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ET UN ET DEUX ET TROIS ZERO

 

Et un et deux et trois zéros

 

Après l’épisode Cérétan qui m’a laissé un peu sur ma faim (un coup des toreros sans toros, un coup des toros sans toreros) un Frascuelo aux détails somptueux, un Lamelas à mon avis pas assez récompensé pour son acharnement à un premier dangereux (pas tant qu’à Vic tout de même), une erreur majuscule assumée par un président honnête, qui coûte la blessure à un péon, et deux toros boiteux ou non valides pas vus par un vétérinaire qui m’explique que tant qu’un toro n’est pas couché en piste et intoréable on peut le lidier (sic) ça laisse de beaux jours à un tas de prophètes du toro monoencaste.

Enfin un mano à mano d’éleveurs, enlevé sans éclats par Escolar au dépens de Victorino, et deux toreros pour qui j’ai le plus grand respect, mais qui se sont bien foutus de nous.

Pour le reste tout a été déjà écrit je pense, avec pas mal de justesse.

 

Madeleine a traversé la ville et s’est installée à la chapelle taurine, somptueusement accompagnée par l’orchestre Montois qui n’en finit pas de me séduire.

Deux journées quasiment sans toros, ça on le savait.

Manzanares “oreillé“ parce que il maintient debout deux baudruches, en reculant la jambe et en les faisant tourner autour de lui, “comme d’hab“ est on tenté de dire.

 

Le public Montois est festif, et du coup ça ouvre des horizons, le flutaïre bien entendu toujours aussi irritant, mais aussi maintenant deux chanteur de flamenco qui se répondent d’un bord l’autre, bientôt des ballerines en bas, et des olas dans les gradins, avec des Vuvuzelas accompagnés de saucisses frites…

Morante fait la gueule, son bus, garé devant le Plumaçon, à l’image du torero, sombre et triste comme un jour sans pain. Des détails de soie dira mon voisin qui l’adorrrrre. Même le quite dit “du pardon“ est foiré, la demi se transforme en mousse épaisse de fin de fût.

“El Arte no tiene Miedo“ est-il écrit sur le bus, bien, “Ni vergüenza“ me rajoute ma belle, toute occupée à son “porta Gayola“ mais qui n’en perd pas une..

 

La surprise vient de Thomas Dufau, qui étouffe littéralement son premier toro, et se rate aux aciers, Puis prend, et mesure, et distance à son second.

Une faena importante, avec des naturelles templées et profondes, en engageant la jambe mais une nouvelle estocade ratée (un bien pour un mal, il a l’honnêteté de ne pas faire la vuelta réclamée par ses supporters“) et une oreille aurait relancé le fameux “il est chez lui“ et je gage que si les figuras ne le mangent pas, il sera bientôt partout chez lui, laissons lui un peu de temps, celui de la maturité.

Bien sur, il a les défauts de sa jeunesse, faena relancée alors qu’il devrait tuer, trois redondos inutiles et grossiers, et des “lupesinas“ engoncées, une précipitation inutile aux épées.

Toutes ces scories que l’on peut mettre sur l’envie de bien faire, il faut que Thomas se discipline et comprenne que : “le mieux est l’ennemi du bien“.

Ceci mis à part, il progresse à la vitesse grand V et quitte peu à peu son costume de collégien appliqué.

Il lui manque encore un peu de variété, et on peut le dire, il chatouille ses ainés déjà depuis le début de saison.

 

 

Hier, Bataille au sommet.

Les toros ont donné un peu plus de jeu que la veille, même si on peut regretter, les gonflés à l’hélium de La Quinta pour Antonio Ferrera qui emporte une oreille “au soleil“ là ou se situe sans doute son public parce que pour le reste, une fois les banderilles pas toujours bien posées, comme le Fandi, on s’ennuie.

Un torito pour le Juli, et un second plus piquant, avec des problèmes à résoudre certes, mais au vu du certificat du bonhomme, rien d’insurmontable, pourtant

 

Juli et Yvan ne passeront pas leurs vacances ensemble. C’est sur.

Ils s’évitent, se croisent, juste un instant pour se retrouver en piste, pour la pique, les banderilles et un quite.

Yvan, est motivé comme un boxeur, et fou de rage d’avoir raté celui offert par le Juli qui nous a semblé totalement perdu hier.

 

Yvan nous a montré hier tout l’art de sa tauromachie, contraire à celle qu’a étalé le Juli

 

Ou le juli recule la jambe, Yvan l’avance.

Ou le Juli est presque de cul, Yvan est trois quart face.

Ou le Juli torèe en rond, Yvan trace la ligne droite

Ou le Juli fait des huit, Yvan fait le point d’interrogation

Ou le Juli torèe au pico, Yvan laisse le ventre de la muleta sous le mufle du toro.

Ou le Juli tue en passant par Dax, Yvan laisse l’or de son costume à la pointe du Piton.

 

D’aucuns prétendent que des deux dernières oreilles données, l’une était peut être de trop, je réponds que le président Lanati a été honnête et surtout logique au vu de l’oreille accordée à Ferrera.

Yvan, nous a gratifié d’une faena complète, rématée, et sincère, conclue d’un estaconazo qui tue sans puntilla deux oreilles logiques.

Le Juli, tête haute, et blafard n’a pu que constater, comme nos amis Brésiliens,  l’étendue des dégâts, et un et deux et trois trophées à zéro.

Sortie sous la bronca majeure

Hué à Mont de Marsan, hier il ne peut que s’en prendre à lui-même, son julipié par trois fois redoublé à chaque toro par manque d’engagement, ses faenas en rond, ennuyeuses et sans surprises ne font plus vibrer, et ses indécrottables supporters criant : numéro uno“ ressemblent de plus en plus à une balise isolée en mer, celle qu’il avale peu à peu face à des publics non pas hostiles mais avertis.

Il serait agréable que le Juli se reprenne, change son toreo, sa façon de tuer, en est-il capable, en éprouve-t-il le besoin ?

Ressent-il cette attente de l’aficion.

Les foules se retournent et se détournent toujours de leurs idoles.

Celles-ci, peuvent les retourner, sans efforts.

Il suffit d’être un temps l’amoureux des premiers jours, celui qui a séduit.

 

Yvan, aujourd’hui aura encore du pain sur la planche, avec un Joselito Adame étincelant, un match de pundonor et de vérité, que j’attends, avec impatience.

Les orages sont prévus vers dix huit heures, est-ce là l’annonce d’une bataille épique ?

Prévoir ponchos et mouchoirs, si les dieux le veulent bien.

Padilla en sage, sera l’arbitre de ce combat si les toros eux aussi le veulent bien.

Trois Joselito, trois Fuente Ymbro (Ceux-ci ne donnaient pas assez de garantie au moment du choix, et donc un partage a été préféré) du coup, double confrontation.

Eleveurs et toreros

 

CHF