Deux oreilletes et un tercio de piques

Plein ou presque avec les Pyrénées pour balcons de blanc vêtus

3 toros 3 de Concha y Sierra aux forces justes et nobles
3 toros 3 de Valverde plus forts et compliqués 

 

Lot très bien présenté, le 3e plus fermé de cornes et le 4e très ouvert, dans le type condeso, tous deux applaudis à l’arrastre. Tous 3 piques sauf le dernier.

Octavio CHACÓN (améthyste et or) : salut et oreille

            Dès la sortie, le magnifique roux qui ouvrit le bal freinait et se serrait du côté gauche. Il prit 3 piques avec entrain mais sans pousser et en sortant seul. Au dernier tiers, il fit montre de demi-charges molles qui ne permirent au torero de Cadix que de bonnes passes droitières sans âme. Plus difficile à gauche, il revint à droite en se plaçant bien et en concluant sa faena par aforalado et passe en regardant les gradins. Estocade tendue plus un coup de descabello.

            Le premier Valverde tombe rapidement en faisant un grand écart du train arrière qui conditionnera en partie le reste de la lidia. Cela ne l’empêche cependant pas de mener un beau tercio de piques en poussant en en reversant la cavalerie à la deuxième rencontre après avoir accroché la patte du cheval. Troisième rencontre plus courte mais magnifique prestation de Juan Melgar qui a piqué dans le MORRILLO à chaque fois. La faena ne prend pas d’envol avec un animal qui raccourcit ses charges mais le matador ne désiste pas et obtient un enchaînement final de pechos avant une bonne estocade un brin desprendida qui déclenche une petite pétition.     

Pepe MORAL (azabache et bleu nuit) : salut et légère division d’opinions

            Toreo de cape esthétique du Sévillan lors de l’entrée en piste avec une belle demi-véronique. Le conchaysierra  mugit tout le long et se freine mais montre une condition de bravucón en mettant la tête au cheval. Moral essaie de mettre ensuite l’animal « dans le panier » et finit par s’imposer en fin de faena après avoir quitté ses chaussures pour se poser et se croiser. Ensemble mitigé.

            Son deuxième a été un des deux moins bon toro de la course avec le dernier. Le tercio de piques a été bien mené avec un animal qui ne s’est pas livré puis le toro s’est de plus en plus défendu face à un torero qui n’a pas non plus jeté la monnaie en l’air : un cocktail parfait pour une absence d’émotion. Estocade légèrement arrière foudroyante.

Manolo VANEGAS (vermillon et or) : oreille et silence

            Le 3e de la course donna des coups de tête au planche et montra plus de vivacité que ses frères. Le Vénézuélien torée bien à la cape d’abord par larga à genoux puis par véronique et larga finale. Le premier tiers se conclue par un tercio mal mené face à un animal peu combatif. Après le désarmé initial dans un cite lointain, la musique résonne dès le début de la faena puis de dilue progressivement avec quelques accrochages du leurre. Bonne estocade et pétition majoritaire pour le jeune torero apprécié du public français.

            Le dernier n’avait pas vraiment envie de charger le cheval mais resta tout de même dans le caparaçon avant la chute du cheval. Lors d’un quite de Chacón qui ne passera pas à la postérité, l’animal écourte sa trajectoire. On retiendra une serpentina de Vanegas, pour le reste, peu de réussite dans une faena longue et sans saveur.

N.B. : présidence de Guy Tanguy, plus conciliante qu’en d’autres occasions, tant pour les banderilles que pour les trophées.

 

                                                                                            Sebastian Giraldez