24-26 juin 2005 - Feria de Fenouillet

Vendredi 24 juin, après midi .......Ça commence mal ! .......L'arène était garnie, à soixante pour cent, par un public essentiellement toulousain. Il faut considérer que pour assister au paseo, annoncé pour 18h mais généralement retardé, un vendredi après midi, jour non chômé, ce public a dû s'imposer une heure et demie de circulation dans les bouchons, du centre de Toulouse à Fenouillet (11 km), plus un quart d'heure de marche à pied dans la poussière, au sortir du parking payant (4 €), pour atteindre enfin l'arène, ayant déboursé au préalable 30 € pour obtenir la place la moins chère, au 18ème rang, ou 95 € pour occuper une barrera côté ombre ou côté soleil, c'est le même prix !. .......Ce public, curieux de nouveauté, est très gentil et bien sympathique mais jusqu'à quel point et jusqu'à quand ? Comment admettra-t-il que quand il n'y pas de taureaux, il n'y a pas de toreros, il n'y a même pas de corrida ? Certes, les vedettes annoncées, "El Cid", "El Fandi", Castella, étaient là, mais en face il n'y avait rien. Les Alipio Perez Tabernero, aux armures légères et relevées dans le type de la maison, de trapío modeste, se suffirent chacun d'une pique ou plutôt d'un picotazo. Cette formalité accomplie, ils vécurent le peu de temps qui leur restait à vivre à genoux ou à plat ventre. "El Fandi" dût prendre garde de ne pas les clouer au sol avec ses banderilles. Ces chétifs animaux donnèrent, en outre, l'impression de s'ennuyer profondément, au moins autant que les toreros et les spectateurs, ce qui n'est pas peu dire ! Faut-il ajouter encore que le deuxième fut changé au profit d'un congénère qui ne dépareilla pas le lot ? .......Souhaitons que, dans les deux jours qui viennent, la tauromachie Fenouillesque montre des aspects plus attractifs !

Samedi matin 25 juin, 6 novillos de Domingo Hernández pour Alberto Aguilar, Santiago Ambel Posada, Mehdi Savalli. .......Moins de mille spectateurs sous une accablante chaleur ! Les novillos n'étaient pas inintéressants. Ils prirent un total de 9 piques. Nobles pour la plupart, ils eurent tendance à s'éteindre plus ou moins vite au troisième tiers. Le sixième violent et manso était le plus difficile. .......Les trois novilleros se comportèrent plutôt bien mais le public étant trop clairsemé et trop discret, l'ambiance n'y était pas. Seul Medhi Savalli, qui étala de grandes qualités, parvint à communiquer aux gradins un peu de son sympathique enthousiasme. Il nous avait déclaré à la veille de la course : "Ce qui est pour moi le plus important, c'est que le public se régale ! Belle formule dont beaucoup de novilleros devraient s'inspirer !

Samedi, après midi, 6 toros de Sepulveda de Yeltes pour Meca, Padilla, Robleño. .......L'envie nous prend d'écrire : rien à signaler. C'était quand même moins mauvais que la veille ! Les Sepulveda qui prirent 7 piques au total étaient faibles, noblotos et complètement fades. Très rapidement éteints, ils ne permettaient pas grand chose. C'est au Ciclón de Jerez qu'il incomba d'animer les gradins, ce qu'il réussit parfaitement.Voilà un torero qu'il faut renouveler à Toulouse-Fenouillet ! A signaler, une grande estocade de Robleño au dernier et meilleur taureau. ....... .......Deux petits tiers d'arène.

Dimanche matin 26 juin, enfin un moment de bonheur ! .......Les 2500 personnes qui occupaient les gradins (l'arène pouvant en contenir 7000), assistèrent à un très bon spectacle. La corrida de rejón tint toutes ses promesses. Les taureaux de Carmen Lorenzo, infatigables, donnèrent beaucoup de jeux et les cavaliers furent à l'unisson. .......Palmarès élogieux : deux oreilles et une queue pour Raul Martín Burgos, deux oreilles pour Leonardo Hernández, une oreille pour Patricia Pellen, vuelta et sortie a hombros en compagnie des deux cavaliers pour le mayoral.

Dimanche après midi, public toujours étriqué et au bord du collapsus. .......Cette ultime corrida de la feria aurait pu, dans un autre lieu et dans un autre contexte, intéresser une arène comportant un meilleur pourcentage d'aficionados endurcis. .......Les Criado Holgado étaient beaux, bien présentés et allaient dans les capes avec une allégresse prometteuse. Ça se gâtait très rapidement à la pique où ils donnaient des signes de mansedumbre et d'inquiétante faiblesse, défauts qui s'aggravaient aux banderilles et à la muleta et se compliquaient de charges incertaines, imprévisibles, dangereuses. Il fallait en face des combattants courageux et techniques, fonctions qu'assumèrent très bien "El Fundi", Luis Miguel Encabo et Julien Lescarret, dans la totale incompréhension du public qui remplissait à peine la moitié de l'arène. Pourtant, "El Fundi" fut très bon avec son premier taureau mais le tua mal, Encabo très professionnel, Lescarret tout à fait déterminé, accomplissant les meilleurs gestes de l'après midi devant des adversaires particulièrement retors. Il méritait certainement l'oreille de son dernier taureau qu'il expédia d'une demi-lame et d'un descabello, mais le public, visiblement très las au terme de trois journées de désillusions (à l'exception du rejón, mais s'agit-il du même public ?), ne s'avisa pas de la demander.

.......Quel bilan dresser de ce Fenouillet 2005 ? .......Après la démesure des effets d'annonce de la première année, la désinvolture, pour ne pas dire plus, qui a présidé au bouleversement des cartels, en dernière minute, l'année dernière, nous savons que l'afición locale (Tolosa Toros, Club Taurin de Toulouse) avait tenu à être plus active et qu'une C.T.E.M. de qualité avait été constituée cette année-ci à Fenouillet. .......Ces aficionados exemplaires ne sont pas à mettre en cause et nous comprenons et partageons leur désappointement. Ils ne doivent pas se décourager. Il leur appartient de continuer à se mobiliser pour maintenir l'activité taurine renaissante dans cette partie centrale du "Grand-Sud" . A Fenouillet, ce qui a fait le plus cruellement défaut cette année, c'est un public et surtout un public mieux informé et plus largement populaire. L'afición ne se recrute pas dans la clientèle volatile des V.I.P. et n'est par une affaire de sponsors. Elle s'approfondit chez Guy Tanguy ou à Tolosa Toros, se discute toute l'année dans les excellents bars ou bodegas spécialisés de Toulouse, s'entretient et se développe à Rieumes, à Carcassonne et pourquoi pas à Gimont ? Nous souhaitons revenir à Fenouillet l'année prochaine pour y assister à des spectacles, peut-être moins prétentieux, mais mieux conçus et plus formateurs.