ORTHEZ  – Dimanche 23 juillet 2017 (matin)

Novillada de VALVERDE pour Tibo GARCIA ( violet et or) et Baptiste CISSE (vert amande et or), remplaçant Adrien SALENC, blessé la veille au soir à Mont de Marsan.

     Lot jeune (moins de trois ans et demi), hétérogène tant en présentation qu’en intérêt, duquel se détache (en bien) le 2ème. Le 4ème aurait pu -dû ?- être changé.

1er (3 ans 3 mois) : petit negro hirsute, comme s’il avait toujours son poil d’hiver, armé moyennement mais finement, faiblard, qui saute dans la cape et fait de suite mine de chercher le toril. Une brève pique en arrière de Juan Manuel Sangüesa sous laquelle il secoue et dont il tarde à sortir. Au 2ème tiers, avec molle poursuite des hommes, le président doit imposer la 3ème paire. Noblote et doté d’une charge qui fait pitié, il chute devant la muleta de Garcia ; ce dernier cite de près, sans obliger ce pauvre opposant et prolonge bien inutilement sa faena. Lame transperçante, deux pinchazos, quasi-entière, descabello et silence.

2ème (3 ans 4 mois) : negro liston plus sérieux de trapio qui freine dans le capote lors d’une réception correcte ; un remate aux planches n’est pas apprécié des pitones … Le novillo pousse sous deux piques de Benedicto Sevillo, 1ère manquée et posée après contact, 2ème pompée après que le cavalier ait franchi la ligne sans raison ; et pourquoi pas une 3ème rencontre, placé de loin, pour voir ? Banderilles moyennes, sans poursuite. Cissé débute sa faena par une passe changée au centre, puis cite de loin un adversaire noble, auquel il ménage des temps de repos. Hélas, la charge devient rapidement parcimonieuse, mais reprend de la vivacité sur le passage à gauche, avec des naturelles de face citées à deux mètres. Voulant « toréer » à genoux au centre, le novillero ne réussit qu’à se mettre l’animal dessus, puis, prolongeant inutilement, il se fait emmener au toril. Il en sort le novillo et nous impose encore deux circulaires inversées et quelques bernadinas. Nouvelle épée qui ressort par le flanc, pinchazo et entière basse d’effet rapide. Avis et applaudissements.

3ème (3 ans 2 mois) : armé playero et fort intéressé par les planches. Placé trop loin pour la 1ère rencontre, il doit être rapproché et se défend sous une pique correcte (Juan Melgar) ; placé cette fois trop près (où sont les fondamentaux de la lidia ?) pour la 2ème, en arrière, il se comporte de même. Du 2ème tiers ressort une paire correcte d’El Santo. Les doblones montrent que le novillo encense dans le leurre ; suivent des derechazos prudents ; averti à gauche, désarmé et accroché sans dégât, Garcia poursuit prudemment de ce côté par passes aidées ; le retour à droite montrant que l’animal est devenu tardo, il sait conclure sans s’éterniser avec pinchazo, entière en avant et descabello. Salut aux tiers.

4ème (3 ans 3 mois) : un negro armé large qui désarme Cissé sur une larga à genoux et le poursuit après la seconde. Un problème au train arrière s’amplifie après la pique, en place et levée de suite, et fait chuter le novillo. 2ème tercio avec poursuite mais arrêté à deux paires. Le cornu cherche à s’enlever les banderilles, charge avec mesure, en sautillant, puis va aux planches à reculons. L’homme l’en sort, l’en ressort, réussit à peu près à le tenir debout mais finit quand même dominé par ce faiblard. Entière caidita, avis ponctuel et salut aux tiers.

Présidence correcte.

Tous les arrastres furent applaudis, celui qui le méritait (le 2ème) et ceux qui ne le méritaient pas (les trois autres).

Le prix pour le meilleur tercio de piques n’a pas été attribué.

 

ORTHEZ  – Dimanche 23 juillet 2017 (après-midi)

Corrida de VALVERDE pour Octavio CHACON (gris et or), Tomàs CAMPOS (coquille d’huître et or) et Manolo VANEGAS (blanc à parements noirs et or) ; ce dernier honore aujourd’hui son premier contrat en tant que matador d’alternative.

     Lot bien présenté, de bien à très bien armé, montrant plus de violence ou de hargne que de bravoure aux piques et une mansedumbre présente à différents degrés, pas toujours commode au 3ème tiers, d’où une tarde d’intérêt entretenu..

1er (4 ans 7 mois) : negro mulato bien armé mais avec un piton droit escobillé, qui montre un galop calme et une charge courte. Deux piques de Francisco Peña, placées de côté, en venant de loin (1ère levée de suite), va au toril et est replacé plus près pour la 3ème. Seulement deux paires de banderilles. A la muleta, ce toro revient sur l’homme tant à droite qu’à gauche et de plus le poursuit sur cette corne. Chacon, avec son métier, s’en sort par passes aidées, conclut par doblones et peine à cadrer son adversaire, qui démarre et le poursuit de nouveau. Une tentative d’estocade a recibir et une autre, opportuniste, al encuentro pour une lame contraire et en avant ; mort au toril. Applaudissements.

