GARLIN – Dimanche 8 avril 2018

Novillada de PEDRAZA de YELTES pour Angel JIMENEZ (blanc et or), Antonio GRANDE (bleu marine et or) et Dorian CANTON (bleu nuit et or).

Lot composé de novillos long et ensellés à des degrés variables, venant comme toujours facilement au cheval et faisant montre d’une noblesse de bon aloi. Une novillada intéressante pour cette 6ème venue des Pedrazas à Garlin ; le temps frais et humide n’a pas eu d’effet, au moins sensible, sur l’entrée habituelle pour ce spectacle de printemps ou plutôt de fin d’hiver.

1er (3 ans) : beau colorado armé brocho. La pique –mouvementée- de Gabin Rehabi, basse, est rectifiée mais en arrière et le picador, déséquilibré, se retrouve sur le novillo ; heureusement, tout se termine sans casse ; 2ème pique correcte, avec poussée sans conviction. Banderilles avec poursuites et salut de Marco Leal et de Miguelito. Jimenez cite de loin, tout en restant marginal, un animal dont la grande noblesse pardonne toutes les approximations de placement. Entière en avant et oreille.

2ème (3 ans) : negro plus léger et un peu moins armé. Désarmé sur la réception et mise en suerte manquée ; le novillo arrive à provoquer la chute, ne veut pas sortir et malmène longuement le cheval au sol ; changement de picador avec l’entrée d’Antonio Grande père, qui « n’ouvre » pas sa monture pour aider à la sortie du cornu. Requiem pour une 3ème pique que l’on aurait aimé voir, mais non exigée par le palco. Poursuites sans conviction au 2ème tiers. Après des doblones, Grande aguante une charge courte, subit deux désarmés, puis sert une série de naturelles correctes ; autre désarmé pour une passe osée dans le dos et bernadinas au toril. Cette faena aura comporté au moins deux séries de trop … Entière en avant, avis et oreille sur demande minoritaire.

3ème (3 ans 3 mois) : colorado claro, noble et de charge longue, reçu à genoux. Une pique en place, une autre en arrière sans avoir été mis en suerte, et le novillo revient au cheval seul, le picador, propre, ne piquant pas ; 3ème rencontre al regaton (ou avec la pique de tienta ?), venant de loin mais en deux fois. Banderilles correctes d’El Santo, dans le flanc pour Manolo de los Reyes. La musique salue de suite trois passes changées, Canton fait tourner autour de lui un adversaire à la noblesse remarquable, qui cependant finit par l’accrocher sur des naturelles ; suivant les conseils de Richard Milian, il repart à droite en baissant la main (on ne reverra plus la main gauche). Le succès prévisible est gâché par une mise à mort laborieuse : pinchazo profond, lame basse en travers et en avant, deux descabellos avec démarrages, reprise de l’épée pour un autre pinchazo et enfin lame basse en avant. Un seul avis à treize minutes, salut aux tiers et vuelta pour la dépouille de Tontillo.

4ème (3 ans 11 mois) : beau et long novillo armé correctement, qui s’arc-boute sous une pique en arrière puis, remis en suerte trop loin, tombe à la sortie d’une pique basse, peut-être dans l’épaule. Bien sûr peu de poursuites aux banderilles et nouvelle chute en début de faena ; le toreo à mi-hauteur n’évite pas d’autres agenouillements, mais l’animal reste mobile et vient de loin, manifestant au passage son attrait pour le toril. Demi-lame en place, mort au toril et nouvelle oreille, sur demande encore minoritaire.

5ème (3 ans et demi) : un castaño bizco, moins ensellé que ses congénères. Il pousse en trois rencontres, 1ère en place et appuyée, 2ème pas loin d’obtenir la chute, 3ème en venant de loin. 2ème tiers moyen avec poursuite des hommes. Le novillo charge avec vivacité, mufle au sol ; une longue séquence à gauche se termine par un avertissement sans frais et deux désarmés. La charge est maintenant moins fluide et ponctuée de coups de tête, provoquant un accrochage. Entière en avant et salut aux tiers.

6ème (3 ans 10 mois) : negro bizco costaud, qui prend une longue pique en arrière et reste collé au cheval, le cavalier n’aidant pas à la sortie, puis une 2ème, de nouveau en arrière et cette fois vrillée ; une fois de plus, il aurait été intéressant d’obliger à une 3ème rencontre, n’aurait-ce été que « pour voir ». Banderilles correctes, sans poursuite, avec salut d’Asier Echaniz. A la muleta, l’animal vient moins facilement ; Canton débute par des doblones légers, sert des naturelles à bonne distance et finit dans le petit périmètre en se rapprochant des planches. Pinchazo, entière verticale contraire, penchée et en avant et descabello avec démarrage. Avis, deux oreilles (une de trop pour moi) et vuelta en compagnie du mayoral.

      Triple sortie a hombros, le représentant de l’élevage José Ignacio Sànchez accompagnant Angel Jimenez et Dorian Canton.

Présidence de Franck Lanati trop aux ordres des hommes en piste et trop généreux dans la distribution des trophées, assisté de J.-C. Delmonteil et de J.-C. Lannepoudenx.