BAYONNE  – Dimanche 1er septembre 2019 (matin)                                                             

            Novillada de LOS MAÑOS pour Raphaël RAUCOULE « EL RAFI » (gris à parements blancs et or), Tomàs RUFO (bleu marine et or) et Manuel DIOSLEGUARDE (écarlate et or).

Trois novillos affublés d’armures indignes d’une arènes de 1ère catégorie, un manque de poder flagrant, aucun vrai tercio de piques ; à quoi joue l’éleveur, au moins avec l’organisation bayonnaise ? Côté hommes, des mises en suerte sans donner de distance au novillo pour les 2ème et aucune 3ème pique administrée. On dirait que les toreros se disent « « Ils » veulent deux piques, on met ces deux piques syndicales et basta. ». Dans ces circonstances, mieux vaut ne rien dire de la vuelta finale du mayoral.

1er(3 ans 5 mois) : fin negro astifino qui fait une sorte de faux mouvement en sortant du toril. La 1ère pique, citée avec le cheval en travers, est prise en poussant ; le novillo est long à sortir, met les cornes dans le sable et, replacé à la raie, prend la 2ème qui est levée de suite. Salut de Mathieu Guillon au 2ème tiers, arrêté à quatre banderilles. La faena montre que cela « bricole » d’un antérieur et l’animal, noble, humilie au point de racler de nouveau le sol. La musique est lancée alors que le passage à gauche est plutôt chiffonné, avec perte de terrain à la 2ème série. Le cadrage et surtout la mise à mort sont laborieux, avec quatre pinchazos plus ou moins en avant. Avis à dix minutes trente et applaudissements.

2ème (3 ans 4 mois) : càrdeno claro charpenté qui fonce sur le cheval puis reste passif sous une pique posée après contact ; après une mise en suerte élégante, la 2ème est placée loin derrière et replacée … dans l’épaule ! Poursuites irrégulières aux banderilles. Après des doblones, les derechazos donnés main déclenche de nouveau une musique précoce et cette fois pénible car évoquant feu la Piste aux étoiles. Rufo torée avec relâchement mais reste sur le voyage ; cependant, il se montre plus sincère avec la main gauche ; peut-être ses cites de près étouffent-ils un peu son adversaire. Quelques pechos toréés, trincheras, entière basse portée al encuentro et oreille. Heureusement, le palco résiste tant à la demande de 2ème trophée qu’à celle de vuelta pour le novillo, noble mais pas complet.

3ème (3 ans et demi) : negro très (très) peu armé, auteur principal d’un tercio de piques minimaliste ; 1ère avec le cheval encore en travers, rien, 2ème en forme de picotazo. Il se réveille au 2ème tiers et poursuit les hommes. Au 3ème, c’est langue pendante et génuflexions, que des cites dans le petit périmètre avec la main à mi-hauteur tentent d’éviter ; la musique sert sans doute à masquer la soseria de ce qui tient lieu d’opposition et à accompagner l’ennui généré. Trincheras avec désarmé, entière tombée d’effet rapide et oreille tombée du ciel sur demande moins que limite.

4ème (3 ans 4 mois) : càrdeno claro costaud mais cornicortissimo et protesté. La cuadrilla laisse l’animal aller seul au cheval pour une pique en arrière prise en poussant ; le novillo est remis en suerte trop près et pousse de nouveau ; et la 3ème, de loin, ne serait-ce que pour voir ? Salut de Morenito d’Arles au 2ème tiers. La légèreté des doblones n’empêchent pas la chute, chutes qui se répéteront à raison d’en moyenne une par série ; même la musique n’arrive pas à les arrêter. El Rafi empile des passes, nous case sa circulaire inversée, frôle l’accrochage (merci à la « longueur » des cornes) et conclut d’une entière tombée. Oreille sur demande cette fois nettement minoritaire et applaudissements à l’arrastre.

5ème (3 ans 7 mois) : negro bragado ouvert d’armure mais lui aussi bien cornicorto.  Il pousse brièvement sous une 1ère pique basse, puis se montre tardo pour venir à la 2ème, courte. Encore un tercio de banderilles tronqué. Rufo donne sa faena au centre, de nouveau en baissant la main, mais se fait prendre sur un pecho et doit être évacué. Suit une longue attente (un quart d’heure ?), et il revient en piste pour constater que, peut-être « désorienté » par ce long temps mort, son opposant est devenu tardo. Trois pinchazos et vuelta pour le courage.

6ème (3 ans et demi) : negro d’armure moyenne, remate aux burladeros. Il pousse sous une pique trasera puis se montre tardo à la 2ème, dont il sort facilement. Quite d’El Rafi par zapopinas, et le novillo fait le « coup de la barrière » au peon qui a cloué la 2ème paire. Les doblones de Dioslegaurde sont précis mais, très vite, l’animal montre et sa charge limitée et son attirance pour les planches, d’abord discrète puis plus affirmée, le tout en musique bien sûr. Quelques passes en forme d’aller-retour servies sans l’épée, entière en place et oreille sur demande de nouveau minoritaire.

