VIC FEZENSAC - Dimanche 9 juin 2019 (après-midi)

Corrida de Dolorés AGUIRRE pour GOMEZ DEL PILAR (vert empire à parements blancs et or), Javier JIMENEZ (bleu roi et or) et Miguel Angel PACHECO (rose pâle à parements blancs et argent).

  Un lot bien présenté et armé qui a été le protagoniste d’une tarde en deux parties : une première proche de l’ennui, une 2ème plus animée, avec ces « affreux » typiques de la maison, qui vendent leur peau et que beaucoup de toreros fuient. Le jeune Pacheco, par son engagement et sa sincérité, a permis à cette course d’aller a màs.

1er (4 ans 5 mois) : negro meano armé large, qui prend la pose à la sortie du toril alors que le torero l’attend a porta gaïola ! Il consent à venir au ralenti, s’arrête juste après avoir passé la cape puis s’échappe pour foncer sur le cheval. La  2ème pique, d’abord au milieu du dos, glisse le long de l’échine, faisant ainsi une longue balafre, et enfin est replacée un peu mieux ; agenouillement à la sortie et huées pour le picador. Poursuites franches aux banderilles. Après le brillant tercio de piques, le brindis de Gomez Del Pilar au public est accueilli plutôt fraîchement. A la muleta, le toro fait entendre un souffle rauque, chute plusieurs fois et cherche l’homme à gauche ; le retour de ce côté, prudent après un passage à droite, déclenche un nouvel avertissement, et le torero finit dominé, concluant par pinchazo et entière basse. Avis, silence pour l’homme et applaudissements surprenants pour l’arrastre.

2ème (4 ans 7 mois) : negro armé fin et vers le haut, reçu par véroniques, d’abord genou ployé, puis en paron, et revolera. Le toro pousse sous une pique en place, cogne et secoue à la 2ème et en prend une 3ème, courte, en venant du centre ; applaudissements au picador, professionnel. Banderilles correctes et sans poursuite. Au 3ème tiers, l’animal donne des signes de faiblesse et le matador réalise une faena propre, se croisant de chaque côté ; il conclut par pinchazo et entière horizontale. Salut aux tiers.

3ème (5 ans 7 mois) : negro sans excès de poids et bien armé, qui se montre circonspect face à la cape, fuit puis consent à charger comme à regret. Il sera piqué par le Gabin Rehabi des mauvais jours, poussant sous une pique basse, venant pour une autre tout aussi basse après avoir navigué de ci de là et enfin revenant au pas pour la 3ème, en arrière, se limitant à cogner dans le peto. Poursuites au 2ème tiers. Pacheco torée en baissant la main, tandis que son toro se montre réticent sur la gauche et commence à réfléchir avant de charger sur la droite pour finir arrêté. L’accrochage est évité de justesse sur un pecho, et le peu intéressant cornu meure après entière verticale en avant et descabello. Silence général, l’ennui commençant à gagner les gradins.

4ème : (4 ans 3 mois) : negro armé playero et veleto ; placé au centre, il se rapproche, pousse sous une pique appuyée et refuse de sortir ; il désarçonne le picador sous la violence du choc à la 2ème et, remis élégamment en suerte par zapopina, pousse de nouveau à la 3ème. Des doblones secs ne suffisent pas à réduire un toro tardo, violent, qui fuse et pèse dans la muleta, donnant moult coups de tête. C’est un peu moins heurté à gauche, tandis qu’à droite, il cherche l’homme et le poursuit. Gomez Del Pilar renonce et conclut par pinchazo et bajonazo. Applaudissements pour le matador et division pour un « affreux jojo » qui aura au moins eu le mérite de nous sortir de la torpeur.

5ème (4 ans et demi) : negro mulato bragado armé correctement, qui s’arrête au niveau des capes après les avoir fui. Placé à la raie, il pousse et met le picador en mauvaise posture ; la 2ème pique est basse, pompée et vrillée ; il ralentit en venant à la 3èm, sort seul et enfin en prend une 4ème, elle aussi basse et pompée. Le 2ème tiers se déroule entre passages en faux et capes qui volent, avec une 3ème paire méritoire qui fait saluer le peon. Jimenez vole quelques passes aidées en reculant et renonce très vite, tuant péniblement par pinchazo, trois quarts de lame penchée, deux pinchazos portés par le large et trois quarts de lame. Division et applaudissements à l’arrastre.

