SAMADET – Dimanche 22 mars 2015

Novillada de Philippe CUILLE pour Borja ALVAREZ (vert bouteille et or), Manolo VANEGAS (vert empire à parements blancs et or) et Alvaro GARCIA (bleu marine et or), ce dernier débutant en novillada piquée.

Lot sérieux de présentation et d’armures, venant facilement tant au cheval que dans la muleta, mais dont le comportement a été malheureusement terni par la faiblesse et le manque de poder aux piques.

1er : negro liston armé correctement, qui manifeste de suite sa faiblesse par deux agenouillements. Placé au centre (!), il ne montre rien sous une pique manquée et replacée puis vient au petit galop à la 2ème, surprend le picador en déviant sa course pour finir par ne prendre qu’un picotazo. 2ème tiers correct, sans poursuite, avec nouvelle chute. Bouche ouverte dès le début de la faena, il désarme son opposant puis se contente de suivre la muleta sans force ni envie. Comme il se fait serrer à gauche, l’homme revient à droite alors que son novillo ne charge plus qu’au pas … et ça dure, avec un nouveau désarmé. Mise à mort laborieuse avec trois pinchazos et demi-lame. Avis et silence.

2ème : beau colorado liston, plus léger et bien armé, mettant par deux fois la corne dans le sable. Il pousse puis soulève le cheval à la 1ère pique et vient de plus loin à la 2ème, avec une poussée plus brève. Les agenouillements commencent sur le quite cafouilleux de Garcia … Banderilles moyennes du novillero. Vanegas subit deux retours sur place au centre et change immédiatement de main. L’animal devient tardo, le prend sans mal sur un pecho puis s’arrête et cherche l’homme. Ce dernier n’a d’autre solution que d’abréger et tue d’un bajonazo prudent au centre, d’effet immédiat. Silence.

3ème : colorado ojo de perdiz qui cogne aux planches (aidé par les peones ?) et s’échappe au cheval, prend un picotazo levé de suite et s’affale en sortant. Il se remet plus ou moins aux banderilles, le tercio se déroulant plutôt mal que bien avec cinq palos cloués, dont deux paires à cornes passées. Face à un adversaire qui vient bien mais tombe une fois par série, Garcia torée avec application quoique prudemment, citant de profil.  Pinchazo, entière en arrière, avis et vuelta diversement appréciée après une pétition bruyante du fan club. A noter l’organisation sans faille de ce dernier : deux banderoles déployées, distribution de photos par le minot du groupe et dix personnes placées à chaque coin de l’arène, chacune avec un mouchoir dans chaque main !

4ème : lourd castaño liston très armé. Larga à genoux suivie d’une réception volontaire et variée. Deux piques bien placées, la 2ème courte mais poussée. 1ère et 3ème paires de banderilles correctes, avec poursuites. Ce novillo mobile tombe malheureusement lui aussi mais se relève de suite. Alvarez se montre volontaire mais torée de façon électrique et marginale, se faisant désarmer sur une circulaire inversée. Nouvel échec à la mort avec épée transperçante, pinchazo, entière en place et trois descabellos. Avis, silence pour l’homme et (1ers) applaudissements pour l’arrastre.

5ème : negro armé large qui cogne aux planches, reçu par véroniques genou ployé et revolera suivies d’une mise en suerte élégante. L’animal s’affaisse sous une pique basse et en arrière levée de suite, mais le président impose une 2ème rencontre qui sera bien sûr tout aussi brève. Les banderilles de Vanegas sont cette fois désastreuses, avec une paire dans chaque flanc. Débutant sa faena à genoux au centre, il se fait accrocher sur le pecho, subit un avertissement sans frais mais sans ambigüité à gauche de la part d’un novillo mobile et pas idiot, puis vire au pueblerino, voire au vulgaire, regardant les gradins et laissant tomber la muleta devant l’animal pour finir par des bernadinas heurtées. Quatre pinchazos plus ou moins bas et une entière plate pour conclure. Avis et salut aux tiers prolongé en vuelta, et nouveaux applaudissements à la dépouille.

6ème : negro plus léger présentant une corne gauche fendillée. Placé sous le cheval, il sort de suite d’une 1ère rencontre et ne montre rien de mieux à la seconde. 2ème tiers bâclé dans la médiocrité ou médiocre dans la précipitation, au choix. Là encore vivacité, mobilité mais chutes du novillero, devant lequel Garcia sert un toreo templé et relâché, trop sans doute puisqu’il se fait prendre d’abord sur un pecho puis de plein fouet à droite, recevant une cornada à la cuisse. Il reste cependant en piste pour tuer son adversaire d’une vilaine lame dans l’épaule et se rend à l’infirmerie sous les applaudissements. Malgré le contexte « blessure et pundonor », la demande hurlante d’oreille(s) a cette fois frisé le ridicule.

Présidence sérieuse de Pascal DARQUIER assisté de Guy MAULEON et de Vincent DELPECH : deux rencontres au cheval demandées et tenues, avis ponctuels, demandes d’oreilles sans objet non satisfaites. Gentille leçon pour nos amis espagnols venus soutenir Alvaro Garcia : même dans une « petite » arène française de 3ème catégorie, on peut exiger –et surtout obtenir- un déroulement correct de la lidia.