Et maintenant ils profanent et mutilent des œuvres d’enfants

par Jean-Jacques Dhomps

 

Le mauvais coup perpétré à Nîmes par la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard mérite d’être rappelé, commenté et condamné.

Mme Claire Starozinski, n’aime pas les corridas de toros et encore moins les images qu’elles génèrent.

L’Alliance Anti Corrida qu’elle préside, se vante d’avoir fait retirer des affiches, des œuvres d’inspiration taurine, dans différentes expositions où même d’avoir fait interdire certaines de ces expositions, Novotel Nîmes, Cinéma Kinépolis Nîmes, Hypermarché Géant d'Arles, Auchan de Martigues, Société Générale Nîmes, Crédit Agricole Aquitaine …

L’Alliance Anti Corrida prétend interdire à des entreprises, des associations ou des personnalités de se référer à la tauromachie pour accompagner la promotion de leurs produits, activités ou prestations. Il en fut ainsi pour : Gazpacho Alvalle, Interflora, Zippo, Carrefour Nîmes-Étoile, Vocable, Vistaprint, Kids' voyages, l'enseigne Aldi,  l’Avenue des Jeux, Larousse, Compagnie aérienne Hop, Céline Dion, le jambon serrano de Carrefour parce que son emballage portait la silhouette d’un toro et d’un torero…

Une nouvelle étape vient d’être franchie avec la profanation par destruction partielle d’une fresque réalisée par des élèves de l’école Prosper Mérimée de Nîmes, fresque qui ornait les murs de cette école depuis sept ans.

Ça a commencé comme l’indique cette information du Midi Libre électronique parue le 26 septembre :

L’Alliance anticorrida demande le retrait d'une fresque dans une école de Nîmes

 Une peinture représentant les arènes de Nîmes, réalisée... il y a sept ans.

La présidente de l'association a écrit aux services de l'Education nationale. En vain...

Claire Starozinski, présidente de l'Alliance anticorrida, a écrit au directeur académique des services de l'Éducation nationale ainsi qu'au ministère de l'Éducation nationale. L'objet de son courrier : "La présence de scènes de corrida peintes sur les murs de l'école maternelle Prosper-Mérimée."

En fait, il s'agit d'une fresque réalisée par les écoliers représentant les monuments du Gard. Dont les arènes donc, avec effectivement une silhouette de toro et celle d'un torero. Une peinture naïve... réalisée il y a sept ans. Renseignement pris auprès de l'inspection, il n'est pas question d'effacer la peinture.

Nous pouvions penser que l’Inspection Académique avait pris ses responsabilités et que rien ne bougerait.

C’était sans compter sur la pusillanimité, le manque de courage, la stupidité, de certains personnels de la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard. Ces remarquables stratèges « afin de ne pas alimenter la polémique et de se faire discret » ont demandé au chef d’établissement de l’école de faire disparaître "en toute discrétion" toro et torero de cette fresque. Ce qui vient d'être fait et suscite d'emblée un beau scandale !

Voici comment titre et illustre le Midi Libre de mercredi :

Nîmes : à Prosper-Mérimée, la fresque sur la corrida a été effacée

À gauche, la fresque réalisée par les élèves en 2006 et aujourd’hui la nouvelle peinture.

La fresque sur la corrida, réalisée en 2006 par des élèves, vient d'être modifiée sur le mur de l'école.

 

L'écrivain Prosper Mérimée, auteur de Carmen, dont l'air est repris à l'entame de chaque corrida, doit se retourner dans sa tombe. Car, dans l'école nîmoise qui porte son nom, c'est bien la tauromachie qui est au centre d'une surprenante histoire. Un sujet qu'évoquait déjà Midi Libre dans son édition du mercredi 26 septembre à propos d'un courrier transmis par l'Alliance anticorrida au...

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, voici trois exemples de ce qui pourrait advenir dans nos musées ou bibliothèques.

Ce que pourrait devenir une corrida d'Edouard Manet :

Ou une sculpture de Picasso bien trop suggestive :

Une réédition du “Miroir de la tauromachie” de Michel Leiris recevrait des illustrations de Francis Bacon amputées et surchargées :

D'accord, c'est bête... Mais les antitaurins le sont tellement !

Nous avons reçu de M. et Mme Judith et Gilles ROUSSEL, nîmois et bons connaisseurs de l’école Prosper Mérimée, le témoignage que nous reproduisons ci-après. Il reflète l’indignation d’une population solidaire, opposée à tout sectarisme idéologique, éprise de libertés culturelles et républicaines. M. et Mme Roussel invitent à manifester désapprobation et indignation auprès des services de l'Éducation Nationale du département du Gard. C'est une excellente initiative. Submergeons ces services de messages.

Par l’intermédiaire de deux des principaux journaux nîmois (Midi Libre du23/09/15 et La Gazette de Nîmes du 24/09/15), l’Alliance Anti Corrida est parvenue à médiatiser une de ses actions. Par la voix de sa présidente, cette association a sollicité de la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard la suppression d’une fresque située en bas d’immeuble au sein de l’école primaire Prosper Mérimée à Nîmes, fresque qui représente les arènes de Nîmes avec un torero et un toro. Il est à noter que cette peinture a été réalisée au plus tard en 2007 par des élèves, et faisait alors partie d’un projet d’école. L’existence de cette fresque  a été signalée par une lettre anonyme, ce qui n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire.

