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et un raton laveur.....lettre ouverte à mes amis Vicois...

Et un raton laveur

 

 

Chers amis Vicois,

 

L’an passé, j’avais protesté avec véhémence sur les choix effectués aux derniers moments par l’empresa Vicoise, ce qui m’avait attiré quelques protestations et réactions vives.

Entre Gascons, parfois le torchon brûle…Et les réconciliations peuvent être à la hauteur des crises entrevues.

 

Sachez que je suis aficionado a los toros, depuis que mes souvenirs me ramènent jusqu’au Plumaçon du Moun…et que je suis votre féria depuis les années 70 d’abord de façon anonyme et puis ayant rencontrés les uns et les autres je me suis lié d’affection avec Vic.

Bien sur il est dur d’être critiqué, et dur d’être critique aussi.

 

Votre Place tient pour des raisons très personnelles, une véritable place dans mon cœur, et tout comme j’avais protesté l’an passé, cette année je ne taris pas d’éloge sur vos choix.

Les férias comme Vic, ne tiennent que par la qualité des toros, et des toreros sachant les mettre en valeur.

Le “laboratoire“ taurin que des places comme vous, St Martin, Céret, et d’autres bien sur, mais aussi quelques “grandes férias“ peuvent générer notre enthousiasme et je dois le dire nous sommes prêts à pardonner un “pétard“ si toutes les conditions ont été requises auparavant.

 

De même les triomphes faciles, et parfois artificiels, nous ennuient, quand aux tricheries elles nous mettent en colère surtout si elles sont à l’encontre du toro…

 

L’aficion torista est souvent plus dure que la torerista, c’est vrai.

Mais comme le disait, un jour, devant vos arènes Zocato à monsieur Quintana  (qui ne se connaissaient pas): “vous êtes les gardiens du temple. “

(Cette scène était succulente, car au final, elle était la preuve du lien qui unit ceux qui aiment la tauromachie).

 

Ce “temple“, c’est vous qui l’alimentez, la corrida concours avec des élevages inédits à Vic, les choix des nouveaux toreros, mélangés aux anciens, les valeurs, plus ou moins sures, que représentent les élevages comme celui de l’ami Victorino….

 

Mais ce temple, c’est aussi ce que nous en rapportons, nous, aficionados.

Nous savons tous que notre mundillo est petit, et depuis toujours fragile, parce que hors des temps et des modes.

La mémoire d’un aficionado de verdad est intacte et peut remonter des années en arrière et se souvenir qui, d’un Garapito, qui d’un Velonero, qui d’un Cubano.

Se souvenir d’un tercio de pique quand le toro vibrant s’élance du fond de la piste et que le picador ne triche pas…

Se souvenir de ce danger sourd, et de ce risque consommé que prend un homme quand il devient torero et dompte ses peurs et ses démons.

 

 

 

C’est au travers de l’épopée, que se transmet la mémoire taurine, et toujours grâce à un grand toro et un valeureux pour se mettre devant, pas par un ersatz de toro et un million de passes sur le “voyage“

 

Nous savons qu’il évolue, et que le toro “partenaire“ amène plus facilement le triomphe.

Comme ces télés réalités ou les stars de l’année sont oubliées le mois qui suit, les torito indultés sont oubliés aussi vite que Mundotoro (et d’autres) en ont fait l’apologie.

Cela permet à quelques nantis ou aux bien nés de triompher à répétition, de vendre du papier, et du mensonge.

 

Nous comprenons les difficultés, sincèrement, notamment celles de l’équilibre financier, qui parfois fait céder les empresa au chant des sirènes.

Nous comprenons les difficultés d’organisation, nous comprenons beaucoup de choses, et parce que nous acceptons celles-ci, nous refusons catégoriquement le reste.

Les toros pré fabriqués, les triomphes préparés (suivez mon regard) les oreilles concédées.

Que la musique joue, oui, mais pas pour trois passes d’éventail…les chiffonnades c’est pour ailleurs.

Qu’elles soient, ces passes, moins bien nombreuses, mais réellement données, dans les canons…

Et on le sait, bien souvent, le courage l’emporte sur la technique.

 

Et oui, on rêverait de voir un Morante, un Tomas, ou un Juli affronter sans concession des élevages de respect, avec des toros intègres, juste pour avoir le plaisir de se rendre compte de leur éventail de capacités. (Souvenons nous de Morante à Dax qui faillit être débordé par un Victorino Martin qui avait auparavant cueilli ses deux péons) les quelques passes données l’avaient été dans le grand art avant de faillir à l’épée.

 

Et soutenons les guerriers, même si comme (Rafaelillo, ils trichent aussi,) au moins d’oser se présenter là, devant ces monstres.

 

Et si par hasard, les Perez Mota, Lamelas, Vénégas, Roman Perez se jouent la peau pour prouver qu’ils existent, il n’y a que dans des arènes comme celles-là, que ce combat dantesque, prendra sa valeur et rendra à la tauromachie tout ce qui fait qu’elle existe.

 

Amis Vicois, nous serons là, et nous attendons beaucoup. Mais sachez le, nous vous rendrons au centuple ce que vous nous donnez.

 

Ne serait-ce que parce que depuis trois saisons, nous avons en mémoire un Dolores Aguirre, Un Valdellan, un picador, son cheval, un chauffeur de taxi, un petit torero et….un raton laveur..

 

CHF

lettre ouverte à mes amis Vicois

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