GARLIN – Dimanche 19 avril 2015

Novillada de PEDRAZA de YELTES pour Jesùs Enrique COLOMBO (bleu horizon à parements blancs et or), Alejandro MARCOS (rose tendre et argent) et Joaquin GALDOS (rose indien à parements blancs et or). A noter un cartel international avec des représentants du Venezuela, d’Espagne et du Pérou.

Lot bien présenté, de robes variées, d’armures allant du correct au douteux, brave, mobile, noble et encasté, deux exemplaires ayant tout de même manifesté un intérêt certain pour les planches, voire pour le toril. Tous applaudis à l’arrastre, que ce soit avec raison … ou pas.

1er (3 ans 4 mois) : lourd negro bragado liston, doté d’un galop lourd et même pesant, lié peut-être à un problème au postérieur droit, problème qui s’atténuera au cours du combat. La 1ère pique, correcte, est prise en poussant, la 2ème est replacée et la 3ème, venant au pas, est courte et en arrière. Colombo banderille lui-même, avec deux paires exposées. A la muleta, le novillo est mobile mais commence à sortir distrait de la passe ; il se montre violent à gauche, accroche le leurre et prend les commandes de la faena, laquelle se délite tranquillement. Le novillero ne se sera jamais croisé et ne nous aura jamais montré son adversaire en le citant à distance. Pinchazo, entière en avant contraire portée en se jetant, vingt mouchoirs et vuelta. Douze minutes sans avis.

2ème (3 ans 4 mois) : colorado armé vers le bas, un peu fermé. Mal piqué en trois rencontres, il pousse aux planches sous une pique en arrière alors que les deux suivantes sont basses. Poursuite à la 3ème paire de banderilles. Désarmé d’entrée de jeu, Marcos est vite débordé (manquerait-il une pique, mais correcte celle-ci ?). Il se reprend sur une série à droite mais se fait de nouveau dominer et croit s’en sortir avec des fioritures. Entière contraire penchée suivie de sept descabellos avec démarrages. Avis à treize minutes et cela se termine pas loin des quinze. Silence pour l’homme, applaudissements pour un novillo encasté et parfaitement gâché.

3ème (3 ans et demi) : negro armé gacho, présentant un piton gauche bizarre, qui remate aux planches à deux reprises puis se réserve dans la cape. Mal piqué lui aussi (où est passé le concours de piques ?), il malmène le cheval puis cogne à la 2ème rencontre ; arrêt peu compréhensible du tercio. Banderilles bâclées avec deux paires à cornes passées (1ère au milieu du dos !) et une lancée. Galdos a compris, lui, qu’il fallait doubler son adversaire, mobile, noble et de charge lente. Le dit adversaire chute, connaît un passage à vide puis se reprend à gauche, venant de plus loin et avec vivacité. Faena ajustée, courte mais conclue d’un gros bajonazo en avant, qui ne gêne ni l’octroi d’une oreille, ni une demande de certains pour la 2ème.

 4ème (3 ans et demi) : beau colorado armé correctement, montrant un problème à l’antérieur gauche, problème qui ne se manifestera plus au cours de la lidia. Mises en suerte en dépit du bon sens, allant de loin à plus près, et picador particulièrement maladroit : une pique manquée et placée après contact, une au milieu du dos, rectifiée et une autre manquée et replacée. Banderilles correctes avec poursuite, 3ème paire de poder a poder. Mobilité et noblesse encastée font, au moins dans un premier temps, promener le novillero ; ce dernier se reprend, se centre mais pense à prendre la main gauche bien tardivement. L’animal, pas dominé, va aux planches et finit au toril. Entière basse, descabello, avis à quinze minutes (comme quoi l’on peut toujours s’améliorer) et silence.

5ème (3 ans 5 mois) : autre beau colorado bien armé reçu par véroniques pieds joints. Le novillo secoue et promène le cheval, sort seul d’une 2ème pique qui ripe pour être replacée de côté et enfin secoue encore à la 3ème, mieux tenue. Poursuite des hommes au 2ème tiers. Une charge brusque agrémentée de coups de tête font que Marcos n’est pas loin de « perdre les papiers » à gauche ; il refait surface mais se fait prendre et conclut laborieusement : deux entières plates encadrant un pinchazo, attente et trois descabellos avec démarrages. Faena de quatorze minutes sans avis et silence.

6ème (3 ans 4 mois) : lourd colorado bizco, distrait et attiré par les planches. Une pique dans l’épaule replacée avec une longue poussée, une autre et … sonnerie ; devant les protestations du public, « on » change d’avis : placé et replacé loin, le novillo vient en deux et en zigzag, surprenant Leiro, qui le manque de nouveau. L’animal attend au 2ème tiers puis suit, ce qui fait qu’entre banderilles manquées et banderilles à l’horizontale, seules deux paires seront clouées. Galdos s’adapte plus qu’il ne maîtrise une charge franche, rapide et répétée. Le public se réveille, l’homme se croise, cite de loin et prend la mesure de son opposant. Il a le mérite de ne pas se laisser déborder mais peine à empêcher son novillo d’aller aux planches. Pinchazo avec  cogida (à l’aine ?) et entière basse en avant. Deux oreilles (une de trop pour moi) et mouchoir bleu pour l’arrastre, bien généreux lui aussi ; mais il fallait bien que « triomphe » arrive …

Salut final du mayoral.

Le prix mis en jeu pour le meilleur tercio de piques a été attribué à Luis Miguel Leiro (6ème novillo).

Présidence de Lionel LIOHAGUE, tellement étranger au tictac de l’horloge qu’avec lui, le temps suspend son vol.