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ET TA SOEUR......????
Comment disait Zocato déjà, après l’indulto de Desgarbado ?

 

Et ta sœur elle bat le beurre ?

Je me rappelle lui en avoir voulu.

J’ai un peu le même sentiment après la formidable corrida de Pedraza de Yeltes et les commentaires acerbes, voire ironiques de ceux qui se défendent déjà aujourd’hui de les avoir mis en ligne.

Qui a dit que c’était la corrida du siècle ?

Qui a dit que tous les toros avaient été les meilleurs du monde ?

Et qui a dit qu’il n’avait jamais vu un lot de toros comme celui-là ?

Des lots complets il y en a à Céret, à St Martin de Crau, à Vic, à Orthez, bien entendu, et quand ça sort bien, on se régale, encore faut-il s’y rendre.

La mode Française étant Azpeitia, il reste encore des places ou l’on peut voir ce genre de toros.

En Espagne (Ceniciento par exemple), ou en France (dans les places citées en corrida, je ne parle pas des novilladas)

Au final que ça se passe là, dans cette arène plus torerista que torista, est un bien, quand le public s’emballe pour des toros vrais, ça remet quelques pendules à l’heure.

Et que ceux que ça gêne que celle-ci se soit passée à Dax, aillent ailleurs se faire voir et ne pas regarder.

En tous les cas, l’unanimité était dans les gradins, ces toros étaient “Denses“ et mon petit doigt me dit que toutes les places citées plus haut seraient prêtes à signer pour l’an prochain, avec eux.

 

Rembobinons

 

Les Pedraza de Yeltes étaient attendus au coin du bois, vous pensez, tout le monde avait en tête le fameux toro Miralto qui avait fait mordre la poussière à Tito Sandoval l’an passé, et ses frères qui avaient laissé écouter les trois avis  à Urdiales, et naufragé Ferrera.

Ce qui avait masqué les deux ou trois autres toros extrêmement intéressants.

Le vétérinaire de l’élevage me l’avait juré, le lot de cette année était égal à celui de l’an passé.

Affirmatif Docteur.

On peut se poser la question de savoir si les toros dits Mansos ne développent pas une certaine forme “d’intelligence“ (n’ayez pas peur je ne signe pas au CRAC tout de suite) mais il est vrai que dès que sortent des mansos encastés il y a du spectacle à tous les étages.

Que le lot soit égal à  Madrid, Azpéitia ou “St glinglin les noisettes“ on s’en moque comme de notre première Pampers.

C’est le lot du moment qui nous intéresse.

Quatre toros, sur six, de haut niveau, le premier “Anovillado“ il aurait eu quatre ans en Septembre et pourtant intéressant du début à la fin (trois piques) et toréable à souhait si le torero s’était engagé. (Qu’aurait-il donné à cinq ans révolus ?) il a surpassé tous ceux sortis depuis le début de la féria.

Le deuxième de Castaño le dévora.

Perez Mota passa à côté de deux toros intéressant (chute de la cavalerie à son premier) et le cinquième qui a bousculé tout le monde (trois piques) sort seul et se réfugie en querencia.mais là il faut du recours, de la technique et beaucoup, mais beaucoup de courage.

Enfin, le premier D’Alamo qui part de loin et prend deux piques, mais que le picador aux ordres ne laisse pas pousser longtemps. 

Cite de loin, puis raccourcissement de la charge pour s’embrouiller complètement.

 

Le gamin est terrorisé quand sort le sixième Pedraza, il rémate partout saute sur quiconque ose bouger, les chocs contre le burladero ne l’arrêtent pas, la cuadrilla s’affole comme une nonne qui tomberait par hasard dans un camp de naturistes.

Et c’est là mes amis que l’après midi bascule de très intéressante à suffocante.

Fantasiosso est aux aguets quand sort javier Gomez Pascual.

Lorsque je dis qu’il sort, en fait, il met le nez à la fenêtre, parce que le cheval ne fera pas un mètre de plus. Soit, il est collé au Burladero.

