Vendredi 14 juillet 18h

Corrida de MIURA Finca: Zahariche, Lora del Rio (Seville)

Encaste: MIURA Ancienneté: 30 avril 1849

L.A. GASPAR « PAULITA » Octavio CHACON Pepe MORAL

Que dire de cette course qui suscita bien des polémiques. Nous arrivâmes plein d’illusions et partîmes remplis de questions.

Pour certains les toros étaient « arréglés », pour d’autres « astillés » et enfin le bouquet : « afeités ». Avant le début de cette longue litanie, on annonça que 2 toros avaient abîmé leurs cornes mais que l’on voulait les présenter ainsi par respect de l’éthique. Quoiqu’il en soit des armures ont été amenées à l’école vétérinaire de Perpignan et les résultats seront communiqués par la presse. Toutefois les autres élevages étaient « astifinos » et particulièrement les SALTILLO.

Le 1er de « Paulita » était vif et la cape correcte. CHACON effectua un quite après 3 piques dont la dernière alors que le Miura partit de loin.

La faena débuta par doblones et fut suivie de naturelles et derechazos. « Paulita » fut désarmé. Après une entière de côté le matador salua au tiers.

Le 2ème tapa fort au burladero et ne supporta que deux piques. Octavio dédia à Fandino. La faena correcte se termina par une entière de côté et deux pinchazos. Salut au tiers.

Le Miura de MORAL était très bien armé. Il supporta 3 piques ; le matador connut des difficultés à la muleta. Une demi-épée et 3 pinchazos mirent fin au combat.

Le 4ème fut protesté pour boiterie. Néanmoins Paulita s’arrima et tua le Miura après une demi et plusieurs descabellos.

Le 5ème avait les cornes très abîmées mais il fut remplacé pour boiterie par un Yonnet qui a son tour s’est cassé une armure et fut remplacé par un animal du même élevage. Ce toro reçut 3 piques. La faena des 2 côtés, intéressante permit l’obtention d’une oreille.

Le 6ème n’offrit que peu d’intérêt et la course se termina dans l’indifférence et la circonspection.

Lors de la « tertulia » du soir, certains qui connaissent mieux les toros que les éleveurs ont affirmé que les MIURA étaient sciemment «arrangés ». Toute exagération est insignifiante ! 

Samedi 15 juillet 11h

Novillada RASO DE PORTILLO

Castellana Santa COLOMA

Pour Macio PALACIOS Daniel Garcia NAVARRETTE Maxime SOLERA

Après les controverses de la veille, la matinée s’annonçait plus calme avec un élevage qui fut magnifique à Vic (2 novillos seulement certes !). Le résultat fut à la hauteur de nos attentes, même si, ici ou là, les RASO ont été inférieurs à ceux de Pentecôte. Deux novilleros sont allés connaître la dureté de cet élevage, singulièrement Navarrette qui fort heureusement s’en sortit seulement avec de multiples contusions.

PALACIO n’est manifestement pas en mesure de faire face à ce type d’élevage. Il fut dépassé, il a manqué d’envie. Le silence conclut sa faena.

Le 2ème reçut 2 piques. NAVARRETTE eut quelques gestes de meilleur aloi. Il salua au tiers.

SOLERA était venu pour triompher. Sa « puerta gayola » en témoigne. Le novillo supporta 3 piques. Hélas après un travail courageux et vaillant, l’épée entière et plusieurs descabellos ne permirent qu’un salut au tiers.

PALACIO fut égal à lui-même c’est-à-dire transparent devant un RASO très bien armé (3 piques). Beaucoup d’ennui dans l’indifférence générale.

Le 5ème semble noble. NAVARRETTE en profite, mais sur une même série, il tourne le dos au novillo qui l’attrape, le secoue au sol à plusieurs reprises. Il est amené à l’infirmerie et ne reviendra pas. Palacio tue habilement l’animal.

Le 6ème est très bon et SOLERA, après une « puerta gayola » où le RASO lui passe par-dessus.

Le piquero en 4 rencontres met en valeur la bravoure de l’animal. Le Catalan effectua une faena variée et correcte qui lui permit d’obtenir une oreille. La vuelta est accordée au Portillo.

Le public se retira satisfait. La feria est bien lancée.

Samedi 15 juillet 18h

SALTILLO ENCASTE Marques de Saltillo

SANCHEZ VARA PEREZ MOTA GOMEZ DEL PILAR

Course passionnante, difficile parfois, notamment avec la dernière qui suscita beaucoup de commentaires.

SANCHEZ VARA : son toro superbement armé alla 4 fois au cheval mais les piques ont été le plus souvent en arrière. Il posa les banderilles, seule la dernière « al violin » mérite les applaudissements. La faena fut souvent accrochée. Le saltillo fut au-dessus du chef de lidia. Après une « mete y saca » et une entière de côté le toro est mort aux planches.

PEREZ MOTA est dans une période peu favorable ; on l’a connu plus conquérant ; son saltillo est remplacé par un YONNET pour boiterie. Rien à signaler jusqu’à une cornada qui amena le matador à l’infirmerie. VARA se charge de l’estocade.

GOMEZ DEL PILAR : 3 piques montrèrent la bravoure de l’animal – quite convenable – la faena se déroule à droite. Après 1/4 d’épée et 1/3, le toro s’écroule.

VARA : ses banderilles laissent à désirer et la « garrocha » du bandillero a failli mal se terminer. La muleta de Sanchez convenable et l’entière permit la vuelta.

PEREZ MOTA : fut assez bien à la cape, le saltillo supporta 3 piques. Une entière et un descabello mirent fin au combat.

Le 6ème de GOMEZ DEL PILAR : sema la panique dans le ruedo. Ce manso suivait tout ce qui bougeait et le piquero eut beaucoup de mal à le fixer. Le tercio interminable s’acheva près du toril. Le matador très courageux réussit à lui imposer quelques « derechazos ». Hélas il voulut passer à gauche et la faena s’acheva. Ce saltillo suscita des avis contradictoires.

La corrida ne pourra exister qu’avec ces toros qui sèment la panique et sont l’antithèse de ce que l’on voit souvent.

Dimanche 16 juillet 18h

6 toros de Don José ESCOLAR GIL Encaste : Marqués de ALBASERRADA

Mano à mano : Fernando ROBLENO et Alberto AGUILAR

Loin des bruits et de la fureur de la veille, ce fut une course sans aspérités : toros très bien présentés, « bregas » remarquables, temps splendide et public attentif. Regrettons toutefois un manque de bravoure de l’encierro, excepté le 1er et le 6ème remarquables, et aussi l’absence de quites qui font souvent la saveur de la « competencia » entre deux matadors.

ROBLENO semblait très motivé, au 1er et 3ème, il donne tout ce qu’il possède, des 2 côtés, hélas il ne put tuer correctement et perdit les oreilles. Salut. Le 5ème permettait moins et il dut se contenter d’applaudissements.

AGUILAR hérita du meilleur lot. Il s’arrima mais ne croisa pas comme il avait pu le faire avec ce type d’élevage (4 toros nobles sur 6). Néanmoins il profita du magnifique 6ème qui poussa 3 fois à la pique. L’épée entière permit l’octroi d’une oreille et surtout la vuelta de ce magnifique Escolar (le meilleur de la feria et plus si affinité…)

Malgré ici et là quelques critiques, Céret reste le temple du toro de respect, de la cobla sublime et du « Canigou » qui n’en revient pas de voir autant de monde dans ce lieu si souvent solitaire.

 

                                                                                       André Régagnon