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Eoliennes

Le soleil nous nargue.



Con finis que nous sommes, nous voici tous confinés.



Enfermés, clos, bouclés, enchiquerrés. 



Deux semaines? 



Bien entendu que non....le pic, la vague, le Tsunami n'est pas encore là...pour qui sait la charge du toro, il y a celle désordonnée, la première pleine de furie, et de rage, de mensonge aussi...les toreros analysent, regardent essaient de comprendre l'énigme. Puis il y a la charge dirigée celle des étoffes, plus templées et puis les dernieres charges désespérées, plus précises, souvent ...Le toro apprend, toujours...il change en cours de combat, il évolue.



Le coronavirus fait pareil il évolue, une grippe, puis plus grave, mais quand même pas si grave, enfin quoi que.....les masques sont inutiles, portez des masques ...dites, on en sait quoi, au juste?



Comme pour le toro, il tue, mais pas tous et pas tout le temps....l'énigme quoi...ll va falloir le travailler, le fatiguer, le leurrer. Une faena de quelques semaines, de mois avant de trouver la faille.



Les terrains disaient Pépé, celui qui sait le terrain sait le toro....des phrases? 



Peut-être pas. On apprend du Covi 19 ( c'est pile le numéro de département de mon club de rugby de coeur...de quand j'étais jeune et que je jouais...) on apprend tous les jours, les humains se sont unis, planétaire, parce que l'humain...une trêve, une union sacrée, nous sommes tous concernés...



Le grand soleil d'Espagne caresse le dos des toros qui paissent tranquilles dans leurs champs. La plaine commence à muer, les fleurs jaillissent et les couleurs bleues, jaunes, rouges éclatent partout. Le vent porte des notes suaves de douceur printanière..tout celà est dans ma tête...je ferme les yeux, je voyage dans mon univers intime.



Comment présager de ce qui peut arriver? 



Les choses ici, semblent pourtant immuables, on imagine les odeurs de nourriture, les couleurs des robes des femmes, les saints, les vierges, les Christs de bois qui restent tapis dans leurs alcôves...Les deux gros yeux globuleux de la Maestranza qui regardent l'avenue vidée, et le fleuve qui coule toujours...serein, majestueux.



La fête n'aura pas lieu, trop de violence, trop de morts, trop de peurs, être citoyen, être prudent....



Les villages sont privées de leurs fêtes, leurs rues sont désertées, et partout le silence, celui des épées, lors de la mise à mort, un silence profond, réfléchi et digne.



Seules, face au vent les Eoliennes continuent leur murmure, arrachant aux oiseaux, cigognes et Martinets, les derniers ragots. 



Elles brassent du vent.....pour l'instant.



CHF