SOUSTONS - Dimanche 8 août 2021

Novillada de CAMINO de SANTIAGO et de MARGE pour Carlos OLSINA (bleu roi et or), Cédric FRUCTUEUX « El KIKE » (vert empire et or), Juan MOLAS (rouge et or) et Solal CALMET « SOLALITO » (bleu roi et or).

            Cette novillada a pris la forme d’une « Coupe de France des Novilleros » créée, d’après ce que j’ai compris, par Julien Lescarret, nouvel organisateur des spectacles taurins à Soustons. Chaque novillero a toréé un exemplaire du fer de CAMINO de SANTIAGO, puis un jury a désigné les deux meilleurs d’entre eux pour toréer chacun un exemplaire du fer de MARGE. Pourquoi pas, à condition que l’imagination ne se fasse pas au détriment de la lidia, ce qui à son tour suppose un minimum de sérieux de la présidence.

1er : negro assez petit mais bien fait et astifino, reçu correctement, qui s’échappe lors de la mise en suerte pour prendre une pique de côté, chutant à la sortie ; on en restera là. Le quite d’Olsina, en frente por detrás, n’est pas vraiment serein. Avec trois passages en faux, le 2ème tiers sera clos (anti-réglementairement, mais c’est sans doute un « détail ») avec deux palos plantés. Les doblones d’entame de faena provoquent un agenouillement du novillo, et les derechazos qui suivent, donnés sur le pico provoquent, eux, le lancement de la musique. Une série de naturelles plus sincères reste hélas sans lendemain, et le novillero revient sur la droite, le corps cassé en deux ; l’affaire prend un tour nettement pueblerino avec circulaires inversées, desplante et bernadinas citées de trois quarts, lesquelles se soldent par un coup dans le dos de l’homme. Echec à la mort avec pinchazo profond sur un animal pas cadré, autre pinchazo bas et deux tiers de lame plate et basse. Avis (à 11 minutes 40) et salut aux tiers. Il y avait sans doute mieux à faire avec ce novillo sans grand poder mais surtout sans défaut.

2ème : lourd colorado ojo de perdiz, avec les deux pitones abîmés. Il pousse et soulève le cheval  à la pique ; notre envie d’en voir une 2ème n’ira pas plus loin (que l’envie). Banderilles correctes avec poursuites sans accélération. Dès le début de la faena, le novillo donne des coups de tête dans le leurre, défaut qu’El Kike ne saura corriger et qui fera que, sauf sur une série où l’on a l’impression que l’homme a « repris la main », ce sera l’animal qui mènera le jeu et promènera son adversaire où bon lui semble. Pinchazo par la bordure, deux tiers de lame basse enfoncée en deux fois, trois descabellos, avis (à 12 minutes) et silence.

3ème : pitón gauche abîmé ; la réception est allurée et variée. Le novillo pousse sous une longue pique placée trop en arrière ; il aurait mieux valu le sortir plus vite et en voir une 2ème … passons. Poursuites au 2ème tiers, correct. À la muleta, l’animal montre une charge vive qui, par moment, déborde le novillero et lui vaut un avertissement sur un pecho. Molas fait preuve de beaucoup d’envie, veut montrer ce qu’il sait faire mais fait justement trop de choses et trop précipitamment. En même temps, peut-on lui reprocher de toréer comme un novillero ? Mise à mort laborieuse avec mete y saca puis entière en travers dans l’épaule suivie de deux descabellos. Avis (à 11 minutes), salut aux tiers et applaudissements ici mérités pour la dépouille.

4ème: negro mulato qui fonce sur le cheval pour une pique basse, heureusement pas appuyée, alors que les peones restent passifs ; arrêt prématuré du tercio et joli quite avec changement de main. Enfin un novillero qui banderille, plutôt bien, avec deux quiebros dans les planches. La faena débute à genoux, mais le cornu est distrait et, au passage, accroche la muleta. Cependant, Solalito torée calmement, le corps droit et pas cassé ; il est dommage que la fin soit plus pueblerina, avec deux circulaires inversées et allers - retours main droite / main gauche mais l’homme sait, lui, arrêter sa faena à temps. Demi-lame tombée, oreille et vuelta hors de propos à l’arrastre.

                Juan Molas et Solalito sont retenus pour la « finale ».

5ème : negro playero qui ne montre pas un entrain extraordinaire dans la cape de Molas. Après une pique logée au milieu du dos mais légère, l’animal effectue une vuelta de campana. Quite laborieux par zapopinas. 2ème tiers sans histoire, avec poursuite des hommes. Accusant le coup suite à la vuelta, le novillo arrive sans gaz dans la muleta et s’éteint en moins de cinq minutes. Avec un tel opposant, Molas ne peut évidemment pas répéter la faena trépidante servie au 3ème, et son travail résulte terne par nécessité. Quasi-entière contraire, descabello et salut du callejón.

6ème : beau castaño bien armé et bien reçu par véroniques, chicuelinas et demie. L’histoire se répète avec une pique très en arrière levée de suite, et l’on passe à autre chose. Nouvelles banderilles applaudies de Solalito. Débutant le 3ème tiers au centre et à genoux, le novillero constate de suite l’attrait du novillo pour les planches. Et pourtant, en dépit de son toreo qui semble peu peser sur l’animal, il réussit à tenir ce dernier dans sa muleta sans le laisser aller là où il veut. La faena est de nouveau courte et se termine comme elle avait commencé, à genoux (pour « chauffer » le public ?). Entière plate en arrière, trois descabellos et oreille.

            Logiquement, Solalito termine vainqueur de cette « coupe ».

Présidence bien peu rigoureuse de Lionel Lohiague, incapable d’imposer une 2ème pique, en retard pour faire -ou ne pas faire- sonner les avis et sortant un mouchoir bleu plus que surprenant.

Entre contrôles sanitaires et sévillanes en piste, la paseo a démarré avec vingt bonnes minutes de retard.

Les sorties de chaque arrastre ont été applaudies, avec raison parfois, sans raison souvent.