Le millésime de novilladas à Boujan sur Libron a inscrit dans le paysage taurin, une incontestable évolution dans le redressement de l'aficion biterroise.

Il a suffi de voir et surtout de revoir des visages qui s'étaient détournés de Béziers pour comprendre qu'une nouvelle flamme éclaire désormais le ciel taurin biterrois. Cet espoir nous révèle aussi à quel point les fondamentaux de cette noble passion ont été envahis par un amalgame très confus de plaisirs faciles de complaisance et de fausses fiertés.

Les trois plateaux de ce weekend ont été sérieux et sincères et le public ne s'y est pas globalement trompé. L'aficion se nourrit toujours de la quête d'une lidia parfaite même si elle sait qu'au final, elle se doit de ne garder que l’essentiel de ses aspirations.

Les deux encierros d'Escolar GIL et Cura de Valverde sont restés fidèles aux origines de ces élevages. Les deux ont été de présentations comparées inégales manquant un peu de moteur mais la caste était, pour les deux, bien présente, et c'est bien ce qui a mis en difficulté les plus fragiles des six novilleros qui ont eu l'audace de les affronter.

Cette orientation taurine est évidemment porteuse d'espoirs multiples. Il existe un autre visage de la tauromachie qui saura mieux la protéger des reproches que l'on ne manque pas de lui faire. Il peut exister aussi une tauromachie qui s'oblige à être digne de la noblesse de cet art. La voie est tracée dans le biterrois et Boujan sur Libron vient désormais s'ajouter à la liste des autres terres taurines sérieuses qui œuvrent dans le même sens et en commun, il faudra savoir faire valoir cette différence fondamentale qui existe avec la vision folklorique de la tauromachie marketing.