GAMARDE LES BAINS – Dimanche 31 mars 2019

Corrida de CASTILLERO DE HUEBRA pour David GALVAN (bleu marine à parements blancs et or), remplaçant Daniel LUQUE, malade, José GARRIDO (coquille d’huître et argent) et Pablo AGUADO (framboise et or).

            Lot dans l’ensemble bien assez lourd, armé diversement et de comportements tout aussi divers avec un point commun, un fond  de faiblesse exprimé avec discrétion.

1er (4 ans 3 mois, 500 kg) : un peu acochinado et d’armure discrète, tout aussi discret à la (mono)pique suite à laquelle il plante les cornes dans le sable. Poursuites molles aux 1ère et 2ème paires de banderilles, plus franche à la 3ème. La faena débute par deux passes changées au centre suivies d’un accrochage et d’une poursuite. Assez mobile quoique mou, ce toro amène un relâchement trop prononcé de Galvan et le lui fait payer de deux avertissements sans conséquence mais sans équivoque, le tout pour finir aux planches. La faenita, sans relief aucun, est conclue de bernadinas superflues et d’une entière verticale portée al encuentro. Cinquante mouchoirs, plus de hurlements, et oreille, peut-être pour « lancer » la course et la temporada. Beaucoup de musique, beaucoup d’applaudissements, et peu de lidia.

2ème (4 ans 2 mois, 520 kg) : mieux armé, boitille de l’arrière et est changé pour voir sortir un bison (535 kg, 4 ans 3 mois) d’armure plus que commode. Reçu par larga à genoux, il serre à gauche puis, bien mis en suerte, pousse sous une pique basse ; le président résiste à la demande du matador et en impose une 2ème ; le toro, placé loin, se rapproche puis vient au galop. Applaudissements au picador. Poursuites irrégulières au 2ème tiers. Avec une charge mesurée, l’animal accuse l’effort fourni aux piques ; ressort de la faena une série de naturelles citées de trois quarts. Garrido peine à cadrer son opposant, lequel piétine longuement, et conclut par pinchazo, entière en place et descabello. Silence (avis non sonné).

3ème (4 ans 1 mois, 530 kg) : en pointes, ne me paraît pas faire le poids affiché, est reçu par véroniques lentes. Il prend sans pousser une pique allègrement pompée et maniée de façon à élargir la blessure, puis suit à peu près aux banderilles. A la muleta, Aguado torée un adversaire doté d’une charge idéale avec calme, temple, relâchement et pour tout dire une élégance certaine, sans obliger son adversaire plus que de mesure, main haute et sur le voyage. Un pinchazo profond porté a recibir, un tiers de lame tendue et un descabello limiteront (sagement) les trophées à une oreille.

4ème (4 ans 5 mois, 530 kg) : armé correctement, coureur, pas fixé par la cape de Galvàn et envoyé au cheval sans mise en suerte pour une (mono) pique prise anonymement. 2ème tiers rapide à défaut d’être correct. Le torero procède d’abord par doblones légers puis, constatant qu’il se fait promener par son opposant qui lorgne vers les planches, se place au centre. La faena, tape-à-l’œil, comporte plus de hurlements que de toreo, avec une double circulaire inversée et un final franchement pueblerino, tout cela pour quand même se terminer aux planches. Entière en arrière portée a recibir, longue attente, avis et quelques applaudissements.

5ème (4 ans 5 mois, 515 kg) : armure correcte, réception par véroniques genou ployé et arrêt du 1er tiers après une pique basse et courte ; autant dire que ce toro n’a quasiment pas été piqué … Poursuites aux banderilles, avec une 3ème paire exposée et applaudie. Bien que chutant sur les doblones d’entame de faena, le toro montre une charge vive, voire violente, que Garrido tente de maîtriser en baissant la main, essuyant moult accrochages du leurre, dont deux proches du désarmé. A défaut de talent, il y a la volonté, mais se rend-il compte qu’il paie le simulacre de pique ? Nouveaux doblones pour conclure, cadrage laborieux, entière un poil tombée et en avant d’effet immédiat. Oreille.

6ème (4 ans 2 mois, 510 kg) : bizco, avec une corne gauche bizarre, fait chuter cavalier et cheval, s’acharne sur ce dernier et le blesse au cou ; 2ème pique propre bien que sans mise en suerte. A la muleta, Aguado réussit à faire passer un toro bronco, mais son placement marginal lui vaut un accrochage sans dégât ; la faena templée livrée à son 1er adversaire ne peut bien sûr pas être reproduite, mais elle est cette fois conclue d’une grande entière portée en basculant et déclenchant l’octroi d’une oreille.

Présidence trop aux ordres des hommes en piste, montrant cependant quelques moments ou gestes de lucidité pour ne pas dire d’autorité.