C’était le troisième cycle de ces novilladas, qui désormais font partie de celles qui mobilisent l'aficion française et espagnole. Elles s'obligent aussi à relever un défi : celui de la recherche du meilleur équilibre possible entre le choix de novillos issus d’élevages de respect et la sélection de novilleros suffisamment aguerris pour résister à l’âpreté  du combat. Quadrature du cercle certes ! Mais n'en déplaise aux critiqueurs patentés, nous avons été au cœur de la sincérité de l'aficion.

Des novillos sérieux et encastés, quelques touches de noblesse et de mansedumbre pour pimenter les suertes, engagés à la pique ou le piquero français Gabin a déployé son très démonstratif talent.

Toros compliqués donc, OUI ! Novilleros débordés, OUI ! Mais perdre les papiers, NON ! Constat qui a révélé en contraste ce qui reste à parcourir pour ces valeureux novilleros, mais aussi le piquant et l’émotion qu’apportent à la lidia, la caste d'un toro de combat. L'aficion doit être soumise à cette alternance permanente de la crainte du doute et de l’émotion.

La place de Boujan conforte ainsi sûrement sa vocation de sincérité, et ce n'est pas surprenant que le sommet de ces trois jours ait été le dimanche matin avec les ERALES de DOLORES AGUIRRE, non piqués, énormes, tant en trapio qu'en caste, opposés à ces quatre jeunes novilleros, résistant sous les coups de butoirs de ces fauves inlassablement collés tant à leurs trastos qu'à leurs mollets.

On ne peut clore cette page sans évoquer la surprise et l’interrogation suscitées par l'aspect des cornes des novillos de « LOS MANOS », élevage qui ne peut et ne doit se permettre d’accréditer la moindre suspicion de faiblesse à l’égard de pratiques douteuses !

 

JEAN LOUIS COMTE