A la suite de cette médiatisation, il apparaît que la Direction desServices Départementaux de l’Education Nationale du Gard a demandé au chef d’établissement de cette école de faire disparaître « en toute discrétion » toro et torero de cette fresque. Les protestations des enseignants, dont certains ont participé, à l’époque, à la réalisation de ces peintures avec leurs élèves de CP, n’y ont rien fait. Il s’agit selon la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard de ne pas alimenter la polémique et de se faire discret. C’est un peu comme si l’état français avait censuré Charlie Hebdo au moment de la publication des caricatures du prophète afin de ne pas faire vagues.

Le toro et le torero ont donc disparu de cette fresque. Il est significatifd’observer, à quel point ce « maquillage » a soulevé l’indignation de la majorité des parents d’élèves de cette école, toutes tendances confondues (aficionados, indifférents et opposants à la corrida). Une telle majorité ne peut être recueillie que sur la base d’une idée dépassant le clivage pro et anti taurins. De même, les manifestations qui se sont déroulées en France le 11 janvier 2015 ont été massives et ont largement dépassé le cadre des sympathisants de Charlie Hebdo.

Ce « maquillage » soulève une indignation unanime car il représente en fait une atteinte à la culture en général. De plus, nier l’existence de la culture taurine dans les régions de tradition ininterrompue, c’est nier un fait historique. En cela, c’est assimilable  à du négationnisme (terme inventé pour qualifier la négation de la Shoa, et qui par extension est utilisé dans les situations de dénis manifestes de faits historiques avérés et indiscutables).

Dépassant encore le clivage pro et anti corrida, il y a aussi lieu de s’inquiéter sur la capacité d’intrusion de certains mouvements au sein de l’école de la République. Aujourd’hui, il s’agit de la modification d’une fresque au nom d’une uniformisation des pratiques. Demain, il s’agira de modifier le contenu de programmes scolaires pour des motifs politiques et/ou religieux.

Cet acte de vandalisme commis sous la pression d’une minorité visiblementinfluente, ne peut rester sans réponse. Aficionado ou pas, n’importe quel citoyen du monde ne peut demeurer passif dès lors qu’il s’agit
d’étouffer une expression culturelle quelle qu’elle soit. Aujourd’hui, c’est une fresque dans une école. Demain, ce sera les dessins de Picasso et plus tard les peintures rupestres de Lascaux.

Judith et Gilles ROUSSEL, aficionados, et leurs enfants qui, à leur grandregret ne le sont pas, preuve s’il en est de l’inefficience de leur prosélytisme supposé.

Nous vous invitons par conséquent à faire savoir votre indignation auprès des services responsables, par courrier postal, e-mail ou téléphone :

Directeur Académique des Services de l’Education Nationale
Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard
58 Rue Rouget de L’Isle, 30030 Nîmes
Tél. :04 66 62 86 00

ce.ia30@ac-montpellier.fr

Ci-dessous, un courrier type, utilisable et modifiable à souhait, qui permet le cas échéant, par un simple copier/coller de manifester sa désapprobation et son indignation :

 

                                                        Nîmes, le 28 septembre 2015.

 

A l’attention de Monsieur Christian PATOZ
Directeur Académique des Services de l’Education Nationale
Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale du Gard
58 Rue Rouget de Lisle,
30030 Nîmes

 

Monsieur,

Par la présente, je souhaite vous faire part de mon indignation quant à la modification effectuée à la demande de vos services sur une fresque réalisée par des enfants sur un mur de l’école Prosper Mérimée à Nîmes. Il est très inquiétant que vous ayez répondu favorablement à l’intrusion d’un mouvement (Alliance Anti Corrida) en niant une spécificité culturelle locale.

Au-delà du clivage opposant pro et anti corrida, je considère cette modification comme une attente à la liberté d’expression, comme un déni de notre culture commune.

Il y a plusieurs mois, des millions de français sont descendus dans la rue pour rappeler leur attachement aux valeurs de la République. Des minutes de silence ont été respectées dans toutes les écoles de France, et des temps spécifiques ont été mis en place afin d’échanger avec les enfants autour de la liberté d’expression.

Il est regrettable que quelques mois plus tard ces valeurs soient  à nouveau bafouées, de surcroit au sein d’une école.

C’est pourquoi, par ce courrier, je sollicite la remise en l’état de cette fresque.

 

Cordialement.                  

Voir aussi le Communiqué publié par l'Observatoire Naional des Cultures Taurines qui a alerté le Président de la République, le Premier Ministre et la Ministre de l’Éducation Nationale et leur a demandé que cette fresque soit restaurée dans sa présentation originale.

Les services de l'Éducation Nationale du département du Gard, « afin de ne pas alimenter la polémique et de se faire discret » ont demandé au chef d’établissement de l’école de faire disparaître "en toute discrétion" toro et torero de cette fresque. 

C'est réussi ! Donnons à ce procédé honteux la plus grande publicité possible !