MONT de MARSAN - Dimanche 22 juillet 2018

Corrida de Dolorés AGUIRRE pour Octavio CHACON (bleu ciel à parements jais et or), Pepe MORAL (noir et argent) et Juan LEAL (rouge basque à parements blancs et or).

     Lot d’armures diverses, allant du correct au bizarre voire au douteux, en tout cas indigne d’une arène de 1ère catégorie, avec pas mal de mansedumbre, mal piqué. Heureusement, Chacon nous a montré de façon magistrale qu’un toro manso avait aussi « sa » lidia. Le genre de tarde de toros de laquelle on sort heureux … qu’elle soit finie.

1er(4 ans 8 mois) : colorao ojo de perdiz, armé vers le haut, qui se plante aux medios puis fuit les capes. Il prend un refilon en échappant à Chacon, un autre après avoir été rapproché et s’allume enfin à la 1ère (vraie) pique ; le picador doit aller le chercher à la 2ème et sort sous les applaudissements. Quatre banderilles plantées, le toro fusant sur les hommes puis les poursuivant. Il se montre violent sur les doblones ; suivent trois courtes séries de derechazos main basse et en gardant la tête dans la muleta. Avertissement clair sur la tentative à gauche et retour à droite avec désarmé. Mete y saca avec blessure à la main, entière en avant et longue agonie agitée. Petite demande d’oreille, vuelta chaleureuse et méritée, applaudissements pour ce manso con casta.

2ème(4 ans 7 mois) : negro, piton gauche bizarre (?). Il pousse néanmoins sur cette corne à la 1ère pique ; la 2ème, courte, sera prise en venant d’assez loin mais au pas. Poursuites au 2ème tiers. La faena débute par derechazos donnés en baissant la main et en se croisant à la 3ème série. Très vite, le toro cherche les planches ; il meurt au toril d’une entière en place. Salut aux tiers.

3ème (4 ans 9 mois) : negro bragado bien court d’armure (re ?), long à fixer, qui s’échappe, prend une pique basse et provoque la chute de l’ensemble équestre, puis est long à sortir et revient de suite à la 2ème rencontre. Il suit mollement les hommes aux banderilles. Leal commence sa faena au centre et à genoux ; son adversaire, un peu faiblot, ralentit puis s’arrête dans la passe, lui vient dessus à gauche et commence à chercher les planches. Deux circulaires inversées qui n’ont rien à faire dans ce contexte et une 3ème dans les planches pour faire bonne mesure. Tiers de lame, quart de lame, six descabellos et salut aux tiers surprenant.

4ème(4 ans 9 mois) : autre cornicorto, negro burraco (re re ?), sorte de culard qui, n’étaient le poids et la robe, pourrait passer pour un Charolais. Chacon le tire au centre, entre coups de tête et agenouillements, sans parvenir à le fixer. Deux piques basses, la 1ère en poussant, la 2ème courte ; la 3ème, prise en venant de loin, est manquée, replacée, et le cornu sort seul. Banderilles clouées à toro arrêté, qui arrive à la muleta avec le piton gauche en pinceau. La charge est courte à droite et parcimonieuse, comme à regret à gauche (conséquence des piques mal placées ?). Mise à mort pénible avec quatre pinchazos, plus ou moins profonds et plus ou moins bas. Applaudissements pour Chacon qui part à l’infirmerie et quelques sifflets pour la dépouille.

5ème (4 ans et demi) : fin negro mieux armé, astifino, qui freine dans la cape. Poussée molle à la 1ère pique, cogne au cheval puis s’endort à la 2ème. Quatre banderilles en trois passages, le toro déviant sa charge au dernier moment. Après des doblones peu appuyés, il manifeste un peu d’alegria à droite en début de faena mais la charge est plus molle sur la gauche, Moral servant une belle série de naturelles, se croisant. Retour à droite en se faisant promener par son adversaire, et  nouveau passage à gauche en arrivant à allonger un peu la charge. Ce travail correct est gâché par une entière laide, plate et basse, ce qui n’empêche l’octroi d’une oreille(tte) de pueblo sur demande largement minoritaire.

6ème (5 ans et demi) : est-ce le toro (bien nommé Carafea !) que salue la musique ou seulement sa corne droite, dont la vue déclenche de vives protestations, et pas de la seule peña Escalier 6 ? Deux piques sans relief, la 2ème en arrière, données sur fond de chahut, et poursuites aux banderilles. Après moult sautilleries du torero, le toro consent à quitter les planches pour trois passes cambiadas qui déclenchent la musique puis, toujours au centre, charge au ralenti, toute langue dehors. Il se montre plus mobile à droite et désarme le matador qui, jamais croisé, nous sert une bouillie pour chats de gouttière au lieu de vraiment toréer. Deux circulaires inversées en guise de cache misère suivies d’une 3ème en prenant la pose face à un adversaire arrêté ; faut-il en rire ou en pleurer ? Bajonazo d’école et sifflets bien cherchés.

     Présidence laxiste de Philippe Lalanne : trop généreuse (l’oreille …), trop mélomane.

     Entre chaque toro, la banda de Samadet nous a généreusement abreuvé de chansons (taurines bien sûr) de Joe Dassin, reprises en chœur par le respectable.