GARLIN – Dimanche 9 avril 2017

Novillada de PEDRAZA de YELTES pour Jorge ISIEGAS (bleu ciel et or), Adrien SALENC (cramoisi et or) et Marcos PEREZ « MARCOS » (coquille d’huitre et argent).

Lot de desecho (sans surprise, sauf le 6ème …), intéressant malgré quelques signes de faiblesse et quelques attraits pour les planches ou pour le toril. Cinq exemplaires actifs au cheval, cinq mobiles au 3ème tiers et un point commun au six : une noblesse, elle, sans faille. Excepté le 1er, les arrastres ont été applaudis. Côté hommes, Isiegas a voulu trop en faire, Salenc s’est montré bien peu lidiador et Marcos, peut-être novice en novillada piquée, s’est comporté avec une placidité frisant l’aboulie. Une très belle entrée a salué cette 5ème venue des Pedrazas à Garlin.

1er (3 ans 5 mois) : negro léger, armé brocho, reçu par farol à genoux et qui met bien la tête dans la cape. Le novillo pousse sous une (seule !) pique bien tenue de Gabin Rehabi, reste collé au cheval puis met les cornes dans le sable. Commence alors la comédie des deuxièmes tiers tronqués, limités à deux paires de banderilles, correctes, avec poursuites sans conviction. Deux passes changées au centre précèdent une demi-vuelta de campana ; Isiegas prend de suite la main gauche et commence à nous abreuver de ses hurlements. L’animal s’agenouille et ouvre la bouche bien tôt, tandis que l’homme torée à bonne distance, se montre pueblerino et ne sait pas arrêter sa faena, adepte sans doute de la devise « quatre-vingts passes, pas plus ». Mete y saca bas, demi-lame dans le cou, descabello et applaudissements clairsemés ; douze minutes sans avis.

2ème (3 ans 3 mois) : negro maigrichon bizco qui fonce sur le cheval de Romualdo Almodovar pour une pique appuyée en carioca suivie d’une autre plus propre, venant au galop après s’être montré tardo. Poursuite aux banderilles avec passage en faux de Cañada et belle paire de Manolo de Los Reyes. La faena débute plutôt bien, avec doblones suivis d’une série de la droite donnée en se croisant et en baissant la main ; ça continue moins bien, Salenc ne tirant pas assez la main et ramenant son adversaire sur lui. La faiblesse du train arrière du novillo ne gêne pas sa mobilité, mais fait qu’il pivote sur ses postérieurs de manière surprenante. L’homme finit dépassé, cette non domination étant sans conséquence fâcheuse vu la « gentillesse » de l’animal, qui va aux planches. Trois pinchazos plus ou moins profonds, demi-lame basse et en avant et descabello ; silence et quelques applaudissements au novillo, qui offrait ses oreilles. Plus de onze minutes sans avis.

3ème (3 ans 5 mois) : petit et bizco lui aussi, vient en zig-zag pour une pique appuyée et pompée et, placé plus près (!), revient facilement. Banderilles sans poursuite. Après des doblones appliqués, Marcos torée de façon classique mais à la fois froide et très prudente, n’oubliant pas lui non plus de hurler à chaque passe et poursuivant sa faena au-delà du raisonnable. Le novillo, très noble, finit distrait. Entière basse par le large, applaudie, et oreille tombée du ciel via le palco, novillero et surtout président se faisant abondamment siffler.

 4ème (3 ans 5 mois) : un colorado costaud, armé court et brochito. Il entre violemment dans le cheval et provoque sa chute, Nicolas Bertoli se retrouvant coincé sous sa monture ; cafouillage général des cuadrillas, seul Marco Leal faisant preuve de décision pour écarter le novillo. Bertoli doit être évacué, et c’est Gabin qui revient pour administrer deux piques correctes, une avec poussée de l’animal, une autre plus pour la forme. Salut de Miguelito et de El Santo, poursuivis au 2ème tiers. Bien amené au centre par doblones, l’animal « fait l’avion » dans la muleta d’Isiegas et le public se réveille. De nouveau, le novillo, volontaire, veut trop en faire  et, brouillon, termine sa faena dominé, s’en tirant par des chiffonnades. Pinchazo profond dans le cou, demi-lame en avant portée sans engagement, oreille sur demande minoritaire et vuelta à la dépouille. Nouvel avis « virtuel ».

5ème (3 ans 3 mois) : colorado armé bizco et, cette fois, astifino, que Salenc laisse aller seul au cheval, qui pousse et soulève la monture d’Oscar Berrnal, à la limite de la chute ; la 2ème pique, administrée après moult capotazos, est levée de suite. Le novillero s’embrouille dans son quite et, après des banderilles correctes et avec poursuite, passe son temps à se faire promener (en musique !), leurre accroché en permanence ; cette bouillie de toreo est tout de même discrètement applaudie. Deux pinchazos, entière en place en s’engageant et oreille de nouveau généreuse, voire hors de propos, mais cohérente avec ce qui a précédé. Petit miracle : sonne un avis (à onze minutes).

6ème (3 ans 9 mois) : long negro imprésentable, avec une armure en pinces de crabe (probablement qu’à cinq ans, les pointes se seraient rejointes !). Le novillero soulève le cheval puis pousse sous la pique, reste collé et soulève de nouveau ; à la 2ème rencontre, il vient de loin, sort seul et revient. Banderilles spectaculaires d’Ivan Garcia. Le novillo fait illusion sur deux séries de muleta puis se fige (problème locomoteur qui s’aggrave pour devenir handicapant ?).. Malgré les injonctions du public, Marcos a du mal à comprendre qu’il faut conclure, ce qu’il finit par faire d’une entière légèrement en avant. L’animal, bien élevé, tombe à dix minutes, au toril. Silence.

 Le prix mis en jeu pour le meilleur tercio de piques a été attribué à Oscar Bernal (5ème novillo).

Présidence incolore de Jean-Paul DELPECH, assisté de Sylvie Baillard et de Manolo Gloria.

Suite au malaise d’un spectateur, le paseillo a démarré avec un quart d’heure de retard.

A noter qu’au moins cinq matadors d’alternative figuraient parmi les subalternes.