6ème (4 ans et demi) : negro meano liston d’armure offensive ; les véroniques de réception sont soignées. Le toro soulève et renverse le cheval à la 1ère rencontre, vient de loin à la 2ème basse, tandis que les deux suivantes sont levées de suite. Poursuites molles aux banderilles. Après des doblones appliqués, Pacheco ne se laisse pas impressionner par son adversaire, tardo, qui s’arrête dans la passe et se retourne sur place. Procédant par séries courtes, baissant la main, tentant d’allonger la charge, il arrive par sa volonté à tirer une faena d’un récalcitrant pas commode, payant comptant son engagement par une belle cogida en volant sur les cornes. Grande entière en s’engageant de manière spectaculaire, oreille plus que méritée, applaudissements au toro et … annonce au micro d’un nouveau contrat pour le lendemain en remplacement de Roman, blessé le jour même à Madrid.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet, assisté de Jean-Franck PASSICOS et de Michel JEAN.

 

VIC FEZENSAC – Lundi 10 juin 2019

Corrida de PEDRAZA DE YELTES pour Daniel LUQUE (vert empire à parements blancs et or), Juan DEL ALAMO (chocolat à parements blancs et or) et Miguel Angel PACHECO (rouge basque à parements blancs et or), remplaçant ROMAN, qui devait lui-même remplacer Emilio DE JUSTO, les deux blessés.

Des toros de trapios et d’armures imposants, globalement encastés et nobles. La bravoure, elle, été plus en trompe l’oeil, avec souvent de gros « tampons » au cheval, mais avec vraie poussée seulement à la 1ère rencontre, plus quelques fuites aux planches ; ces deux bémols n’ôtent rien au fait que la course a été d’un intérêt soutenu. Du côté des hommes, Luque, dans une bonne période, a montré son métier, Del Alamo était dans un mauvais (ou est dans une mauvaise période), et Pacheco avait peut-être plus de pression sur les épaules qu’hier pour sa 1ère course, ce qui n’enlève rien à son honnêteté et à son engagement de jeune torero.

1er (4 ans 8 mois) : un colorado corpulent et bien armé, reçu calmement, qui vient bien pour trois piques allant decrescendo : 1ère avec poussée, long à sortir, 2ème courte, 3ème levée de suite. Bien que les deux premières aient été un peu basses, le picador est applaudi. Arrêt des banderilles à deux paires : pourquoi ? D’abord fade dans la muleta de Luque, le toro s’anime à la 3ème série de derechazos ; sur l’autre bord, le matador, averti à la 3ème naturelle s’en tiendra là. Cette faena, globalement donnée main haute, sur le voyage, conclue d’une entière tombée, n’empêchera pas l’octroi d’une oreille fort généreuse, sur demande pour moi minoritaire et quelque peu contestée.

2ème (4 ans 8 mois) : castaño colorado bragado. Une 1ère pique propre et poussée, une 2ème en étant placé trop loin, posée au même endroit ; le toro sort, revient de suite, casse la hampe, et on arrête là. 2ème tiers correct et sans poursuite. Placé au centre, avec un adversaire qui vient de loin, Del Alamo alterne passes données en se croisant et passes données à bout de bras. Le cornu commence à se défendre, désarme l’homme à deux reprises et lorgne vers le toril. Il démarre au moment de l’estocade, rendant la mise à mort est longue et pénible pour tous : une lame dans l’épaule, mete y saca, pinchazo par le large et entière plate. Deux avis à 10 minutes 30 et à 14 minutes, et le toro, qui s’est relevé, tombe à 16 minutes ; il aurait donc dû rentrer vivant au toril. Quelques sifflets.

        Avant la sortie du 3ème  toro, Pacheco est appelé à saluer en piste en remerciement de son engagement d’hier.