Le toro lui fonce dessus, le péon en place pour protéger le cheval saute de l’autre côté, Juan Del Alamo le laisse s’échapper, choc terrible, le cheval monte et tombe, la jambe du Picador coincée, le chef de lidia part vers l’Ouest, quand l’action se passe à l’Est, 

Perez Mota, livide, n’ose s’approcher, et Juan Del Alamo regarde la scène de loin, sans intervenir.

 

On revit le batacazo de Vic avec le dernier Dolores Aguirre l’an passé.

Fantasiosso s’acharne sur le cheval au sol, le balade comme une botte de paille, et le picador toujours dessous, une fois sorti de là, les cuadrillas, les toreros, tous regardent ce tio s’acharner sur le cheval au sol.

Bonijol saute en piste aidé de deux ou trois gars de son équipe, tire sur la queue du toro (une mouche quand il y a 560 Kilos de l’autre côté) finissent par faire réagir les toreros sous les huées et les sifflets, l’action à bien duré de trois à quatre minutes, Bonijol ayant entamé une valse mortelle avec son cheval tenu à la bride et tournant au fur et à mesure des attaques du fauve.

Bref, affolement total, seul, Sanchez, essaie de faire quelque chose, les autres piétons visitent la Dame de Brassempouy, et vont jusqu’à Amou, ou parait-il, selon l’ami Bernard le sceptique, se trouve le bout du monde.

De nouveau à cheval, Pascual va remettre deux piques sérieuses et placées (personne ne lui en aurait voulu de tricher, il ne le fit pas) et selon moi, il aurait du obtenir le prix remis à Gabin, qui piqua derrière la jambe (failli tomber) mais vous savez Tabarly…

Ovation pour Bonijol.

Fuites des péons aux banderilles, tous poursuivis aux planches et chassés comme une brassées de goujon par un brochet, les autres moins concernées balancent des coups de capotazos dans tous les sens.

On a même droit à un plongeon par dessus la talanquère de Perez Mota à l’horizontale.

Quolibets et sifflets tombent des étagères.

Au final Juan del Alamo se fera manger tout cru, et malgré son courage, et son manque technique face à un tonton pareil, ratera son estocade “al récibir“ et obtiendra tout de même une oreille, non méritée, si ça n’est que d’avoir été celui qui a tiré au sort et a du se mettre en face de cet autobus, cactus poison, ambulant.

L’oreille est sifflée, malin Juan appelle José Ignacio Sanchez, le mayoral, applaudissements du coup la vuelta se passe bien, mais irrite une partie du public, voilà pourquoi, malgré ses deux oreilles, Juan ne pourra pas sortir à hombros (après un vrai coup de sang, il vire tout le monde autour de lui, et part à pieds, en maudissant cette place jusqu’au moins la septième génération)

 Dernière phase, avant la sortie des toreros, le public debout, scande “Bonijol“, le sollicite, lui, sort en piste, qui appelle les picadors (pourquoi pas les monosabios) le mayoral, sortent Tabarly et Gabin.

 

C’est le foutoir complet, les toreros attendent, mais Bonijol salue, et entame un tour..au final Castaño sort sous les sifflets, Perez Mota même punition, et Del Alamo aussi…

La vuelta des acteurs de la pique et de la cavalerie, sortant sous les ovations, toreros encore sur le sable. Curieux final, ça, en revanche je ne l’ai jamais vu.

Voilà, ce final embrouillé ne masque pas la qualité de l’élevage, et peu ont critiqués cette course, qui si elle n’était pas celle du siècle, est de celle dont on a parlé toute la soirée partout, occultant le juli à porta Gayola le matin dans la boue de l’orage terrible qui tomba au troisième, et les six oreilles de gala du matin.

Une belle corrida dominée par les toros et qui, si elle avait été mise en valeur par les toreros du jour aurait sans doute pris une autre dimension.
 

CHF