VIC FEZENSAC – Dimanche 20 septembre 2015

Novillada de LA CRUZ (élevage des frères GRANIER) pour Manuel VANEGAS (jade à parements blancs et or), Guillermo VALENCIA (moutarde et or) et Joaquin GALDOS (rose indien à parements blancs et or).

Lot présenté et armé correctement, âgé de 3 ans et 7 à 8 mois. D’abord quelques constats : une solidité de pattes sans faille (une course entière sans une génuflexion est un fait rare de nos jours), une charge au galop au cheval mais peu de véritables poussées, ainsi qu’une mort bouche fermée. Après, en termes de comportement, il est possible que cette novillada suscite autant de commentaires différents que la corrida du même fer sortie à Vic pour la Pentecôte 2012, les quatre premiers novillos s’arrêtant très vite après les piques pour chercher soit les planches, soit l’homme, soit le tout. Le 4ème a été le plus complet, même si la vuelta accordée a peu paraître généreuse. Ce lot de LA CRUZ est en fait arrivé à Vic au dernier moment, en remplacement du lot prévu de HOYO DE LA GITANA, suite, selon l’avis affiché, « à des problèmes dans les corrales » (bagarres, intoxication alimentaire, … ?).

1er : brusque dans la cape et se retournant rapidement, il vient bien au cheval, placé à chaque fois plus loin, poussant un peu sous une 1ère pique en arrière et secouant à la 2ème ; 3ème brève. Attendant les hommes aux banderilles, il serre des deux côtés sur les doblones de Vanegas, va au toril et y revient après en avoir été sorti. Il s’arrête au bout de cinq minutes et, dès lors, ne cherche plus que le mauvais coup. Peinant à cadrer son adversaire, qui démarre, le novillero en finit avec un estoconazo un peu contraire suivi de deux descabellos. Salut aux tiers et applaudissements surprenants pour l’arrastre.

2ème : negro entrepelado maigre et laid. Valencia le reçoit par larga à genoux et se fait enfermer aux planches par un animal qui freine dans la cape. Tercio de piques mouvementé en quatre rencontres : 1ère longue, poussant et soulevant le cheval ; 2ème venant au galop mais déviant vers la tête de la monture ; 3ème cognant et débarquant le picador, 4ème avec bris de la hampe. Applaudissements au picador, pourtant pas des plus adroits. Le novillo se montre à la fois brusque et imprévisible au 2ème tiers. Face à un opposant tardo, distrait et de peu de charge, le novillero abrège la faena et conclut péniblement avec une entière plate en avant, quatre demi-lames du même style et descabello. Avis, silence pour l’homme et nouveaux applaudissements pour la dépouille (le 1er tiers, oui, mais après … bon …).

3ème : autre negro entrepelado mieux fait qui met les reins à la 1ère pique tandis que les deux suivantes, en arrière, seront levées de suite. Peur aux banderilles, risquées, avec un novillo arrêté qui attend. L’animal, bronco et violent, met Galdos en difficulté ; celui-ci recule et abrège lui aussi. Y avait-il une faena possible avec ce « client » ? Sifflets et nouvel arrastre applaudi.

4ème : negro meano beau et bien armé, bien reçu. Il s’échappe et fonce sur le cheval, poussant de la corne gauche mais se montre tardo aux deux rencontres suivantes, fusant après maintes sollicitations. Il fait de même au 2ème tiers. S’étant fait serrer à droite, Vanegas prend la main gauche, mais son novillo sort de la passe en lorgnant vers les planches et finit bien sûr par y aller. L’homme insiste pour sortir quelques passes, montrant sa volonté, et en termine par un grand coup d’épée en place. Oreille et nouveaux applaudissements fidèles.

5ème : de nouveau quatre piques, de Gabin Rehabi : 1ère basse et en arrière, 2ème correcte et prise en poussant ; 3ème de nouveau en arrière après que le cavalier se soit rapproché du toril en reculant par appuyés ; 4ème basse et replacée, pompée. Au moins ce novillo montre une charge plus franche aux banderilles et poursuit les hommes. A la muleta, il se révèle également plus « concerné par la chose » par sa mobilité et par sa noblesse. Valencia, marginal, se fait beaucoup promener, arrivant à se croiser à de rares moments. Une entière en avant d’effet rapide déclenche une demande d’oreille, minoritaire, que le président ignore avec raison ; la sortie du mouchoir bleu, même si l’on en a vu de plus scandaleux, est surprenante. Vuelta ; les applaudissements à l’arrastre sont cette fois plus justifiés.

6ème : bien armé et mal piqué par Luis Miguel Leiro. Après une mise en suerte dans les raies, la 1ère pique, dans l’épaule, est replacée puis appuyée et pompée ; les trois suivantes seront-elles aussi pompées, le novillo venant lentement et subissant passivement les choses. 2ème tiers correct, avec poursuites. Au 3ème, Galdos, décidément peu en forme (ou sans envie ?), peine à contenir une charge vive, l’animal il est vrai tendant à lui revenir dessus, puis y arrive plus ou moins. Pinchazo, deux tiers de lame basse et longue attente pour une agonie tout aussi longue déclenchant les applaudissements. Avis et silence.

Présidence sérieuse de Pascal Darquié, assisté de François Darroux et de Mathieu Pagnac.