3ème (4 ans 7 mois) : autre castaño colorado, long et haut, sans excès de poids et très armé. Il s’échappe sur la mise en suerte, pousse et provoque la chute de l’ensemble équestre, échappe de nouveau aux capes pour revenir et s’acharner sur le cheval tout juste relevé, heureusement maintenu par un monosabio pour éviter une nouvelle chute. La 2ème pique, manquée, est placée dans l’épaule, la 3ème courte et en arrière, la 4ème, prise de (très) loin, est levée de suite. Poursuites au 2ème tiers, avec salut d’un peon. A la muleta, Pacheco double peut-être insuffisamment son opposant même s’il est noble ; il procède par séries courtes, main basse et avec la volonté d’allonger la charge. A gauche, le toro passe moins bien, devient distrait et va aux planches. Le matador l’en sort, peine à le cadrer et tue d’une entière basse portée avec foi. Salut aux tiers, et quelques-uns demandent la vuelta pour la dépouille, demande logiquement sans suite.  

4ème (4 ans 4 mois) : colorado armé large et vers le haut, reçu par véroniques allurées. Il fait illusion au 1er tiers, rentrant violemment dans le peto et poussant fortement à la 1ère rencontre, restant passif à la 2ème et devenant tardo et distrait pour une 3ème, placée au milieu du dos. Avec un tio qui fuse sur les hommes, le 2ème tiers se déroule dans le chaos, avec cinq palos posés en autant de passages, et est arrêté avec trois sur le dos de l’animal ; sifflets à la cuadrilla. Au 3ème tiers, Luque est poursuivi sur sa tentative à gauche tandis que, sur l’autre bord, son adversaire s’arrête dans la passe pour revenir de suite sur lui. Il réussit à imposer une série de derechazos, revient à gauche en devant bouger beaucoup, puis à droite pour une série des plus correctes. Passes de châtiment en allant vers le toril, belle entière bien portée, desplante de mauvais goût et mort au toril. Oreille plus méritée que la précédente.

5ème (4 ans 7 mois) : colorado armé spectaculairement, à la limite de l’exagération vu son trapio, qui pousse de la corne gauche et obtient la chute du cheval, à côté duquel il reste avec la corne coincée dans le peto ; a-t-il pris un coup de sabot à ce moment ? Toujours est-il que sa démarche flottante provoque le changement. Le sobrero (5 ans et demi ou 4 ans et demi ?) est un lourd castaño acapachado qui remate violemment au burladero et y laisse l’étui de la corne gauche sur environ quinze centimètres. Il pousse et soulève le cheval à la 1ère pique et ne fait que cogner à la 2ème. Banderilles correctes, posées rapidement, avec poursuites. La faena, probablement trop longue, sur le voyage, voit le cornu s’agenouiller et Del Alamo se faire promener ; il réussit cependant trois séries à droite en baissant la main. De nouveau, la mise à mort est plus que laborieuse : pinchazo bas sans s’engager, deux tiers de lame en avant et nombreux descabellos avec trois démarrages du cornu. Malgré les retards dans les avis, sonnés à 10 minutes 30, 14 et 16 minutes, le toro, bouche fermée jusqu’à la fin, devra être puntillé en piste. Silence contrit.

6ème (4 ans 8 mois) : haut colorado piqué par le Gabin Rehabi « des bons jours » cette fois, applaudi à sa sortie. La 1ère pique, en place, est longue et poussée, le toro, long à sortir, revenant de lui-même à deux reprises au cheval ; la 2ème est correcte mais prise passivement, et la 3ème est manquée. 2ème tiers correct, avec poursuites et salut d’un peon. Le début de faena est posé, avec changement de main ; suivent des derechazos longs et templés, donnés en baissant la main ; plus prudent à gauche, Pacheco se fait serrer puis désarmer. Entière en place portée avec décision, attente trop longue et, logiquement, difficultés pour descabeller suite aux démarrages de l’animal. Avis à 10 minutes 40 et 14 minutes ; normalement, nous n’étions pas loin du 3ème

Présidence de Guy Tanguy, assisté de Philippe Tort et de Nicolas Huguet.

 

Cela fait plusieurs années qu’il ne nous avait pas été donné de voir une feria de Pentecôte à Vic de ce niveau : des toros dans l’ensemble magnifiques, dans le type de l’encaste, bien voire très bien armés, et pour la plupart intéressants dans leurs combats en piste. Le comportement des hommes a été lui plus divers, allant du professionnalisme au manque de métier, au bache ou au mauvais vouloir.