ceux qui sont sorties en second). Mais c'est surtout face à ce type de bétail, qui ne pardonne pas les erreurs, que l'on apprend beaucoup.

Les quatre apprentis en compétition n'ont vraiment pas démérité, loin de là ! Clément Hargous, d'Adour Aficion, fit face à une vache très encastée et brave qui collait l'homme. Ses séries de naturelles ont convaincu le jury de le qualifier pour l'après midi. Lucas Minena de l'école taurine de Béziers affrontait une vache mansa qui fuyait le leurre tout comme le cheval. Difficile de lier des séries malgré de très bonnes attitudes. Miguel Angel Martinez de l'école taurine de Nîmes étonna par sa facilité et son élégance. Il réalisa une faena principalement droitière face à une vache qui partait fort lors de chaque sollicitation, mais qui se révéla noble sur chaque coté. Le jury le qualifia pour l'après midi. Vincent Perez de l'école taurine d'Arles dû faire face à la vache la plus noble de la matinée. Il lia de bonnes séries, mais son placement fit parfois défaut. Il montra cependant une certaine assurance face au bétail.

Miguel Angel Martinez remporta le XI° Bolsin en affrontant un joli becerro, frère de la vache torée le matin ! Son calme, son placement et ses séries droitières firent l’unanimité. A gauche la faena descendit d'un cran.

Clément Hargous ne put faire grand-chose face à un novillo réfugié dans sa querencia devant le toril. Sa réception au capote fut bon, tout comme son épée très engagée ! Les deux toreros estoquaient un becerro pour la première fois !

Face aux multiples attaques que subissent les spectacles où des jeunes affrontent du bétail, il devient urgent de se réapproprier le campo et les spectacles dit mineurs. C'est par lui que les vocations pourront être sauvées, tout comme au XIX° siècle lors de l'interdiction des spectacles taurins et l'apparition des ferrades. Car le campo et les petites arènes, loin de ne permettre qu'un juste retour à certaines valeurs, aideront également les jeunes à s'exprimer et feront naître des vocations !

On se donne rendez-vous en juin 2016 pour le Bolsin des 110 ans de La Muleta….

 

Christophe PAUL                   

 

Ce qu'en rapporte "la Provence" :