2ème (4 ans 8 mois) : armé vers le haut, astifino et doté d’un morrillo proéminent, distrait. Bien que placé près, Manuel Burgos doit aller le chercher, poussée sur la corne droite ; mise en suerte cafouilleuse pour finir au-delà du centre et devoir le rapprocher, pique pompée ; enfin une mise à distance correcte à la 3ème, gratte, s’intéresse à tout sauf au cheval et doit de nouveau être rapproché. Pas de poursuite au 2ème tiers. A la muleta, doblones puis le toro serre de suite à gauche ; Campos donne une série correcte à droite et une autre en citant sous le mufle. Deux naturelles en reculant, retour à droite et nouvel essai à gauche pour finir débordé. Entière tombée, mort bouche fermée et oreille sur demande que je n’ai pas vue majoritaire.

3ème (4 ans 8 mois) : Vanegas reçoit bien, par véroniques genou ployé, ce negro liston au piton gauche pas joli, qui met d’abord un gros tampon au cheval de José Ney Zambrano pour une pique lointaine et rectifiée, prise avec poussée. Les deux suivantes sont prises elles aussi en venant au galop et en poussant, mais un après un long grattage de la piste ; le picador sort sous les applaudissements. Banderilles quelconques, dont une proche de l’oreille. Après des doblones soignés du Vénézuélien, son opposant, tardo, lui met la corne sous l’aisselle en sortant d’un pecho. Muleta devant les naseaux, l’homme arrache les passes et se fait doucement amener au toril, dont il n’arrive pas à sortir. Une série superflue ponctuée d’un désarmé, pinchazo vertical, demi-lame en place et descabello. Applaudissements. 

4ème (4 ans 8 mois) : bien présenté et bien armé. 1ère pique : soulève le cheval, sort seul et va au toril ; 2ème : gratte, pousse aux planches, provoque la chute et charge le picador Juan Melgar, debout et sans recours, qui s’en tire probablement avec  une belle frayeur et d’aussi belles contusions ; 3ème : replacé près, sort seul et vite. Ce rustre attend les hommes aux banderilles, plantées sobrement, avec salut d’un peon. Chacon embarque bien son toro en trois séries de la droite et le sort des planches. La charge est plus brusque sur la gauche, et l’animal file aux planches opposées. Nouveau changement de terrain pour un (trop) long final encimista vers le toril, conclu par pinchazo en avant et entière tombée avec choc au thorax. Le toro va mourir au toril à genoux. Oreille.

5ème (4 ans 7 mois) : negro bien armé, con trapio. Encore un placement aberrant pour la 1ère pique (Juan Doblado ?), en arrière et prise en poussant ; se rapproche pour la 2ème, levée de suite. Vanegas se fait déborder sur son quite par chicuelinas et revolera. 2ème tiers correct, avec poursuites et salut. Et nous voyons un toro mobile et noble, qui lui aussi va au toril, et que Campos torée sur le voyage, concluant son travail d’un bajonazo. La suite m’a laissé songeur : oreille pour un torero jamais croisé, qui tue d’une épée défectueuse, demande sonore de la 2ème oreille venant du fan club (cela, classique), heureusement sans effet, et mouchoir bleu pour un toro « de 3ème tiers », qui a pris une pique et demi et qui a fini sa vie publique au toril …

6ème (4 ans 7 mois) : plus léger, armé playero, veleto et astifino. Vanegas est manifestement prêt à tout pour obtenir lui aussi « son -ou ses- » oreille(s) et reçoit son toro par deux largas à genoux. Deux piques, 1ère placé à un mètre, appuyée en carioca en soulevant le cheval. Le matador prend les banderilles pour clouer de façon plus spectaculaire qu’orthodoxe, déclenchant cependant l’enthousiasme dans les gradins. Cela continue avec une entame de faena à genoux près des planches. La charge, d’abord franche, s’agrémente vite de retours secs à droite et d’accrochages du leurre sur la gauche ; le toreo superficiel, voire pueblerino, de l’homme n’y est peut-être pas pour rien. Séquence dans le berceau, circulaire inversée, bernadinas, public chaviré et Manolo comme s’il avait perdu tout bon sens. Entière tombée portée spectaculairement et deux oreilles, la 2ème généreuse mais difficile à refuser dans le contexte, beaucoup oubliant comme toujours qu’elle est du ressort du seul palco. Vanegas associe le mayoral à sa vuelta a hombros, honneur pour moi exagéré vu le comportement d’ensemble du lot.

            Et le plus torero des trois est le seul à sortir à pied … cherchez l’erreur.

Présidence parfois surprenante de Michel Bouisseren, assisté de Mathieu Cazalet et de Yannick Darrieutort.

Le prix pour le meilleur tercio de piques a été attribué à Juan Melgar (4ème toro), qui est resté « propre » malgré le batacazo.

Il m’a semblé que la concurrence (suicidaire) des Adolfo Martin de Mont de Marsan et des Pedres de Saint Vincent de Tyrosse n’a pas trop impacté le nombre d’entrées ; tant mieux pour les organisateurs orthéziens.