Présidence trop aux ordres des hommes en piste, trop mélomane et surtout trop généreuse dans l’attribution de trophées en forme de soldes précoces.

 

BAYONNE  – Dimanche 1er septembre 2019 (après-midi)

Corrida de LA QUINTA pour Octavio CHACON (paille à parements jais et or), Román COLLADO GOUINGUENET « ROMAN » (framboise et or) et Joaquin GALDOS (paille à parements jais et or).

De présentation correcte sans plus, ce lot n’a pas apporté les éclairs de caste que l’on attend de cet élevage. Cependant, même si elle a connu quelques moments d’ennui, cette course n’a pas été inintéressante, surtout si on la compare à la « purge » du matin ; le 3ème et surtout le 6ème, le plus complet, ont contribué à en relever le niveau.

1er (5 ans 9 mois, 465 kg [?]) : armure correcte, corne droite astillée. Le toro, placé bien assez loin, pousse à la 1ère pique, basse ; la poussée est plus modérée à la 2ème, en arrière. 2ème tiers bâclé, avec deux banderilles posées puis une puis une, le tout avec poursuites irrégulières. A la muleta, Chacon cite de loin un animal qui s’intéresse à tout, y compris aux planches, puis s’éteint. Entière en forme de recibir surprenant vu la charge du cornu, laquelle résulte en avant et contraire. Salut aux tiers.

2ème (4 ans 8 mois, 495 kg) : càrdeno bragado, armé veleto et astifino. Deux piques en donnant de la distance à la 2ème, les deux avec une poussée moyenne, et le toro revient pour un picotazo ; et pourquoi pas une « vraie » 3ème ? Poursuites aux banderilles. Romàn cite de loin mais ne se croise pas ; de plus, ses hurlements répétés sont pénibles. La mobilité initiale de l’animal s’étiole, et les bernadinas finales ne suffisent pas pour « se mettre le public dans la poche ». Mete y saca, tiers de lame, bajonazo et silence. Même avec ses défauts, ce toro méritait sans doute mieux.

3ème (4 ans 8 mois, 525 kg) : càrdeno oscuro armé correctement. C’est un manso qui sort de suite en ruant à la 1ère pique ; il revient en cognant pour la 2ème, en place, pousse et sort rapidement ; replacé trop près, il agit de même à la 3ème ; et là encore, pourquoi pas une 4ème avec une mise à distance correcte ? Au 2ème tiers, il fait à peu près ce qu’il veut et poursuit les hommes. Doublé avec énergie, il se révèle mobile et noble dans la muleta. Galdos torée en citant de loin, baisse la main mais ne se croise que peu, et son opposant va a menos. Une demi-lame penchée et basse suivie de sept descabellos refroidissent le public ; silence.

4ème (4 ans 10 mois, 525 kg) : negro bien armé, pousse sous une pique en place puis, remis en suerte au centre, se montre tardo, arrive au galop et pousse de nouveau ; et, bis repetita, où est la 3ème ? Salut d’un peon pour une 3ème paire exposée. A la muleta, le toro se montre sans charge et soso ; même si Chacon essaie de faire les choses proprement, comment sa faena pourrait-elle transmettre quelque chose ? Entière horizontale, avis à onze minutes quarante (le chronomètre du palco serait-il en panne ?) et silence.

5ème (4 ans 10 mois, 525 kg) : Romàn est débordé sur sa mise suerte, le toro débarque le picador et soulève le cheval, puis pousse par à-coups à la 2ème pique, soigneusement pompée. Comportement irrégulier au 2ème tiers. Faisant d’abord montre de noblesse, le toro avertit Romàn sur la droite, puis se réserve. Pinchazo al encuentro, mete y saca, deux pinchazos profonds, et l’animal se couche. Avis à dix minutes quarante et sifflets.

6ème (5 ans 9 mois, 530 kg) : un haut càrdeno oscuro bien armé mais bizco, long à fixer. Tête haute, il pousse sous une longue pique basse et en arrière ; après une mise en suerte approximative qui finit à la raie, il pousse de nouveau à la 2ème, plus courte, et nous avons droit à un nouvel arrêt contestable du tercio. Gratteur depuis le début, il montre néanmoins un beau galop au 3ème tiers. Galdos torée main basse, mais pourrait peut-être rester moins sur le voyage. Quelques doblones pour conclure, et le drame arrive avec la mise à mort : le torero s’engage, le toro le prend à la jambe et le reprend au sol pour le jeter en l’air de façon impressionnante. La cuadrilla sort avec l’oreille.

Présidence de Georges Lecloux, assisté de Jean-François Lacouture et de Pierre Betat.

Pour les deux courses, à relever le côté « monumental » de la cavalerie de Philippe Heyral, qui n’a sans doute pas que peu contribué au niveau des tercios de piques.