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Fallait-il ou ne fallait-il pas?

Bravo pour l'édito du jour qui prouve bien des choses.

La première est celle d'être chroniqueur taurin, car dès que l'on donne son avis, il est sujet à critique, automatiquement. Personnellement, j'écris souvent ma première phrase en disant: ce que j'ai vu...car il faut être honnête, chacun de nous à sa propre impression, et sensibilité initiale.

Voir une course de taureaux est un plaisir c'est l'une des raisons pour laquelle je me refuse à prendre des notes et préfère parler de ressenti, ainsi je me balade au fil de la course selon sa densité d'un point l'autre...et donne une impression plutôt qu'un avis confirmé. D'autre part mes connaissances taurines s'embrument dès que je trempe un peu trop dans le bain taurin. Entendez par là que chacun voit midi à sa porte. Et je me souviens d'un simple titre et d'une impression écrite, de loin, car je n'étais pas sur “l'évènement“ qui s'intitulait: pourra-t-on critique cette course (il s'agissait de JT à Nîmes)..foudre de Dieu, j'en ai pris plein les gencives et jusqu'aux canaux mendibulaires...pour m'entendre dire que l'indulto était immérité, mais que tant pis...

Les réflexions sur l'indulto sont foisons tant cet état de fait, qui devrait être rarissime, et tellement exceptionnel qu'il devrait couvrir les couvertures des écrits de tous, être décortiqué, disséqué afin d'en tirer la substantifique moelle taurine..qu'aujourd'hui on indulte, une page et on oublie..

La mode de l'indulto comme alibi est plutôt récente, même si l'on trouve dans le passé des indultos discutés. 

Aujourd'hui, indulter c'est dire combien le torero a su toréer (je n'ai pas dit lidier) combien l'éleveur a bien travaillé, et combien l'arène qui reçoit cet indulto prend sa place dans le monde taurin...relayés par une presse, soit enthousiaste soit sur la retenue (lire ll'édito du jour) les canaux Espagnols s'en font l'écho immédiat...du coup on parle des trois en bien...

Pour ma part, je suis comme Jean Jacques Dhomps contre l'indulto. Et en disant celà, je me dis que étant contre dès le départ, je suis suspect de ne pas accepter que certains taureaux puissent le mériter.

Je me souviens avoir dit à Jean Baptiste Jalabert, amis aussi aux organisateurs d'Istres, que l'indulto était la tâche de la pointe du stylo sur une chemise blanche..la tâche est minuscule (puisque sans valeur) mais on ne voit qu'elle...alors que tout le travail précédent avait été plutôt trés bien ficelé, et que son un contre six était le seul réussi de toutes les figuras qui avaient échouées (perera, Talavante, Manzanares etc..) le soir la discussion ne tournait qu'autour de ça...

Ce fut la même chose, avec St Martin, et ailleurs (je me souviens de velonero à Vic ) par exemple...

L'histoire nous prouve, qu'un toro grâcié ne donne pas obligatoirement de “bons produits“ sic...et qu'en général, comme me le disait Buendia c'est la souche même qu'il faut avoir fixé...et la sélection, longue et draconienne (environ quinze ans de travail) pour sortir régulièrement de bons toros.

Les figuras adorent indulter, c'est une valeur sûre, surtout sur des toros faiblards (qu'ils font tourner en rond des heures durant..) qu'ils tirent trois passes, trés basses et droites, et votre toro s'effondre comme la côte de popularité d'un président normal. Indulter c'est se faire de la pub. c'est aussi éviter la mise à mort..tous ne sont pas d'excellentes épées, et une main sur le dos est plus facile à placer qu'une épée dans la cruz..

Bref indulter un toro n'a pas la même valeur aujourd'hui que par le passé, et la plupart des indultos se font sur des toros trés faibles au premier tiers et bien souvent mal lidiés (encore Velonero grand toro à la pique et aux palos ou il mit tout le monde en danger, et trés mal toréé car peu mis en valeur...) les infirmiers du top chose le savent bien qui torèent en remontant la muleta du bout du bâton pour faire croire à une charge franche..

Pour ce qui me concerne tout indulto est suspect, d'abord de connivence (indulter un novillo à Samadet) c'est à tomber par terre..et puis, souvent immérité. Je me souviens des discussions concernant Jazmin à Mont de Marsan...des comme lui, j'en ai vus quelques uns depuis, mais il avait “fait les trois tiers“...

Alors on peut se poser de nouveau la question, qu'est ce qui fait qu'un toro puisse être indulté, quels sont les critères, quelle est l'influence humaine (certains toros extraordinaires au premier tiers, ne sront pas mis en valeur par manque de métier, de courage ou d'envie de la part des toreros)..selon les cartels on sait bien que les toros dits durs, seront brisés, plutôt que lidiés par la majorité des toreros qui les affrontent, sauf circonstances exceptionnelles....

On peut imaginer aussi qu'au milieu de l'ennui à bailler que nous donnent les figuras à voir le moindre toros avec plus de qualités ne devienne exceptionnel juste parce qu'il charge un peu plus, ou tient mille passes d'infirmiers (en rond en rond puis quasi assis sur la tête (ce que font le Juli et Morante) par exemple....

Certains me disent, on s'en fout le peuple est heureux....ou, celà correspond totalement à la tauromachie moderne dans ce monde moderne qui est tellement moderne qu'on refuse de voir la mort en face......franchement j'ai des doutes;

Nous qui subissons les assauts répétés des antis de tous poils, nous leur donnons du grain à moudre, plus de pique, les banderilles (une demi paire par péon posée (il faut aller vite et ne pas prendre de charge aux toros faiblards) et plus de mise à mort...yepeeeee, nous avons un nouveau public...

Alors nous sommes tous coupables d'excès dans nos dires, nos écrits, notre vision idéaliste des choses...mais la raison fondamentale pour laquelle on élève pendant quatre à cinq ans (normalement) un toro, c'est pour le voir se battre et combattre un homme plus malin, plus rusé, mais qui au moment suprême joue sa vie (ah le julipié) en tuant à l'épée et au risque de mourir lui-même..

Je n'aime pas les indultos..

CHF

 

Fallait-il ou ne fallait-il pas?

Merci, moi non plus, je n'aime pas les indultos.

Le pire, c'est que tous les cons qui exigent des indultos et ceux qui croient vivre un moment inoubliable mènent la corrida tout droit dans le mur.

OUI! Ne rêvons plus! Ce sont les antis qui tirent les marrons du feu: nous leur donnons raison en acceptant cette saloperie d'indulto, cette mascarade de corrida. Et nous vivons les derniers jours de la corrida, à tolérer les indultos, et à nos tolérer d'être insultés, fouillés, parqués, soupçonnés, en nous rendant aux arènes, où règne et sévit la maffia des indulteurs.